Passion du livre - tout sur le livre : Boror, du Rhône au Zambèze : une saga africaine

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

Boror, du Rhône au Zambèze : une saga africaine

Couverture du livre Boror, du Rhône au Zambèze : une saga africaine

Auteur : Didier Destremau

Date de saisie : 04/11/2007

Genre : Histoire

Editeur : Slatkine, Genève, Suisse

Prix : 25.00 € / 163.99 F

ISBN : 978-2-8321-0290-9

GENCOD : 9782832102909

Sorti le : 01/10/2007

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Fin du XIXe siècle. Le succès de Garibaldi qui a unifié toute l'Italie provoque le départ pour l'Algérie d'un garde pontifical qui l'a combattu. Attirés par le grand large, les fils de celui-ci se lancent dans une aventure périlleuse au Mozambique sous possession portugaise. Dans une région inexplorée, peuplée de tribus irrédentistes et hostiles, de bêtes sauvages et féroces, soumise aux aléas climatiques et aux maladies endémiques, ils se font octroyer une immense concession dénommée Prazo Boror. Ce domaine de la taille de la Belgique possède les attributs et les caractéristiques d'un Etat. En produisant du coprah et d'autres commodités exotiques, il doit générer des richesses suffisantes pour assurer son budget et des dividendes pour ses actionnaires.
C'est un combat quotidien et opiniâtre contre des coups du sort les plus variés dont les deux guerres mondiales et la crise économique de 1929. Batailles toutes gagnées jusqu'à la dernière, l'avènement de l'Indépendance du pays et la nationalisation qu'elle induit.
Cette saga franco-suisse intervenue avec l'appui d'associés portugais est une aventure humaine exemplaire de ce que peut engendrer la volonté et la ténacité d'une poignée d'individus.

L'auteur, Didier Destremau, est un diplomate français d'un profil atypique. D'abord officier parachutiste, il participe à plusieurs conflits postcoloniaux sur cette terre africaine qu'il aime profondément. Nommé ambassadeur au Mozambique en 1995, c'est par hasard qu'il découvre, au tournant d'un contentieux juridique, l'histoire fabuleuse de Boror vécue initialement par des compatriotes d'origine suisse puis alimentée par l'acharnement de visionnaires marseillais. Il lui a semblé impossible que cette formidable saga ne reste connue que des quelques rares familles qui en furent les actrices.





  • Les premières lignes

- Bonjour, jeune homme. Je parierais que vous êtes français, vous ?
Interpellé de cette façon désinvolte, Georges se tourna vers la voix qui avait résonné à sa droite. Accoudé sur le bastingage en compagnie de nombreux autres passagers, et orienté vers la poupe qui faisait face à l'entrée de la passe d'Alexandrie, il n'avait pas prêté attention à ses voisins, notamment ceux qui s'étaient installés après lui pour goûter du spectacle insolite. La dame qui avait, de manière si familière voire irrévérencieuse noué conversation se révéla au premier abord assez excentrique. Au moins pour la vêture car elle portait une longue jupe de taffetas noir dans laquelle blousait un chemisier jaune canaris et surtout elle arborait un chapeau de paille vert aux larges bords tenus rabattus sur les oreilles par un foulard blanc noué sous le menton. Elle agitait spasmodiquement un éventail en ivoire délicatement sculpté.
Ce qui se distinguait de son visage ainsi partiellement dissimulé, se révéla avenant même si certaines petites rides autour d'yeux vifs et brillants qu'on pouvait, sans se tromper attribuer à la maturité voire à l'âge, ne l'épargnaient pas... En comparaison de celui du jeune homme ainsi interpellé qui n'avait pas atteint les vingt cinq printemps, elle avait vécu... Sans qu'il ait une longue expérience de séducteur, il l'évalua à une petite cinquantaine, peut être moins...
Quelque chose dans sa voix laissait entendre que le français qu'elle usait était importé car le «r» du mot français avait été légèrement roulé comme le font les slaves ou les arabes.
Georges se demanda comment il n'avait pas repéré cet insolite personnage pendant les quatre jours de navigation depuis Marseille. A sa décharge, la centaine de passagers virevoltant en permanence entre ponts, salons et cabines tenait de la tour de Babel. La traversée avait débuté lentement au plan des relations sociales ; Les passagers s'épiaient, se jugeaient, se jaugeaient. Se croisaient des anglais moustachus à la peau couperosée, des Italiens volubiles et agités, des allemands et des suisses sérieux comme des papes sans compter des Sikhs aux turbans colorés dont les épouses changeaient de sari deux fois par jour. Et des français, des ibériques à la peau mate... Peu à peu la glace fond, et les relations s'établissent entre les compagnons de voyage.
Les distractions prévues et menées parfois avec un enjouement factice par l'équipage dérident certains et laissent d'autres indifférents. En cette fin de 19éme siècle, les voyages maritimes sont la norme et il convient de les rendre ludiques quand ils ne sont qu'indispensables... Georges lui, manifestait une allergie profonde aux jeux débiles qu'affectionnent les anglais. La marelle sur de grands carreaux tracés sur une feutrine verte où sautaient des adultes artificiellement excités, voire, pire, le combat de coqs dont l'issue, ridicule à ses yeux était la tourneboule d'un adulte ventripotent sous les esclaffes de tous les spectateurs, lui faisaient spécialement horreur alors que les anglo-saxons rient aux éclats en pariant sur leur volatile préféré : Deux passagers accroupis sur le pont se font passer un bâton entre les genoux et les avants bras. Ainsi entravés, ils sautent en poussant des cris d'orfraie et tentent de bousculer leur adversaire qui, vaincu, roule piteusement sur lui même d'une manière bouffonne, mais désolante.
A priori, le jeune homme et cette dame partageaient sans le savoir des réticences à se montrer des badauds ineptes car il ne lui paraissait pas l'avoir vu s'esbaudir...


Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli