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L'Etoile des mers

Couverture du livre L'Etoile des mers

Auteur : Joseph O'Connor

Traducteur : Marie-Thérèse Carton-Piéron | Gérard Gérard Meudal | Pierrick Masquart

Date de saisie : 08/11/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : 10-18, Paris, France

Collection : 10-18. Domaine étranger, n° 4051

Prix : 9.30 € / 61.00 F

ISBN : 978-2-264-04674-1

GENCOD : 9782264046741

Sorti le : 02/11/2007

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Novembre 1847. Fuyant une Irlande moribonde où la famine fait chaque jour plus de ravages, des centaines d'Irlandais ont vendu leurs derniers biens pour embarquer à bord de L'Étoile des mers, espérant commencer une nouvelle vie en Amérique. Une quinzaine de privilégiés se partagent ainsi les cabines de Ve classe, tandis que plus bas les passagers de l'entrepont tentent de survivre à une traversée hantée par la faim et les maladies. Parmi eux, un homme mystérieux, surnommé le Fantôme, erre chaque nuit sur le navire, plié sous le poids de la terrible mission qui lui a été confiée... Mêlant documents historiques - (lettres d'immigrés irlandais, articles de presse) et fictionnels - (journal de bord du capitaine, lettres et chansons de passagers), L'Étoile des mers a le souffle des grands chefs-d'oeuvre.

«Quand on vous disait qu'il y a des aventures dont on ne revient pas impunément ! Cette traversée magnifique et cauchemardesque à bord de L'Étoile des mers l'atteste. La traversée d'un très grand roman.»
Frédéric Vitoux, Le Nouvel Observateur

Traduit de l'anglais par Pierrick Masquart, Gérard Meudal et Marie-Thérèse Carton-Piéron

"Domaine étranger" dirigé par Jean-Claude Zylberstein





  • Les premières lignes

Un passager, un certain Meadowes, a dû être mis au cachot pour ivresse et bagarres. (Un mauvais sujet irrécupérable qu'il va falloir tenir à l'oeil.) Un passager suspecté de typhus a été placé en quarantaine.
Il faut signaler que ce jour trois passagers de l'entre­pont sont décédés. Dans chaque cas, la cause du décès est le délabrement de l'état général provoqué par une longue famine. Il s'agit de Margaret Farrell, cinquante-deux ans, femme mariée originaire de Rathfylane, Ennis-corthy, dans le comté de Wexford ; de Joseph English, dix-sept ans (apprenti charron), lieu d'habitation inconnu, né dans les environs de Cootehill, dans le comté de Cavan ; et de James Michael Nolan, de Skibbereen, dans le comté de Cork, âgé d'un mois et deux jours (enfant adultérin).
Leurs dépouilles mortelles ont été mises à la mer. Que Dieu tout-puissant ait pitié de leur âme. «Car aucune demeure ici-bas n'est à nous mais nous atten­dons celle qui nous est promise.»
Nous avons trente-sept membres d'équipage, quatre cent deux passagers ordinaires et demi dans l'entrepont (un enfant compte, comme c'est l'usage, pour la moitié d'un adulte), et quinze passagers en première classe et dans les cabines supérieures. Parmi eux : le comte David Merridith de Kingscourt et son épouse la comtesse, leurs enfants et une gouvernante irlandaise ; Mr. G. G. Dixon du New York Tribune, journaliste connu et homme de lettres ; le chirurgien Wm. Mangan, docteur en méde­cine, de la chaire d'anatomie de Peter Street à Dublin, accompagné de sa soeur, Mrs. veuve Derrington ; Son Altesse impériale le maharadjah Ranjitsinji, grand prince indien ; le révérend Henry Deedes, docteur en théolo­gie, pasteur méthodiste de Lyme Régis (avec rang spécial) ; et diverses personnalités.
Tandis que nous faisions route, ce jour nous est par­venue la nouvelle du naufrage de l'Exmouth au large de Liverpool, le 4 passé, et de la mort de 239 émigrants et demi, ainsi que de tout l'équipage, à l'exception de trois survivants. Que Dieu tout-puissant ait pitié de leur âme et qu'il veuille étendre une plus grande clémence sur notre propre voyage ou du moins le considérer avec une indifférence bienveillante.

«... les gens qui font de l'épate quand ils sont chez eux, quand ils viennent ici [en Amérique] ils trouve bizare que les povres gens du peuple sont traité avec autant de considération qu'eux-même [mais] quand ils viennent ici ça sert à rien de dire qu'ils étaient ceci et cela dans leur pays parece que ici les étrangers gagnent la considéra­tion par ce qu'ils font et pas par ce qu'ils racontent... Je connais des gens [d'Irlande] qui m'adresseraient même pas la parole [là-bas] s'ils me croisaient dans la rue [mais] ici moi je peux leur rire à la figure quand je les vois.»

Lettre de Patrick Dunny, Irlandais émigré à Philadelphie.


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