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Les carillons du bonheur

Couverture du livre Les carillons du bonheur

Auteur : Luanne Rice

Traducteur : Laure Joanin

Date de saisie : 08/11/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Archipoche, Paris, France

Prix : 6.50 € / 42.64 F

ISBN : 978-2-35287-055-5

GENCOD : 9782352870555

Sorti le : 07/11/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Noël, pour beaucoup, c'est le parfum du sapin, les lumières qui scintillent, la joie et la présence de ceux qu'on aime.

Pour d'autres, cette période est synonyme de nostalgie et de solitude. L'absence de ceux qui ne sont plus là s'y fait douloureusement sentir.

Ainsi, Noël rappelle à Catherine la mort de son mari, trois ans auparavant. Pour Christopher, ce veuf qui vend des sapins dans les rues de Manhattan, la vie n'a plus le même sens depuis que son fils s'est enfui à la suite d'une dispute.

Pourtant, cette année, lorsque le destin rapproche ces deux coeurs solitaires, les carillons du bonheur semblent disposés à rejouer leur mélodie.
Ne dit-on pas que l'amour sonne toujours deux fois ?

Née dans le Connecticut en 1955, Luanne Rice vit aujourd'hui à New York avec son mari. Elle est l'auteur de nombreux romans à succès dont Un cadeau du ciel (Pocket, 2003) et Un coeur de glace (Presses de la Cité, 2006).





  • Les premières lignes

Durant l'été, les arbres avaient poussé et, tandis que leurs feuillages s'épaississaient et que leurs branches se tendaient vers les rayons du soleil, leurs racines s'étaient gorgées de la terre bienfaisante et riche de l'île. Le vent salé qui soufflait de l'est avait peu à peu recouvert les pins d'une délicate pellicule argentée. Personne n'ignorait que les plus beaux sapins de Noël provenaient des régions nordiques, et plus particulièrement de Nouvelle-Ecosse. Dans ce pays, les étoiles paraissaient suspendues très bas dans le ciel et leur lumière qui se nichait dans les branches chargeait les fines aiguilles d'étincelles magiques. Là-bas, les forêts puisaient leur force dans l'océan et leur éclat dans la voûte céleste.
Au creux de la Pleasant Bay de Cape Breton, à l'ex­trémité désolée de la Nouvelle-Ecosse, se trouvait l'exploitation forestière de Christopher Byrne. Sa famille avait émigré d'Irlande vers le Canada lorsqu'il était enfant, après avoir répondu à une petite annonce indi­quant que l'on cherchait du personnel pour travailler sur une plantation de sapins de Noël. Le travail était pénible et mal rétribué et Christopher se rappelait être souvent allé se coucher, la faim au ventre.
À douze ans, il mesurait déjà un mètre quatre-vingts et grandissait si vite que ses parents peinaient à le nourrir. Sa mère en était réduite à sacrifier sa propre ration de nourriture pour l'aider à supporter la violence des éléments. Car, quelles que soient les conditions climatiques - les assauts du vent du nord, les tempêtes de neige de l'Arctique ou les étés caniculaires qui embrasaient le sol -, Christy travaillait. Il ne s'arrêtait que lorsque résonnait la cloche du dîner que sa mère actionnait au soleil couchant, signe que la journée était terminée. Christy aimait ce bruit car, même si la table était pauvre, il était toujours assuré de recevoir une assiette pleine et son content d'amour.
C'était la faim qui avait fait de Christy un travailleur forcené et l'avait poussé à la réussite. Il économisait chaque penny, achetait sans cesse de nouvelles terres, puisant dans les dons et les instincts hérités de son père la force de planter des arbres et de survivre dans une nature hostile. L'amour que lui avait témoigné sa mère l'avait rendu généreux et attentif à sa progéniture. Il était convaincu d'être un bon père. Personne ne pouvait en douter : rien n'avait plus d'importance à ses yeux que ses enfants. C'est pour cela que cette année-là, alors qu'il abattait ses résineux sur le flanc de la montagne avant de partir les vendre aux États-Unis, son coeur brûlait à la fois d'espoir et de détresse.
Tous les ans, le premier jour de décembre, Christy se rendait à New York, à l'exemple des autres forestiers qui descendaient des plaines de Winnipeg, des forêts enneigées du nord de Toronto et de l'est du Québec, des exploitations du Vermont et du Maine, des lacs du Wisconsin et des splendides péninsules du Michigan, en direction de l'île de Manhattan. Les sapins coupés et ligotés étaient chargés sur des semi-remorques, puis tractés sur les ponts illuminés qui enjambaient l'Hudson et l'East River, avant d'être déchargés aux coins des rues de Little Italy, de Gramercy Park, de Tribeca et de Morninside Heights.
Les forestiers, qui espéraient tous gagner en quatre semaines le revenu d'une année, formaient une troupe dépenaillée vêtue de salopettes et de vestes Carhartt. Certains arrivaient en caravanes tels des gitans et, après avoir garé leurs engins rugissants sur le bord du trottoir, passaient le mois de décembre dans leur mobile home mal chauffé, d'où s'échappaient des volutes de monoxyde de carbone. La plupart accrochaient sur le toit de leurs véhicules une immense effigie clignotante de Santa Claus ou un bonhomme de neige.


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