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L'alphabet des rêves

Couverture du livre L'alphabet des rêves

Auteur : Susan Fletcher

Traducteur : Philippe Morgaut

Date de saisie : 02/11/2007

Genre : Jeunesse à partir de 9 ans

Editeur : Gallimard-Jeunesse, Paris, France

Collection : Folio junior, n° 1454

Prix : 7.50 € / 49.20 F

ISBN : 978-2-07-057779-8

GENCOD : 9782070577798

Sorti le : 11/10/2007


  • La présentation de l'éditeur

Quand nous vivions dans la cité des Morts, chaque nuit, mon frère rêvait de festins. - Les rêves, ça ne se mange pas, Babak, avais-je coutume de lui rappeler. Mais j'avais tort. Les rêves peuvent vraiment vous nourrir et vous permettre aussi de faire dans la vie réelle des voyages lointains vers des endroits qui dépassent tout ce que l'on peut imaginer. Je le sais bien, car c'est ce qui nous est arrivé.

Découvrez le fabuleux périple de la jeune Mitra et de son frère Babak au sein de la caravane du mage Melchior. Un conte envoûtant dans la splendeur du désert.

Susan Fletcher a écrit plusieurs livres pour enfants, notam­ment les Dragon Chronicles, une trilogie qui a connu un très vif succès aux États-Unis. Ses romans The Shadow Spinner et Walk Across the Sea ont été récompensés dans son pays. Susan Fletcher vit aujourd'hui à Wilsonville, dans l'Oregon.





  • Les premières lignes

Le rêve de Babak

Quand nous vivions dans la cité des Morts, chaque nuit ou presque, mon frère rêvait de choses à manger. Roulé en boule sur le sol de pierre au milieu des ossements, il imaginait des banquets, avec des melons et des olives, des pois chiches et des dattes, des lentilles et du pain. Rien n'était trop beau pour ses rêves nocturnes, pas même ces mets rares qui faisaient les délices des nobles - zestes de citron enrobés de miel, amandes, viande d'agneau rôtie dans le safran.
Je me demandais comment il avait entendu parler de telles nourritures. À moins que notre nature profonde ne remonte à la surface pour se révéler dans nos songes ? La dernière fois que nous avions mangé comme des nobles, c'était trois ans plus tôt, alors que Babak avait à peine deux ans.
En plus, bizarrement, ses repas rêvés semblaient le ras­sasier. Quand il s'éveillait, il n'était pas affaibli ni rendu grognon par la faim comme je l'étais, moi. L'arrière-goût de ses festins nocturnes semblait l'illuminer et son visage rayonnait de joie.
- Grande soeur ! me disait-il. Le rêve que j'ai fait ! Des pois chiches rôtis ! J'en ai mangé à m'en faire éclater le ventre ! Et des oranges, toutes pelées pour moi et saupoudrées de feuilles de menthe. Et des tartines chaudes avec des graines de sésame !
Mais l'évocation de ces festins ne faisait que me don­ner plus faim encore et me rendre plus grincheuse. Je finissais par le rabrouer :
- Bouge-toi, Babak !
Je l'entraînais dans le dédale de couloirs souterrain et nous sortions pour aller aux portes de Rhagae.
- Les rêves, ça ne se mange pas, avais-je coutume de lui rappeler.
Mais là, j'avais tort. Les rêves peuvent vraiment vous nourrir et vous permettre aussi de faire dans la vie réelle des voyages lointains vers des endroits qui passent l'imagination.
Je le sais bien, car c'est ce qui nous est arrivé.


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