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Les deux amis

Couverture du livre Les deux amis

Auteur : Alberto Moravia

Date de saisie : 18/11/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Flammarion, Paris, France

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-08-120693-9

GENCOD : 9782081206939

Sorti le : 02/11/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Au printemps 1996, plus de cinq ans après sa mort, les héritiers d'Alberto Moravia découvraient dans la cave de son appartement une valise en cuir contenant trois versions d'un même roman inachevé, écrit en 1952 et situé pendant et après la Seconde Guerre mondiale : Sergio, jeune intellectuel sans le sou, inscrit au Parti communiste, essaie de convaincre son riche ami Maurizio, qui le fascine et l'attire, d'y adhérer à son tour.
Maurizio, ancien sympathisant du fascisme, est un "indifférent", que les convictions de son ami font sourire. À court d'arguments, Sergio va jusqu'à lui offrir sa maîtresse, dont il n'est pas amoureux, mais jaloux. Pour développer ce sujet, qui chez l'homme de gauche qu'il était risquait de prêter à des interprétations erronées, l'auteur a hésité. Les trois rédactions, curieusement, s'enchaînent et constituent un roman presque complet, qui apparaît comme une oeuvre majeure en dépit de son inachèvement.
Avec lucidité, cruauté, ironie, Moravia dresse un tableau saisissant de la guerre et l'après-guerre et propose une réflexion caustique sur l'engagement.

Né à Rome en 1907, Alberta Moravia publie en 1929 Les Indifférents, qui connaît un succès retentissant. Une trentaine d'ouvrages suivront jusqu'à sa mort en 1990, parmi lesquels Le Conformiste, L'Ennui ou encore Le Mépris, chefs-d'oeuvre qui l'imposent comme l'un des maîtres incontestés des lettres italiennes. Moravia est mort en 1990.





  • La revue de presse Jean-Jacques Bozonnet - Le Monde du 2 novembre 2007

Publié presque simultanément en Italie et en France, Les Deux Amis, un roman inédit d'Alberto Moravia, remet en lumière l'oeuvre d'un écrivain dont on célèbre cet automne le centenaire de la naissance. Plus que d'un roman, il s'agit de trois ébauches, trois versions d'une même histoire que l'auteur italien avait entrepris d'écrire en 1952. Les manuscrits de cette oeuvre inachevée ont été retrouvés au printemps 1996, dans la cave de la maison qu'il habitait jusqu'à sa mort, le 26 septembre 1990 à Rome...
Du fatras de ces papiers abîmés par un séjour de trente ans dans l'humidité, tout n'a pas encore été inventorié. Mais Les Deux Amis a aussitôt ranimé en Italie le débat sur les rapports complexes que cet auteur a entretenus toute sa vie avec la politique. Pourquoi Moravia a-t-il remisé ce texte au fond d'une cave ? Décision d'artiste pour certains critiques, autocensure politique pour d'autres.


  • La revue de presse Dominique Fernandez - Le Nouvel Observateur du 15 novembre 2007

Il ne s'agit donc pas d'un roman de vieillesse, abandonné par fatigue : il remonte aux meilleures années de Moravia, entre «le Mépris» et «le Conformiste», et le lecteur est tout de suite saisi par la plénitude, la rondeur de cette prose, le talent de mener de front l'action romanesque et l'analyse psychologique, l'art d'inscrire les destins individuels dans le contexte historique, la formidable vitalité de la phrase qui presse les multiples réalités qu'elle décrit avec une gourmandise jubilatoire...
Argent, sexe (et sexe cru), lutte pour le pouvoir, tension de l'Italie des années 1950, quand la révolution communiste semblait encore possible : Moravia mêle ses thèmes habituels à la crise de l'après-guerre. C'est peut-être ça qui fait le grand écrivain : la coïncidence de ses obsessions personnelles avec la réalité sociale et économique de son pays.


  • La revue de presse André Clavel - L'Express du 15 novembre 2007

Le maestro, cette année, aurait fêté son centenaire, et le destin fait bien les choses puisqu'il nous offre à l'occasion de cet anniversaire un inédit passionnant - Les Deux Amis - retrouvé en 1996, six ans après la mort du romancier. Ecrit en 1952 et composé de trois versions successives de la même histoire, ce livre inachevé n'est pourtant pas un fond de tiroir, car tous les thèmes moraviens y sont en gestation. Et si l'auteur du Mépris n'a jamais souhaité publier ces pages, c'est peut-être parce qu'elles affichent un scepticisme trop cruel : Moravia, l'icône de la gauche italienne, y fait en effet le procès de l'engagement politique, en éclairant la part d'irrationnel qui se dissimule sournoisement sous les vertueux discours d'un jeune militant communiste...
Ce roman n'est donc pas une simple curiosité, mais une bombe à retardement dans l'arsenal d'une oeuvre de bout en bout sulfureuse.


  • La revue de presse Remo Bodei - Libération du 8 novembre 2007

La publication de textes que leurs auteurs ont laissés délibérément inédits est souvent une déception. Ce n'est pas le cas des Deux Amis d'Alberto Moravia, qui contient des pages splendides, éparses dans les trois variantes d'un roman écrit vers 1952, entre le Conformiste (1951) et le Mépris (1954). On dirait que, pour une fois, vaut le critère herméneutique selon lequel un auteur est le dernier à se comprendre. Si le Conformiste raconte l'histoire d'un homme qui adhère au fascisme pour fuir son propre vide intérieur et achève sa parabole par la trahison et l'homicide politique, les Deux Amis prend en examen le communisme, en sa version la plus diffusée dans le second après-guerre italien...
Le «rideau de fer» traverse aussi les consciences, les familles, les amis, les camarades de travail. Cette hostilité prend tantôt des formes cruelles, de continuation privée de la guerre bien après sa fin officielle, tantôt, et encore plus fréquemment, montre comme des crevasses, à travers lesquelles filtrent des formes de «convivance» occasionnelle, débonnaire, sinon, au quotidien, de compromis (entre catholiques engagés aux côtés de la gauche «athée» et les communistes qui se marient à l'église et font baptiser leurs enfants). Mais il ne s'agit pas seulement de manifestations superficielles de compromis : c'est que la haine politique ne réussit pas toujours à entacher les rapports personnels.


  • La revue de presse Marc Lambron - Le Point du 1er novembre 2007

Rêve d'éditeur, rêve de lecteur : retrouver un texte inédit de Moravia. Les 258 feuillets dactylographiés, serrés dans une vieille valise, dormaient dans la cave de l'appartement romain de l'écrivain, disparu en 1990. Au moment où l'on célèbre le centenaire de sa naissance, le 22 novembre 1907, les éditions Bompiani en Italie et Flammarion en France publient simultanément le texte. Des fonds de tiroir ? Pas vraiment. Mais plutôt cette chose rare : le chaînon manquant entre deux oeuvres majeures de Moravia, «Le conformiste» (1951) et «Le mépris» (1954), qui sont devenues, sous les caméras de Bertolucci et de Godard, des chefs-d'oeuvre de cinéma. Avec, pour le lecteur, cette curieuse expérience temporelle : lire en 2007 le dix-neuvième roman d'Alberto Moravia...
Telle est la matrice de ces «Deux amis» : ne pas soumettre la forme des fictions à une thèse, mais mettre les motifs politiques au service d'une dynamique romanesque. Moravia considère la politique depuis un surplomb dostoïevskien, en relation avec l'existence du mal absolu. Sa perspective est démonologique, c'est-à-dire, en dernière analyse, catholique romaine. Conséquence immédiate : un romancier doit montrer comment la politique est subordonnée à la guerre des sexes...
Sous la plume du prêtre méphistophélique qu'était Moravia, ce roman-palimpseste creuse aussi le sillon d'une obsession : «Le conformiste», «Les deux amis», «Le mépris», ce seront chaque fois des hommes mutilés, en proie à l'obsession sexuelle, traîtres, suborneurs ou dédaignés.


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