Auteur : Anselm Audley
Traducteur : Luc Carissimo
Date de saisie : 11/11/2007
Genre : Science-fiction, Fantastique
Editeur : J'ai lu, Paris, France
Collection : J'ai lu. Fantasy, n° 8473
Prix : 9.90 € / 64.94 F
ISBN : 978-2-290-34753-9
GENCOD : 9782290347539
Sorti le : 09/10/2007
Fantasy
Croisade
Aquasilva-3
Depuis que sa quête a débuté - et avec elle l'histoire tourmentée du monde d'Aquasilva -, Cathan s'est découvert de nombreux pouvoirs, ainsi qu'une parenté directe avec l'Empereur Orosius. Mais ce dernier est mort et le jeune homme n'est pas encore prêt à revendiquer.
Le trône. Désormais maître du légendaire Aeon, titanesque submersible qui contrôle la météorologie d'Aquasilva, Cathan préfère étudier les erreurs du passé, car le secret qui s'y cache est peut-être la seule arme capable de mettre un terme à l'hégémonie des prêtres fanatiques du Domaine. Pendant ce temps, ces derniers continuent de traquer et de mettre à mort les hérétiques, qui ont fait de Cathan leur chef incontesté.
Anselm Audley
Bien qu'âgé de seize ans lorsqu'il se lance dans la trilogie d'Aquasilva, Anselm Audley n'en fait pas moins preuve d'une grande maturité d'écriture. Dès la parution du premier tome, Hérésie, les critiques n'ont pas hésité à comparer la richesse de son univers à celui de Dune de Frank Herbert.
Lorsque je vis approcher les inquisiteurs, je compris que le sursis dont j'avais bénéficié venait de prendre fin.
Aux yeux d'un étranger ignorant ce qu'ils représentaient, ils n'auraient peut-être pas paru si effrayants. Vêtus tous les cinq d'une robe noire et blanche, le visage dissimulé par leur capuchon pointu, ils donnaient l'impression de glisser sur les dalles de granit de la cour. Ils avaient les mains croisées dans leurs manches, comme à leur habitude, et, d'où je me tenais, ils n'avaient d'humain que leur silhouette.
Tout compte fait, ils auraient sans doute eu l'air sinistre même pour un étranger - mais où sur les étendues océanes aurait-on pu trouver quelqu'un n'ayant jamais entendu parler d'eux ?
Ils projetaient sur la pierre érodée du fond de la cour des ombres déformées qui s'allongeaient en minces triangles et disparaissaient sous l'avancée du toit.
À l'approche de la grande porte, juste en dessous de moi, leur silhouette se brouilla momentanément. Ce n'était qu'une illusion d'optique, due à une bulle dans le verre épais de la vitre, mais elle les rendait d'autant plus effrayants. Je les suivis du regard jusqu'à ce qu'ils disparaissent sous les arcades et que la cour reprenne son aspect normal. On n'y voyait plus que de rares personnes qui la traversaient pour vaquer à leurs occupations et quelques mouettes qui se lissaient les plumes sur la terrasse surplombant le lagon.
Je me détournai finalement de la fenêtre en entendant monter des étages inférieurs un murmure de voix étouffées. Lorsque je me dirigeai vers la porte, l'écho de mes pas sur le parquet aux motifs élaborés me parut atrocement bruyant entre les hauts rayonnages, même si je savais ne faire pratiquement aucun bruit.
Je sortis dans un large couloir dont les arcades vitrées donnaient sur la cour ouest. Le soleil n'y pénétrait pas et son dallage paraissait gris et terne par rapport à celui de la cour.
Des bribes de conversation me parvenaient de deux étages au-dessous, mais j'étais trop loin pour comprendre quoi que ce soit. Je quittai le couloir pour m'engager dans un étroit escalier qui prenait le jour par une minuscule fenêtre. Mes pas ne faisaient aucun bruit sur les marches recouvertes d'un épais tapis. Nous étions dans un lieu de silence.
Mais pas forcément de discrétion. Je me glissai par une porte dérobée avant de me faufiler entre deux rideaux pour accéder à une minuscule galerie à peine éclairée par trois lucarnes cachées derrière des jalousies si délicatement ouvragées que j'aurais à peine pu passer un doigt dans le plus large des interstices. Le fin voile de mousseline tendu sur leur cadre rendait tout légèrement flou dans la vaste pièce en contrebas.
Quelqu'un était déjà là : Litona, une femme d'âge mûr dont l'allure maternelle dissimulait une intelligence brillante et une implacable ténacité. Elle tourna les yeux vers moi et m'adressa un signe de tête.
D'ici, les voix étaient beaucoup plus distinctes et, au bout d'un moment, je vis les cinq inquisiteurs entrer dans la pièce. Il y avait des chaises, mais aucun d'entre eux ne s'assit et les deux hommes qui entrèrent sur leurs talons paraissaient mal à l'aise.
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