Auteur : Jasper Fforde
Traducteur : Roxane Azimi
Date de saisie : 15/11/2007
Genre : Policiers
Editeur : Fleuve noir, Paris, France
Collection : Littérature générale
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 978-2-265-08453-7
GENCOD : 9782265084537
Sorti le : 02/11/2007
Retour à Swindon, dans le Monde Extérieur, pour la célèbre détective littéraire Thursday Next désireuse d'offrir à son fils, Friday, une vie paisible...
... Le voeu pieu dans toute sa splendeur ! D'abord, elle n'aurait jamais dû accepter d'embarquer Hamlet dans la réalité. Rongé par ses états d'âme et tellement soucieux de savoir ce que les gens pensent de lui -rapport à son incapacité notoire à prendre des décisions -, il s'incruste chez les Next, flirte avec lady Hamilton, pendant qu'en son absence Ophélie fomente une révolution dans la pièce éponyme de Shakespeare. En fait de vie calme, Thursday aura à peine quelques jours pour régler le problème Hamlet, récupérer Landen, son mari éradiqué par Goliath, et empêcher le redoutable Yorrick Kaine, personnage sans scrupule, de déclencher un cataclysme planétaire. Sans parler d'un mystérieux tueur à gages lancé à ses trousses, d'un saint du XIIIe siècle aux manières douteuses, et d'un match de croquet censé décider du sort de l'humanité...
Sauver le monde ? Pas de problème, Thursday a l'habitude... mais qui va garder Friday ?
Oubliez toutes les règles du temps, de l'espace et de la réalité : installez-vous confortablement et savourez l'aventure !
Sunday Telegraph
Après avoir passé vingt ans dans l'industrie cinématographique, Jasper Fforde a choisi de concrétiser son rêve d'enfant : devenir écrivain. Son premier roman, L'affaire Jane Eyre, à la frontière entre le thriller littéraire et le conte fantastique, est devenu un livre-culte aux États-Unis et en Grande-Bretagne, où cet auteur atypique vit et écrit.
Un Minotaure crétois au Nebraska
La Jurifiction est le nom donné à l'institution qui exerce la police à l'intérieur des livres. Forts du service des renseignements du Grand Central du Texte, les agents de la Jurifiction travaillent sans relâche au maintien de la continuité narrative dans tous les livres existants, mission quelquefois ingrate. Le plus souvent, ils ne peuvent compter que sur leurs ressources personnelles pour tenter de concilier le projet initial de l'auteur avec les attentes des lecteurs dans le cadre strict et largement inutile des règles bureaucratiques édictées par le Conseil des Genres. Moi qui ai dirigé la Jurifiction pendant plus de deux ans, j'ai toujours été frappée par la diversité des tâches : un jour, il fallait convaincre Darcy, maladivement timide, de sortir des toilettes, et le lendemain, je devais déjouer les plans des Martiens prêts à envahir pour la énième fois Barnaby Rudge. C'était un défi permanent, aux multiples rebondissements. Mais une fois que l'étrange et l'insolite devient monnaie courante, c'est l'ordinaire qui finit par vous manquer.
THURSDAY NEXT
Chroniques de la Jurifiction
Le Minotaure nous créait des problèmes qui dépassaient largement son importance littéraire. Tout d'abord, il s'était évadé du livre-prison l'Epée des Zénobiens, un roman de fantasy, pour nous mener en bateau de récit en récit. Toutes les tentatives de le capturer se révélaient vaines. La créature mythologique, mi-homme mi-bête, fils de la reine Crétoise Pasiphaé, avait été repérée dans Au Galop ! un mois seulement après son évasion.
Comme, à l'époque, nous tenions encore à le prendre vivant, nous lui avions injecté à l'aide d'une fléchette une petite dose de Grossefarce. En principe, il suffisait de suivre à la trace les tartes à la crème et autres collisions avec un lampadaire survenant dans les livres pour arriver jusqu'au monstre cannibale. Il s'agissait d'un procédé expérimental qui, malheureusement, se solda par un échec retentissant. Outre la fameuse réplique de Lafeu à propos de la crème anglaise dans Tout est bien qui finit bien et l'absurde épisode de la chaise à roulettes dans Pickwick, on ne releva pas grand-chose. Soit la Grossefarce n'était pas assez forte, soit elle avait été désamorcée par l'aversion innée du Monde des Livres pour les gags visuels.
Quoi qu'il en soit, nous le cherchions toujours deux ans plus tard dans les romans-westerns, parmi les troupeaux de bétail où le Minotaure se sentait le plus à l'aise. Ce fut ainsi que le commandant Bradshaw et moi-même arrivâmes au sommet de la page soixante-treize d'un obscur roman populaire des années trente intitulé La Mort au ranch Double X.
- Qu'en dites-vous, ma grande ? demanda Bradshaw dont le casque colonial et le costume de safari étaient parfaits pour les étés chauds du Nebraska.
Il avait une bonne tête de moins et quarante ans de plus que moi. Sa peau tannée et sa moustache blanche comme neige étaient un héritage de longues années en Afrique coloniale; il était le héros d'une série de vingt-trois romans dont la dernière publication remontait à 1932 et la dernière lecture à 1963. Contrairement à la plupart des personnages de fiction, le commandant Bradshaw ne se définissait pas en termes de popularité. Après une existence tumultueuse et entièrement fictive passée à défendre l'Afrique de l'Est contre une horde d'ennemis improbables et à tuer tous les animaux possibles et imaginables, il jouissait à présent d'une retraite bien méritée et était très demandé à la Jurifiction, où sa bravoure et sa connaissance du Monde des Livres constituaient un atout inestimable.
Il désignait un panneau défraîchi qui indiquait la proximité d'une bourgade au nom optimiste de Providence, 2 387 habitants.
La main en visière, je regardai autour de moi.
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