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Petit Larousse des mythologies du monde

Couverture du livre Petit Larousse des mythologies du monde

Date de saisie : 12/11/2007

Genre : Dictionnaires, encyclopédies

Editeur : Larousse, Paris, France

Prix : 19.90 € / 130.54 F

ISBN : 978-2-03-582655-8

GENCOD : 9782035826558

Sorti le : 26/09/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Les mythes et mythologies du monde entier à travers une triple approche

♦ Historique, au fil d'une vaste «odyssée» qui va de l'Europe du Nord à la Méditerranée, de l'Afrique à l'Inde, à la Chine et au Japon, enfin de l'Océanie aux Amériques, et qui raconte, pour chaque grande civilisation, l'histoire de ses divinités, de ses héros et de ses mythes.

♦ Thématique, avec de nombreux encadrés évo­quant les grands mythes fondateurs : création et fin du monde, jugement des âmes dans l'au-delà, fléaux et cataclysmes...

♦ Encyclopédique, à travers 900 articles - d'Achille à Zodiaque, en passant par Œdipe, Isis, Vichnou ou Viracocha, - et les grandes sagas : Iliade, Odyssée, Mahâbhârata, quête du Graal...

Nanon Gardin a rédigé la partie historique. Traductrice et iconographe, spécialiste en histoire de l'art et de la mythologie, elle a publié plusieurs ouvrages, dont le Guide iconographique de la peinture et le Petit Larousse des symboles chez Larousse.





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

«Vils pasteurs, opprobre des campagnes, vous qui ne vivez que pour l'intempérance, nous savons inventer beaucoup de men­songes semblables à la vérité ; mais nous savons aussi dire ce qui est vrai, quand tel est notre désir»,
Hésiode, Théogonie

Au commencement, les hommes se posèrent des ques­tions. Mais quand, ce commencement ? Sans doute à l'époque des premières sépultures, il y a quelque 100 000 ans, à l'époque où le fait de soustraire le cadavre à la lumière du jour, de «jeter un peu de terre sur la tête», comme dit Pascal, révèle une idée autre que celle du simple anéantissement. La vie, la mort, dès les premiers temps de l'humanité, sont pour l'homme des mystères insondables. Mais aussi tout ce qui s'oppose au développement harmonieux de la vie, tout ce qui mène vers la mort, en fait, tout ce qui contribue à ce risque permanent de basculement dans l'inconnu, cette crainte dont la vie est balisée, qui se rattache à toutes les activités et à tous les sentiments humains, qu'il s'agisse de la chasse, de la discorde, de la guerre, de l'amour, de la haine, de la maladie ou de la vieillesse.
Quelles questions se posent alors les «vils pasteurs» à qui s'adressent les Muses dans les premières lignes de la Théogonie et auxquels elles promettent des réponses véridiques... quand elles le veulent ? Souvent des questions très simples. Pourquoi naissons-nous beaux ou laids, bien faits ou difformes ? Pourquoi souffrons-nous ? Pourquoi la nature se montre-t elle alternativement bonne et généreuse ou avare et cruelle ? Pourquoi le jour et pourquoi la nuit ? Pourquoi le bien et pourquoi le mal ? Pourquoi la jalousie et pourquoi la fidélité ? Pourquoi la pluie et pourquoi la sécheresse ? Pourquoi le loup et pourquoi l'agneau ?
Alors, très tôt, l'homme commence à apporter des réponses. Les initiés (à la chasse, à la médecine, aux rites funéraires, au culte des arbres, de Déméter, de Cybèle, de Dionysos, des Cabires,...) débattent entre eux de ces questions, et inventent peu à peu des réponses surprenantes à ces mystères stupéfiants dont la nature abonde.
Les grandes mythologies répondent à la plupart de ces questions, en fournissant des réponses relevant parfois de la pure imagination et parfois de la physique, de la métaphysique ou de la psychologie. Il peut suffire que le dieu de la Tempête soit en colère, qu'il ait été mécontenté, par le non-respect de son culte ou par un outrage quelconque envers sa personne, pour expliquer un dramatique naufrage. Pour expliquer les taches sur la lune, il suffit de savoir que Ganesh, le dieu à tête d'éléphant, ayant mangé trop de bonbons, la lune s'était moquée de lui et qu'il lui a envoyé une dé­fense à la face. Chez les Aztèques, c'est un lapin que les dieux, fu­rieux d'avoir été dupés par l'un des leurs, lancent à la tête de l'astre de la nuit. Le tracé des canaux de drainage de la Chine n'a-t-il pas été dessiné par la queue du dragon Ying ? Chez les Germains, la survie du monde dépend de celle du frêne Yggdrasil, constamment rongé, du faîte jusqu'aux racines, par divers animaux. Au fil des siècles, des versions plus récentes des mythes vont tenter d'y répondre de plus en plus précisément, tandis que d'autres cesse­ront d'y répondre parce qu'elles ont trouvé une réponse globale, fondée sur un dieu unique, omniscient et tout puissant, tantôt sévère et tantôt compatissant, dont les décrets sont plus intelligi­bles que les réponses sibyllines des oracles païens. Faibles, impuissants face à leur destin, les hommes ont imaginé des êtres à leur image, mais infiniment plus puissants qu'eux; plusieurs dieux, puisque nés de l'imitation de leurs besoins et de leurs désirs, donc, très vite, une hiérarchie calquée sur l'importance de ces besoins, avec, tout en haut, un souverain absolu dont les décrets sont parfois arbitraires mais toujours irrévocables. De Babylone à Rome et jusqu'à Mexico, la petite société des dieux est traversée par des conflits semblables à nos querelles de toujours, guerres meurtrières, guerres de conquête et rivalités de voisins. Leurs moteurs sont simples et humains : imposer l'ordre, condamner le désordre, avec des positions plus nuancées sur le plaisir, la jalousie, l'amour. Bienveillants avec les hommes, ces puissants dieux ? Oui, parfois, quand la bonté est inscrite à leur programme, programme plus ou moins fiable d'ailleurs, car nombreux sont les dieux qui changent d'humeur, lâchent, trompent ou oublient leur protégé, ou même qui causent sa perte par leur maladresse - comme Thétis tenant Achille par le talon lorsqu'elle le plonge dans le Styx pour le rendre invulnérable, sans prévoir la flèche lancée par Paris et dirigée par Apollon, qui l'atteindra précisément en cet endroit... ou comme Krishna qui se fait chaud partisan de la bataille et prêche la nécessité de combattre à Arjuna, alors qu'il sait qu'il va précipiter la perte non seulement de ses ennemis mais aussi celle de son propre camp.


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