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La loi de Lasko

Couverture du livre La loi de Lasko

Auteur : Richard North Patterson

Date de saisie : 13/11/2007

Genre : Policiers

Editeur : Archipoche, Paris, France

Prix : 6.50 € / 42.64 F

ISBN : 978-2-35287-058-6

GENCOD : 9782352870586

Sorti le : 07/11/2007

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

William Lasko a tout pour lui. Une fortune considérable, une force de persuasion que ses dollars rendent irrésistible... et l'appui du Président des États-Unis.

Mais la Commission des crimes et délits financiers l'a dans le collimateur. Le milliardaire serait un escroc de haut vol qui se livrerait à des manoeuvres criminelles.

Pour Christopher Paget, le jeune avocat chargé de l'enquête, un seul mot d'ordre : agir avec tact pour ne pas se mettre la Maison-Blanche à dos.

La partie s'annonce d'autant plus serrée que Lasko en dicte les règles. Un jeu dangereux où Paget a tout à perdre. Un jeu qui s'emballe lorsqu'un témoin se fait tuer sous ses yeux...

Avec ce roman - aujourd'hui encore celui que Richard North Patterson déclare préférer -, cet avocat alors âgé de 32 ans, qui avait enquêté sur l'affaire du Watergate, faisait dans le monde du polar une entrée couronnée par le célèbre Prix Edgar Allan Poe. Depuis, il a écrit une dizaine de romans, dont Degré de culpabilité (Albin Michel, 1995) et Équation à une inconnue (L'Archipel, 2002).





  • Les premières lignes

Le lundi matin avant sa mort, j'ignorais encore jusqu'à son existence. Et surtout, j'ignorais que j'allais aider à y mettre un terme. Mon rayon, c'était les escrocs, pas les tueurs.
Je traversai Capitol Hill - la partie qui surplombe Pennsylvania Avenue - en direction de la Maison-Blanche. J'avais quitté mon appartement depuis dix minutes à peine, mais, déjà, ma chemise était trempée. Il régnait une atmosphère lourde de salle de bains après la douche. Un soleil engourdissant suintait à travers la chape d'humidité et de gaz d'échappement : Washington au mois d'août, capitale des pics de pollution.
Ce trajet, j'avais eu le temps de l'apprendre par coeur en trois ans. Je passai devant la fontaine et traversai Constitution Avenue pour rejoindre D Street. Les cerisiers, qui avaient perdu leurs fleurs depuis longtemps, paraissaient fatigués et déçus. De l'autre côté de la rue, trônait le siège des Teamsters, une opulente bâtisse carrée de marbre blanc, don des syndicalistes reconnaissants à leurs Dans D Street, je me dirigeai vers l'immeuble qui abritait mon bureau : un énorme bloc de ciment percé de centaines de fenêtres, véritable monument à la gloire de l'architecture du New Deal. À l'entrée, une plaque bleu et blanc annonçait : ECC - United States Economic Crimes Commission1. Poussant les portes vitrées, je tendis ma carte au cerbère noir en uniforme qui barrait l'accès aux perturbateurs potentiels - autrement dit, toutes les personnes étrangères à la Commission. Ses yeux d'obsidienne me dévisagèrent, impassibles. Tous les matins, j'essayais de percer le mystère de ses pensées. Tous les matins, j'échouais lamentablement. Il me rendit ma carte.
- Merci, Mr Davis, lui dis-je.
- Je vous en prie, Mr Paget.
Je traversai le hall sans un regard pour son revêtement en imitation bois et pris l'ascenseur jusqu'au troisième étage. Une plaque bleu et blanc plus petite indiquait : agence judiciaire. Notre spécialité, c'était la fraude financière de haut vol, l'abus de confiance et la corruption politique. Un programme a priori alléchant pour un fidèle serviteur de l'État. Mais en trois ans, j'avais appris à tempérer mon enthousiasme. Aussi rejoignis-je mon bureau sans hâte excessive.
À cet étage, des parpaings grisâtres remplaçaient les fausses boiseries. Je tourniquai dans ces catacombes jusqu'au service des enquêtes spéciales : une vaste pièce au mobilier métallique, grouillant de secrétaires et entourée de bureaux, où mes collègues s'activaient déjà avec un entrain qui faisait plaisir à voir. Je jetai un coup d'oeil à l'horloge de salle de classe qui se trouvait derrière moi. 9 h 15. J'étais encore en retard. Je poussai la porte dont la plaque indiquait : Christopher Kenyon Paget -avocat plaidant. Mes pieds foulèrent ce carrelage administratif gris que j'aimais tant et je m'assis à mon antique bureau de métal gris, sur ma robuste chaise grise en plastique moulé.
Ma secrétaire passa une tête hésitante dans l'en­cadrement de la porte, comme pour tester la température avec son front.
- Bonjour, Chris.
- Bonjour vous-même, répliquai-je avec un sourire.
Debbie était sympathique et en plus, elle savait taper à la machine, une combinaison rare parmi les secrétaires de l'agence. Elle me rendit mon sourire.
- Comment ça va ?
- Je ne me sentirai vraiment bien que lorsque j'aurai pris une tasse de ce nectar que tout Washington nous envie.
- Je ne comprends pas pourquoi vous faites une telle fixation sur ce café.
- Je ne comprends pas pourquoi vous trouvez normal de boire du Woolite à la bouse de vache.
Un sourire illumina ses traits mats. Elle était très jolie lorsqu'elle souriait. Elle était très jolie tout court.
- Qu'est-ce qui ne va pas ?
- J'ai passé la moitié de la nuit à penser au gâchis que McGuire avait fait de l'affaire Hartex. C'est mauvais pour mon ulcère.


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