Auteur : Agnès Chauveau | Yannick Dehée
Préface : Michèle Cotta | de Emmanuel Hoog
Date de saisie : 09/11/2007
Genre : Cinéma, Télévision
Editeur : INA, Bry-sur-Marne, Val-de-Marne
Prix : 39.00 € / 255.82 F
ISBN : 978-2-84736-265-7
GENCOD : 9782847362657
Sorti le : 08/11/2007
Quel point commun entre Léon Zitrone et PPDA, Casimir et Kermit la grenouille, le commissaire Navarro et Jack Bauer ? Beaucoup font partie de notre mémoire intime, car nous sommes tous, ou presque, des «enfants de la télé».
Pourquoi certaines figures ou émissions passent elles à la postérité ? Ce dictionnaire reconstitue le puzzle des programmes et personnalités populaires qui ont marqué chaque génération de téléspectateurs depuis 60 ans.
Cette «somme» à l'érudition souriante déroule les grandes émissions d'information et de divertissement, les fictions comiques et dramatiques françaises, mais aussi étrangères, et «croque» les grandes figures qui ont animé nos après-midi et nos soirées. Sans oublier les repères économiques et politiques essentiels pour comprendre la télévision.
Les textes sont illustrés de très nombreux documents, souvent rares ou surprenants. Un ouvrage unique en son genre qui nous invite à revisiter, entre nostalgie et surprise, notre mémoire télévisuelle...
Préface de Michèle Cotta et de Jean-Noël Jeanneney
Avant-propos de Emmanuel Hoog
Agnès Chauveau est historienne des médias et directrice exécutive de l'école de journalisme de Sciences Po. Elle a notamment coordonné L'Écho du siècle, Dictionnaire historique de la radio et de la télévision en France (sous la direction de Jean-Noël Jeanneney).
Yannick Dehée est éditeur et historien des médias. Il a notamment codirigé le Dictionnaire du cinéma populaire français (Nouveau Monde éditions).
Couverture : Cabu
Extrait de l'avant-propos d'Emmanuel Hoog, président de L'INA :
La télévision française : plus d'un demi-siècle d'images en continu, qui ont changé notre regard, voire notre intelligence du monde. Son histoire, plus que celle des programmes qui se sont succédé depuis sa création, est d'abord celle des bouleversements qu'elle a introduits dans nos vies : les nouveaux désirs qu'elle a inspirés, les nouveaux savoirs qu'elle a suscités, les nouvelles habitudes qu'elle a engendrées, aussi.
Si la télévision sait parfois être un art, elle est d'abord et toujours un miroir, du monde et de nous-mêmes. Tous ceux qui sont nés avec la télévision en ont fait l'expérience : le souvenir d'une émission, d'un générique ou d'une image, qu'ils aient bercé nos jeunes années ou marqué seulement un instant nos existences, est indéfectiblement attaché aux émotions personnelles ou aux enthousiasmes collectifs qui les ont accompagnés. Ainsi l'histoire du petit écran n'est pas seulement celle d'un média, c'est aussi la nôtre, qui s'écrit en images et en sons au fil des programmes diffusés.
Préserver cette mémoire télévisuelle, c'est donc donner ancrage à la représentation que nous avons de nous-mêmes. C'est garantir la constitution de notre histoire et de l'Histoire. A ce titre, la conservation et la mise à disposition la plus large de ces trésors relève d'un impératif, presque d'un besoin fondamental. C'est aussi une gageure, car en entrant dans l'âge de l'audiovisuel, et aujourd'hui du numérique, la mémoire collective a changé de nature.
Là où l'archive était auparavant une trace rare, repère inestimable arraché à l'usure du temps qui passe, le flux d'émissions produit par la télévision s'inscrit désormais automatiquement dans la durée par l'enregistrement. À peine émises, ces images-miroirs sont déjà stockées. Et ce sont aujourd'hui des millions d'heures de programmes, bandes magnétiques, cassettes, bobines, qui s'étalent sur des kilomètres de rayonnages à l'Institut national de l'audiovisuel, chargé de leur préservation.
Ce passage de l'ère de la pénurie au règne de l'abondance nous confronte à une interrogation : que conserver et que transmettre de cet immense continent de données et d'informations, de savoirs et d'oeuvres diffusés sur le petit écran depuis plus de cinquante ans ? Tout, évidemment, car ces fonds audiovisuels impressionnants ont ouvert un gisement inépuisable pour la constitution de notre patrimoine national. Pour autant, la mémoire de* la télévision française n'est pas dans l'addition, certes gigantesque, de ces archives, mais dans l'accès que chacun peut en avoir. L'archive n'est qu'un passage vers la mémoire, et ne vaut que par la connaissance qu'elle permet de construire et de transmettre.
Qu'on ne s'y trompe pas : c'est parce qu'ils ont vocation à être connus et exploités que les fonds audiovisuels sont conservés. Quelles qu'en soient ses formes, la mémoire ne vit que si elle est répertoriée, organisée, disponible, diffusée, commentée, expliquée, interprétée voire contestée. C'est pourquoi je salue l'initiative d'Agnès Chauveau et Yannick Déhée qui ont conçu ce dictionnaire de la télévision française, et dont la démarche s'inscrit pleinement dans l'ambition portée par l'Ina : être le conservatoire vivant d'une mémoire vivante.
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