Auteur : John Maddox Roberts
Traducteur : Bernard Cucchi
Date de saisie : 08/11/2007
Genre : Policiers
Editeur : 10-18, Paris, France
Collection : SPQR, n° 5
Prix : 7.80 € / 51.16 F
ISBN : 978-2-264-04250-7
GENCOD : 9782264042507
Sorti le : 02/11/2007
Décius Cecilius Metellus le Jeune, en exil à Rhodes depuis sa dernière enquête, est sommé par sa puissante famille, la gens Metelli, de revenir à Rome de toute urgence. Metellus Celer, un de ses éminents parents, est mort empoisonné. À l'unisson de la rumeur publique, les proches du défunt ont d'ores et déjà désigné la coupable : son épouse, l'immorale et manipulatrice Clodia. Chargé de prouver sa culpabilité, Décius découvrira que cette dernière n'est autre que la soeur de son ennemi le plus acharné. La mission s'annonce des plus délicates. Tandis que dans les coulisses du pouvoir grandit l'ombre de Jules César, Décius devra manoeuvrer prudemment pour sortir vivant de cette nouvelle enquête.
Traduit de l'américain par Bernard Cucchi
INÉDIT
"Grands détectives" dirigé par Jean-Claude Zylberstein
Une fois de plus, c'est par une journée exécrable de décembre que je remis les pieds en Italie. Un vent mouillé et froid me cinglait le visage tandis que la petite galère remontait à la rame vers le bassin de Tarente. Ce n'était certes pas le moment de se lancer sur les flots, des mois après la meilleure saison pour naviguer. Mais bon, si cela ne tenait qu'à moi, ce ne serait jamais la bonne saison. Nous avions quitté Rhodes par un temps tout aussi détestable, reliant une à une les innombrables îles qui nous séparaient des côtes déchiquetées de Grèce. Voyage fastidieux s'il en fut ! De Grèce, nous fîmes voile vers le détroit qui la sépare de l'Italie, et, après avoir doublé le cap qui marque la pointe sud de la péninsule, nous naviguions dans les eaux assez tranquilles du golfe de Tarente.
Monté sur la passerelle, c'est avec le soulagement qui m'était habituel en cette occasion que je sautai sur le quai. Un reste de dignité m'interdit de m'agenouiller et de baiser le sol. Déjà, mes nausées avaient presque cessé, mais pas la pluie.
- Terre ! lança Hermès avec jubilation. Il portait nos affaires sous les bras.
Plus que moi encore, mon esclave détestait la mer.
- Profites-en, lui conseillai-je. Bientôt, le mal de reins te fera oublier le mal de mer.
- Tu veux dire que nous allons voyager à cheval ?
Il détestait les chevaux presque autant que la mer.
- Croyais-tu atteindre Rome en marchant ?
- Je m'en estimais capable. À quelle distance sommes-nous ?
- Trois cents milles... environ. Par chance, nous n'emprunterons que des routes en parfait état. La Via Appia au moins jusqu'à Capoue, et de là jusqu'à Rome, sauf si les circonstances nous obligent à préférer la Via Latina. La distance est identique, mais la Via Latina sera sans doute un peu moins humide à cette époque de l'année.
- C'est si loin ? fit Hermès, éberlué.
En comparaison des garçons de son âge, m'accompagner dans mes périples lui avait donné l'occasion de visiter pas mal de pays, mais ses notions de géographie demeuraient floues.
- Mais ne sommes-nous pas en Italie ?
- Et l'Italie est plus grande que tu ne l'imagines ! Allez, va récupérer le reste de nos bagages.
C'est en maugréant qu'il retourna sur le bateau prendre mon coffre et quelques objets. Alors que j'étais seul, un homme qui avait tout l'air d'un fonctionnaire s'approcha, suivi d'un secrétaire.
- Quintus Silanus, se présenta-t-il. Maître du port. À qui ai-je l'honneur ?...
- Décius Cécilius Métellus le Jeune.
- Le fils du censeur* ? Nous savions que tu devais aborder ici ou à Brindisi. Sois le bienvenu pour ton retour en Italie, sénateur. Nous avons pris des dispositions afin que tu parviennes à Rome au plus tôt.
Je fus impressionné. Jamais auparavant on ne m'avait accordé tant d'importance.
- Vraiment ? De quelle sorte ?
- Allons nous abriter, proposa Silanus.
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