Auteur : Duncan Falconer
Traducteur : Joachim de Rancourt
Date de saisie : 31/10/2007
Genre : Policiers
Editeur : Nimrod, Paris
Prix : 19.50 € / 127.91 F
ISBN : 978-2-915243-10-9
GENCOD : 9782915243109
Sorti le : 23/10/2007
«Duncan F aimer sera inévitablement comparé a Andy McNab. Mais je n'hésiterai pas a dire qu'il lui est supérieur» Mail on Sunday
Une opération de surveillance menée contre l'IRA prenant une tournure dramatique, les services de renseignement britanniques font appel à Stratton - un commando du Spécial Boat Service affecté à leur unité de renseignement militaire, et sans doute le seul homme capable de sauver la vie de l'agent menacé.
Mais cette intervention sur le fil du rasoir ne constitue qu'une première étape dans la lutte impitoyable qui va opposer Stratton à l'IRA : seule une taupe infiltrée au sein du MI5 peut avoir exposé la vie de l'agent.
Alors que l'enquête de Stratton le conduit jusqu'à Paris, un des hommes de son équipe - un Navy SEAL américain détaché auprès de son unité - disparaît au cours d'une filature. Les terroristes de l'IRA, qui détiennent désormais un otage de choix, vont pouvoir achever les préparatifs d'un nouvel attentat terrifiant. Mais il leur faudra compter avec Stratton, prêt à tout pour préserver l'intégrité de ses hommes. Et la sécurité de son pays.
Tapi dans le coffre obscur de la voiture, Spinks dévorait un sandwich au fromage. L'espace métallique confiné amplifiait ses bruits de mastication et de déglutition. Il était débraillé, mal rasé, les cheveux longs, et il empestait. Il s'arrêta de manger pour se curer le nez, activité bien agréable qu'il ne réservait pas particulièrement à de tels moments d'intimité, fit une boulette qu'il éjecta d'une pichenette, puis mordit à nouveau dans son sandwich et continua de mâcher, pensif, en clignant des yeux dans l'obscurité.
C'était la deuxième fois qu'il passait une journée dans un coffre de voiture, mais cette fois-ci était loin d'être aussi mémorable que la première, du moins pour le moment. La première fois, quatre mois plus tôt, au coeur de l'été, cette journée avait été l'une des plus terrifiantes de ses vingt-neuf années d'existence. Il n'était pas particulièrement grand, mais le gars qui avait choisi la voiture ce jour-là avait négligé la question de sa taille ; ils s'étaient tous concentrés sur l'objectif et rien d'autre, et ils ne s'étaient certainement pas préoccupés du confort de Spinks. Mais ils pouvaient être pardonnes dans la mesure où ce genre d'expérience n'avait jamais été tenté auparavant, et que la mission avait été élaborée en toute hâte. À aucun moment Spinks ne s'était douté du guêpier dans lequel il s'était fourré. À la seconde même où on avait claqué la porte du coffre sur lui et que l'obscurité la plus totale l'avait englouti, il s'était senti devenir claustrophobe. Ce n'est qu'au moment où la voiture avait passé tant bien que mal la chicane de sécurité et dépassé les policiers assoupis devant la porte principale de la base qu'il avait regretté de ne pas avoir matelassé le métal nu du fond du coffre avec une matière molle sur laquelle il aurait pu s'étendre.
Le trajet, d'une trentaine de kilomètres, essentiellement sur des routes de campagne, avait été douloureux dans cet espace sombre et exigu ; dans ses efforts pour ne pas bringuebaler, il s'était étalé en étoile de mer, position épuisante à la longue. Il s'était imaginé toutes sortes d'horreurs en cas d'accident, surtout en cas d'emboutissement par l'arrière. À la fin du voyage, il s'était dit que le pire était derrière lui, mais ça ne faisait en réalité que commencer. Ce qui avait failli causer sa mort avait surpris Spinks autant que tous ceux qui avaient été impliqués dans la mission.
Cette mission consistait à filmer la porte principale du Club de football gaélique des Crossmaglen Rangers un beau dimanche après-midi, alors que l'équipe s'apprêtait à disputer un match contre Dromintree. Crossmaglen est une petite ville virtuellement encerclée par la frontière, la plupart des routes qui la traversent conduisent directement en République d'Irlande, et des rumeurs avaient circulé sur la présence probable à cette rencontre de membres éminents de l'IRA habituellement domiciliés en Irlande du Nord. La journée avait été très chaude ; les rayons du soleil avaient tapé de plus en plus fort contre la carapace métallique de la voiture et, en début d'après-midi, l'intérieur du véhicule s'était transformé en un véritable four. Plus tard, Spinks l'avait comparé à ces «boîtes à suer» utilisées pour torturer les prisonniers, à la différence près que le sien était beaucoup plus petit, qu'il ne disposait pas de la moindre aération, et que les prisonniers, au moins, n'étaient pas bringuebalés des kilomètres durant avant d'être rôtis à petit feu. Il avait failli tomber dans les pommes sous le coup de la chaleur et de l'absence d'air. Personne ne s'était rendu compte de son martyre avant l'évacuation de la voiture et l'ouverture du coffre à la fin du boulot. On l'avait retrouvé gisant dans le fond du coffre, déshydraté et suffocant, mais néanmoins, et c'était à porter à son crédit, il avait rempli stoïquement sa mission.
Cette fois-ci, le coffre était beaucoup plus grand, et il avait ajusté un vieux matelas pour s'y étendre. Il pouvait rouler d'une épaule sur l'autre en cas de tangage, même s'il n'arrivait toujours pas à allonger les jambes. Et puis, surtout, on était en automne. L'expérience précédente lui avait enseigné qu'on pouvait s'habiller contre le froid à l'intérieur d'un congélateur, mais qu'il était impossible de maintenir une température supportable à l'intérieur d'un four allumé.
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