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Forge & forgerons : jeux d'ombres et de lumière

Couverture du livre Forge & forgerons : jeux d'ombres et de lumière

Auteur : Catherine Vaudour

Date de saisie : 03/11/2007

Genre : Arts

Editeur : Valhermeil, Saint-Ouen-l'Aumône, France

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 978-2-35467-006-1

GENCOD : 9782354670061

Sorti le : 12/09/2007

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  • La présentation de l'éditeur

La réorganisation récente des salles permanentes du musée archéologique du Val-d'Oise avait déjà permis de mettre en valeur des objets en fer clairement identifiés dans un parcours «Au fil du fer».
La principale manifestation autour du fer est maintenant l'exposition Forge & Forgerons qui se tient à Guiry-en-Vexin jusqu'en août 2008.
Elle donne lieu à un catalogue publié par les Editions du Valhermeil.
Le fer offre une ambivalence fondamentale : symbole de robustesse il a été utilisé pour l'armement et l'enfermement, mais, d'autre part, comme matériau précieux il a constitué des objets de luxe et de plaisir. L'homme qui le travaille et le maîtrise, le forgeron, n'est pas moins chargé de symboles. Il est présent depuis les mythologies issues du vieux fonds indo-européen jusqu'aux plus récents jeux de rôle.
Certaines oeuvres ont été choisies pour les techniques de transformation mises en oeuvre. D'autres pièces l'ont été pour illustrer le thème du clair-obscur et faire dialoguer «la part de l'ombre» et «les jeux de lumières», comme les grilles, «calligraphies de fer à ciel ouvert».
Les portes sont encore présentes dans la section alliant la serrurerie d'intérieur à la ferronnerie architecturale. On arrive là à l'ère industrielle dont les aspects valdoisiens sont évoqués à travers les exemples de Persan et d'Argenteuil.

Les artistes et les collectionneurs concluent exposition et ouvrages.
Le catalogue, rédigé par Catherine Vaudour, directrice du musée, qui a assuré également le commissariat de l'exposition, reproduit environ 150 objets exposés.





  • Les premières lignes

Extrait de l'avant-propos :

Personnage de légende depuis l'Antiquité jusqu'à saint Eloi, le forgeron, doué de puissance physique et crédité de pouvoirs occultes, oeuvre dans la forge, antre infernal aux murs noircis qu'animent le halètement du feu, le ronflement du soufflet, les bonds endiablés du marteau sur l'enclume. De cette alliance du fer et du feu naît un formidable déploiement d'objets liés à la vie quotidienne, matériel innombrable de l'activité humaine jusqu'à ses ambitions extrêmes, la parure et l'ornement.

L'exposition Forge et forgerons n'a pas pour ambition de présenter tous les métiers du fer ainsi que l'ensemble de leurs produits. Le propos est plutôt d'identifier une production rare, parfois insoupçonnée. Le fer y est questionné dans son ambiguïté fondamentale, d'une part comme symbole de robustesse et d'indestructibilité appliqué aux instruments de l'enfermement, de l'attaque et de la défense, d'autre part comme matériau précieux destiné aux objets de luxe, de séduction et de plaisir.

Les ustensiles de la vie quotidienne, les outils de l'artisanat et de l'agriculture, les objets de métiers ne sont pas évoqués dans l'exposition elle-même, mais dans le parcours «Au fil du fer dans le Val d'Oise», présenté dans les salles permanentes du musée.

LE FORGERON, maître de la forge est considéré au travers de quelques rares et exceptionnelles représentations : la sépulture d'un guerrier forgeron du VF siècle, enterré avec ses armes et outils de forge, découverte sur le site mérovingien d'Hérouvillette près de Caen, s'impose d'emblée. Elle est entourée d'une stèle funéraire gallo-romaine à l'image d'un forgeron portant à l'épaule de gigantesques pinces, puis de deux grandes toiles peintes. L'une, du XVIIe siècle, représente saint Eloi en habit d'évêque; l'autre, oeuvre de Jules Aviat, montre quatre «frappeurs à devant» guidés par le marteau du maître de forge.

L'ART DU FER est analysé sous l'angle des techniques artistiques qui lui sont appliquées. Les oeuvres choisies pour l'illustration de ces pratiques sont exceptionnelles. Que ce soient les chenets gaulois à têtes de taureaux ou les épées damassées mérovingiennes, les feuillages repoussés des grilles de la place Stanislas à Nancy ou l'épée ornée d'Epiais-Rhus (Val d'Oise), tous ces chefs-d'oeuvre sont là pour témoigner d'un art hors du commun.

DU CLAIR A L'OBSCUR : JEUX D'OMBRE ET DE LUMIERE. Le fer est le matériau de tous les contrastes. Dans sa noirceur naturelle, il accroche la lumière en de subtils reliefs, aux creux de ses aspérités. Lisse et poli, il devient aussi vif que l'argent et peut prétendre à la somptuosité des métaux précieux. La beauté de ses gris n'est pas inférieure à celle de l'or. Sombre, il évoque l'atmosphère opprimante des cachots et des entraves, le tintement des armes blanches et le feu des bombardes, le choc des armures et le froissement des cottes de mailles, le monde clos du scaphandrier en descente vers les profondeurs de l'océan. En contre-jour, les grilles, croisées et balcons sont autant de calligraphies de fer à ciel ouvert. Le clair-obscur est l'essence même du fer, sa lumière ne s'apprécie que par l'ombre qu'elle disperse.


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