Auteur : Thibaut Dary
Date de saisie : 06/11/2007
Genre : Religion, Spiritualité
Editeur : Salvator, Paris, France
Collection : Forum
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-7067-0508-3
GENCOD : 9782706705083
Sorti le : 15/10/2007
Dans une France déchristianisée, comment les chrétiens doivent-ils agir pour être «sel de la terre» et construire une authentique «civilisation de l'amour» ?
Face aux voix critiques qui invitent le christianisme à un nouvel aggiornamento inspiré des canons de la modernité, de nombreux croyants, souvent jeunes, s'engagent au contraire dans une réponse fidèle aux enseignements de l'Eglise. Pour eux, l'avenir du christianisme n'est pas un sujet de spéculation intellectuelle, mais l'enjeu de leur vie. Ils travaillent, ils le préparent, ils le construisent. L'un d'eux dit ce que les chrétiens devraient chercher à être en ce siècle, pour «mettre le feu au monde entier».
Thibaut Dary, 33 ans, diplômé de l'Institut d'Etudes politiques de Paris, est journaliste spécialisé dans les questions culturelles et religieuses, critique littéraire et tic cinéma. Marié et père de quatre enfants, il est laïc en charge ecclésiale dans le diocèse de Nanterre depuis 2001.
Extrait de l'introduction :
«On ira tous au paradis, même moi,
Qu'on croie en Dieu ou qu'on n'y croie pas, on ira...
Qu'on ait fait le bien ou bien le mal,
On sera tous invités au bal, On ira tous au paradis...»
Michel Polnareff, 1972
La pop-music nous dit-elle la vérité sur les fins dernières ? Faut-il croire Michel Polnareff dont la voix nous ressasse depuis plus de trente ans les paroles de Jean-Loup Dabadie, «on ira tous au Paradis» ? Car après tout, sans être ni l'un ni l'autre des Pères de l'Église, s'ils avaient raison ? Si tous, «qu'on soit béni ou qu'on soit maudit», nous nous retrouvions là-haut, avec «toutes les bonnes soeurs et tous les voleurs, toutes les brebis et tous les bandits», avec «les saints, les assassins, les femmes du monde et les putains», oui, tous, que nous soyons «chrétiens» ou «païens» ? En fredonnant cette prophétie, Michel Polnareff a pris un risque, bien supérieur à celui de montrer ses fesses en poster : celui qu'on le prenne au sérieux. En effet, lançait-il aux groupies une certitude eschatologique, ou bien jouait-il avec leurs espérances, leur promettant un au-delà auquel il ne croyait pas ? Royalties ou royaume de Dieu ? Affaire de fric ou profession de foi ? Démagogie ou théologie ? Après tout, que lui-même y crût ou pas reste secondaire.
Mais si l'on parle sérieusement, «on ira tous au paradis», est-ce que c'est vrai ? Le salut universel, info ou intox ? Pour le catholique croyant qui écrit ces lignes, la question est centrale. «On ira tous au paradis», les chrétiens l'espèrent de toute leur âme, tous les jours. Mais précisons les choses : ce que nous espérons être vrai, ce n'est pas l'existence du paradis ; «on ira au paradis», ça c'est sûr. Mais qui, «on» ? Vraiment tous ? Voilà la question. Voilà l'inquiétude. Voilà l'enjeu. Dieu existe, et le paradis aussi, et sa toute-puissance peut sans difficulté nous en ouvrir les portes. Encore faut-il que les invités à la vie éternelle acceptent l'invitation. Et si ce n'était pas le cas ? Et si là-haut, il manquait quelqu'un d'ici-bas ? Nous, chrétiens, croyons à la promesse de la vie éternelle, et nous savons que Dieu nous a rachetés de la mort, pour nous réserver une place dans sa gloire, qui ne s'effacera jamais. Nous avons appris, et parfois même compris, que ce ne sont ni nos mérites ni nos efforts qui nous ont obtenu ce destin, mais la miséricorde du Très-Haut en son fils Jésus-Christ. Enflammés par l'amour de Dieu, nous attendons le jour de le voir enfin face à face. Comme l'écrit saint Paul, «notre orgueil à nous», notre seul orgueil, «c'est d'espérer avoir part à la gloire de Dieu» (Rm, 5, 2), et non de l'avoir gagnée à la force du poignet. Et notre destin en ce monde, en somme, n'est pas de mériter ce qui nous a déjà été donné gratuitement, mais d'accepter cette faveur. Et il est aussi, bien sûr, d'engager à notre suite ceux qui ne croient pas. Ceux qui ne croient pas, justement... Comment faire pour qu'ils croient ? Et surtout, pour qu'ils aient part à la vie éternelle ? «On ira tous au paradis» : mais est-ce que tous sont d'accord ?
Est-ce que tous sont intéressés par cette histoire d'amour entre Dieu et l'homme ? Pas sûr. Sûr que non, même. Or pour nous, croyants, cette perspective est une torture. On se fait une idée assez fausse des chrétiens lorsqu'on les voit comme de pénibles censeurs moralisants. Nous sommes avant tout des amoureux maladroits qui voulons partager notre joie, sans toujours bien y parvenir.
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