Auteur : Marcelle Benoit | Erik Kocevar
Date de saisie : 23/12/2007
Genre : Musique, Chansons
Editeur : Picard, Paris, France
Prix : 46.00 € / 301.74 F
ISBN : 978-2-7084-0778-7
GENCOD : 9782708407787
Sorti le : 31/10/2007
Fondée en 1960 par Norbert Dufourcq et Marcelle Benoit, la revue Recherches se veut une publication entièrement consacrée à la musique classique française : un classicisme qui s'ouvre en 1589 avec I accession d un Bourbon au trône de fiance el qui se clôt en 1830 avec la chute du dernier Bourbon régnant. Charles X.
Revue à vocation internationale. Recherches compte parmi ses collaborateurs, des professeurs et des musicologues européens et américains.
Les interprètes d'aujourd'hui de la musique d'hier, et plus particulièrement de la musique instrumentale française des XVIIe et XVIIIe siècles se sont toujours posés - et se posent encore - un certain nombre de questions relatives au répertoire, aux instruments utilisés à I époque, à leurs possibilités techniques ou même à la manière de jouer mie musique pour laquelle les indications de tempo ou d expression sont quasi inexistantes. Le rôle des musicologues est donc fondamental dans la recherche de la compréhension des pratiques instrumentales aux XVIIe et XVIIIe siècles. Dans ce nouveau volume de «Recherches» sur la musique française classique. Johanne Couture a ébauché de nouvelles perspectives sur le répertoire de clavecin du XVIIe siècle. Marc Ecochard a pris l'exemple du hautbois [tour évoquer les anciens et les nouveaux instruments dans la France du XVIIe siècle. Luc Charles-Dominique a révélé comment le hautbois, dans la tradition ménétrière toulousaine, était passé du symbole consulaire à l'instrument de la tête et de la danse : enfin. Bruce Haynes a essayé de définir très précisément le «ton de la chambre du Roy» : n'oublions pas que le problème du diapason est lime des questions majeures de l'interprétation de la musique ancienne. Dans la seconde partie du volume, réservée aux documents. Xavier Domino retrace la carrière d'un facteur d'orgues et de clavecin du Grand Siècle. Antoine Lelebvre. Dominique Amann évoque le séjour à Toulon d André Campra. Erik kocevar l'orgue du collège Louis-le-Grand, à Paris. Jean-Paul C. Montagnier le problème de la forme musicale avec l'exemple du «Menuet en Rondeau» de La Méchanique des doigts de Jean-Philippe Rameau et Beverly Scheibert a enquêté pour tenter de découvrir qui était vraiment fauteur de la Méthode de musique sur un nouveau plan publiée à Paris en 1769 par un certain Jacob.
NOUVELLES PERSPECTIVES SUR LE RÉPERTOIRE FRANÇAIS POUR CLAVECIN AU XVIIe SIÈCLE
Johanne COUTURE
Montréal, Canada
«De la Renaissance [française] nous viennent quatre livres [de clavecin] publiés par Attaingnant ; puis, c'est le silence jusqu'à la seconde moitié du XVIIe siècle [...]. Même s'il y a plusieurs pièces «françaises» dans les sources manuscrites germaniques, elles peuvent toutes être considérées soit comme des transcriptions allemandes de musique française pour luth ou encore comme des arrangements de mélodies françaises pour clavier [...]. Deux manuscrits français datés du premier tiers du XVIIe siècle nous donnent quelques informations sur la musique [de clavecin] qui a pu être composée à l'époque, mais leur contenu est maigre et dépourvu d'intérêt musical [...]. Nous devons conséquemment nous soumettre à l'évidence fréquemment reconnue, que le style idiomatique de la musique classique française pour clavecin a été développé à partir de la musique pour luth [...]».
Voilà, en résumé, le point de vue de Bruce Gustafson sur les sources de musique française pour clavecin au XVIIe siècle. Dans cet extrait de la récente édition de l'ouvrage, Keyboard music before 1700, Gustafson n'apporte rien de nouveau sur le sujet depuis son importante étude de 1979. Or, cet auteur fait aujourd'hui autorité en la matière ; ses travaux sont incontournables puisque nous lui devons l'inventaire le plus exhaustif des sources de musique française pour clavecin au XVIIe siècle. Nous pourrions donc croire que tout a été dit sur la question, ou presque.
Nous sommes néanmoins d'un autre avis et croyons que d'importantes recherches restent à faire. Gustafson, nous semble-t-il, n'a pas traité suffisamment les causes qui pourraient expliquer le «silence» des clavecinistes français du début du XVIIe siècle ; négligeant notamment les contraintes imposées par l'édition musicale française. Par ailleurs, les critères dont il use pour définir le répertoire français pour clavecin du XVIIe siècle ne tiennent pas suffisamment compte du contexte des pratiques musicales de l'époque en modifiant ces critères pour les rendre moins restrictifs, nous pensons pouvoir accroître le corpus du clavecin français des origines, qui dès lors ne semblera plus si «maigre».
Le but de notre travail consiste donc, dans un premier temps, à démontrer que l'édition musicale française a joué un rôle déterminant dans la diffusion du répertoire pour clavecin au XVIIe siècle. Dans un deuxième temps, nous chercherons à éclaircir la définition du répertoire issu des sources manuscrites, de façon à prouver subséquemment que ces pièces, essentiellement constituées de mise en tablature de chansons, d'airs de cour et de danses, reflètent parfaitement la polyvalence qui caractérisait la pratique musicale du début du XVIIe siècle. Précisons que dans cette étude portant sur le répertoire de la famille des instruments à clavier et à cordes pincées, nous utiliserons les termes «clavecin» et «épinette» en leur accordant la valeur générique qu'ils avaient à l'époque, tout comme le mot «luth» pouvait désigner différents types de luths.
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