Auteur : Yussef Bazzi
Traducteur : Mathias Enard
Date de saisie : 01/11/2007
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Verticales-Phase deux, Paris, France
Prix : 14.90 € / 97.74 F
ISBN : 978-2-07-078594-0
GENCOD : 9782070785940
Sorti le : 18/10/2007
"Été 1981.
J'ai quatorze ans. Mahmoud al-Tapi inscrit mon nom dans le registre avant de m'accompagner au dépôt. On me remet une paire de rangers, un uniforme kaki, une "tornade rouge" (l'insigne du Parti) à mettre sur l'épaule, une ceinture avec trois chargeurs, deux grenades et une kalachnikov, dont l'extrémité du canon -acier russe, 11 mm de diamètre- est sciée. Je suis affecté aux Forces centrales d'intervention du Parti social nationaliste syrien à Beyrouth.
Le salaire est de 600 livres libanaises et un paquet de cigarettes par jour." Yasser Arafat m'a regardé et m'a souri est le journal d'un combattant précoce durant cinq années de guerre civile libanaise, le livre cicatriciel d'un ex-enfant-soldat. Bref récit fragmenté, à l'écriture blanche et visuelle, il. entraîne le lecteur sur les talons d'un gosse qui vit d'abord la guerre comme une escapade, ce qui le conduit à éprouver la part la plus irréelle du réel.
C'est aussi le texte brut et pacifié d'un poète qui s'engage dans la prose sans rien renier des puissances secrètes de sa langue.
Yussef Bazzi est né en 1966 à Beyrouth. Il est écrivain et journaliste. Son oeuvre poétique, très appréciée et reconnue par les plus grands poètes du monde arabe, est éditée chez Riad al-Rayyes et Dar al-Jahid. Comme beaucoup de jeunes gens au Liban, Yussef Bazzi a été combattant durant la guerre civile libanaise de 1980 à 1986. Yasser Arafat m'a regardé et m'a souri est son premier roman.
En 1981, Yussef Bazzi vit à Beyrouth, il a 14 ans. A l'âge où les jeunes Français entrent en 3e, il s'engage dans une milice et participe à la guerre du Liban. Le texte qu'il publie vingt-cinq ans après est le récit d'une pure expérience de combattant. Il n'est question ni de patrie ni de religion, à peine de l'envahisseur israélien. Les adversaires contre lesquels il se bat sont la plupart du temps des compatriotes, parfois des amis d'hier. Bazzi nous raconte la guerre à partir d'une position qui n'est ni celle du héros ni celle de la victime, mais celle d'un soldat qui a été équipé d'une arme à feu et qui s'en sert. Il nous montre comment le contact physique permanent avec une arme et la proximité de la mort - la sienne et celle des autres - dissout les inhibitions liées au sexe, à la drogue, au pouvoir, aux règles morales...
Bazzi est aujourd'hui un poète reconnu. Comme le dit le traducteur dans son excellente postface : «Gardons-nous de juger les hommes. Attendons de voir s'ils deviennent poètes.»
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