Auteur : Beverly Barton
Traducteur : Béatrice Pierre
Date de saisie : 10/11/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : J'ai lu, Paris, France
Prix : 9.95 € / 65.27 F
ISBN : 978-2-290-00363-3
GENCOD : 9782290003633
Sorti le : 02/10/2007
Au-delà du mensonge
Adolescente, Julie Desmond était «la petite princesse» de la plantation Belle Rose. Jusqu'au jour tragique où elle a surpris son père dans les bras de Karine Devereaux et découvert les corps sans vie de sa mère et de sa tante. Deux décennies plus tard, l'affaire est classée. Julie a fui et coupé les ponts depuis le remariage de son père avec Karine. Lorsque ce dernier meurt, c'est avec appréhension qu'elle retourne dans la ville de son enfance. Supportera-t-elle de revoir sa belle-mère, et surtout son fils, Max, qu'elle soupçonne d'avoir commis le double meurtre ? Julie a raison d'avoir peur. Car l'assassin est bien là. Il rôde et entend bien achever ce qu'il a entrepris vingt ans plus tôt...
Beverly Barton est née en Alabama où elle est une figure du suspense féminin dans la lignée de Usa Jackson, Wendy Corsi Staub et Linda Howard. Elle a écrit une trentaine de romans qui ont été récompensés par de nombreux prix.
«Une vieille famille de Louisiane, un meurtre enterré et une revenante décidée à faire la lumière... Un pur diamant noir !»
Marie Claire
Extrait du prologue :
Cramponné aux briques, un lierre vigoureux s'enroulait autour de la cheminée affaissée de la bicoque blottie au sein du bois de cèdres. Avec le temps, la peinture blanche qui recouvrait les murs était devenue grise. La plupart des cabanes des métayers avaient été abattues des années auparavant, en même temps que le quartier des esclaves, situé plus près de la maison principale. Presque totalement reprise par la nature, cette bicoque déglinguée était la seule à tenir bon. D'après les rumeurs que Julie avait entendues, c'était là que son arrière-grand-père Desmond logeait sa maîtresse dans les années 1920, là aussi que divers de ses descendants mâles donnaient des rendez-vous clandestins à des femmes de mauvaise vie.
Mais ce n'était pas aux peccadilles sexuelles du passé que s'intéressait Julie. C'était à un mauvais garçon d'aujourd'hui, Maximilian Devereaux. Sandy racontait que sa soeur aînée, Felicia, lui avait offert sa virginité dans cette cabane. Julie s'était refusée à la croire, mais quand elle y réfléchissait, elle avait du mal à imaginer pourquoi Sandy, sa meilleure amie depuis toujours, lui aurait menti. Julie était amoureuse de Max. Celui-ci, bien sûr, ne lui prêtait aucune attention. Pour lui, elle n'était qu'une gamine, ce qui n'était pas plus mal, étant donné que le jeune homme lui était interdit et le serait sans doute toujours. Pourtant, elle avait quatorze ans, à présent. Elle était presque une femme. Et Max avait seulement quatre ans de plus qu'elle.
L'amour sans espoir, cela faisait mal, terriblement mal.
Julie n'était pas censée traîner là. D'ailleurs, épier les gens n'était pas dans ses habitudes. Mentir non plus. Elle avait dit à sa mère qu'elle allait chez Sandy, laquelle habitait à un kilomètre environ de Belle Rose. Sa mère approuvait cette amitié. La famille Wells faisait partie de la bonne société de Sumarville depuis aussi longtemps que les Desmond. Propriétaires d'une plantation avant la guerre de Sécession, les ancêtres maternels de Julie s'étaient ensuite retrouvés membres de ce que tante Clarice appelait l'aristocratie fauchée. Julie avait mis des années avant de comprendre ce que cette expression signifiait : la famille de sa mère remontait à Adam, mais elle était pauvre comme Job et ne possédait que ses bonnes manières, des terres que des ventes successives avaient considérablement réduites et une vaste demeure délabrée.
Sa mère avait sauvé la situation en épousant un homme riche. Les ancêtres du père de Julie avaient été métayers, mais l'arrière-grand-père Royale avait fondé une entreprise et fait des investissements judicieux, si bien que son fils et son petit-fils étaient devenus très fortunés. Julie était donc riche, mais elle n'y accordait guère d'importance. Elle savait qu'on la traitait parfois d'enfant gâtée ou de petite princesse snobinarde. D'après sa mère, les gens réagissaient ainsi parce qu'ils étaient jaloux, et tante Clarice lui avait recommandé de se montrer digne de ses origines : une Desmond ne prêtait aucune attention aux commérages de la populace.
Julie avait emprunté le sentier qui traversait le bois et rêvassait, habitude que sa mère lui reprochait - pour elle, ce n'était qu'une perte de temps. Tante Clarice, elle, lui recommandait de profiter de sa jeunesse pour s'abandonner aux rêveries. Cela voulait-il dire qu'en vieillissant, on n'était plus capable de rêver, ou bien que c'était interdit ?
Tout en se frayant un chemin vers la cabane, elle se demanda ce qu'elle allait voir en collant le nez à la vitre. Max et Felicia en train de faire l'amour ? Son coeur se briserait à coup sûr, et elle aurait du mal à se retenir d'arracher les yeux de Felicia. Ces yeux bruns, grands comme des soucoupes, qui la rendaient folle de jalousie !
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