Passion du livre - tout sur le livre : Dessein, dessin, design

. Dessein, dessin, design

Couverture du livre Dessein, dessin, design

Auteur : Jacquie Barral | Joël Gilles

Date de saisie : 31/10/2007

Genre : Arts

Editeur : Publications de l'Université de Saint-Etienne, Saint-Etienne, France

Collection : Travaux-Centre interdisciplinaire d'études et de recherches sur l'expression contemporaine. Arts, n° 134

Prix : 23.00 € / 150.87 F

ISBN : 978-2-86272-463-8

GENCOD : 9782862724638

Sorti le : 26/10/2007

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  • La présentation de l'éditeur

La singularité de cette recherche met en relation des concepts relevant de disciplines voisines - arts plastiques, sciences de l'art, design, et architecture. Plusieurs champs sont ainsi travaillés, selon des points de vue d'enseignants chercheurs, d'artistes, d'architectes et de designers, afin d'éclairer les liens complexes qui, du concept à l'objet, tissent dessein et dessin. Aussi le design ne sera-t-il pas compris comme le souci d'esthétiser la banalité du quotidien mais, bien loin de sa seule valeur d'usage, comme un système de signes aux confins de la libéralité de l'art et des puissances symboliques du langage.





  • Les premières lignes

Introduction de Jacquie Barral :

Le parti pris de s'interroger sur une imbrication de ces trois termes «dessein, dessin, design» amène, au-delà de l'étymologie et des ruptures de significations, à la question du temps. Et si le dessin semble devoir se poser chronologiquement entre le dessein et le design - «d'abord le dessein, le projet, le désir et ensuite le dessin» -, à observer l'enfance du dessin, il semble pourtant s'imposer comme geste, comme trace faite instinctivement, sans pensée préalable et avec un plaisir jubilatoire pour tout enfant à qui l'on propose une feuille et un crayon. Ce sera un peu plus tard que cette trace-là, par analogie et ressemblance, sera «un dauphin», «une biche»,... question de formes trouvées par hasard mais reconnues; le dessein se projetterait donc, après ce dessin premier, exploratoire, comme une désignation, comme une intention figurative à préciser un peu plus.
Passée l'enfance de l'art, le dessin «cosa mentale» sera perçu comme le produit le plus pur, le plus immédiat, proche de la pen­sée, de l'idée de l'artiste, dessein antérieur à tout acte, à toute manipulation.
Enfin, avec la révolution industrielle, le terme design s'impose pour désigner un certain type de manufactures d'objets dans les­quels le dessin et le dessein auront anticipé, tracé leurs formes, leur permettant ainsi d'atteindre au statut privilégié de «beaux objets».
S'impose donc, dans un premier temps, l'ordre établi dans cette succession : «dessein, dessin, design».
Quant au clivage en deux mots distincts entre «dessein» et «dessin», il se pose aussi en termes de temporalité, ou plutôt, ce qu'il introduit entre les deux mots enfin dissociés est bien de l'ordre du temps. Entre le dessein-projet-désir et le dessin qui s'active sur le néant de la page blanche, le simple décalage temporel qui a lieu, semble introduire définitivement une forme de perte. L'invention du dessin, sa puissance artistique, se fonde peut-être sur cette déperdition entre l'acte et l'intention, posant alors le dessin dans une autonomie, une improvisation qui le sépare distinctement de toute énonciation ou de tout contexte textuel. Du moins - c'est une hypothèse - pourra-t-il atteindre ou retrouver, indépendamment du langage, la source de son propre jaillissement.
Ce séminaire interroge l'ordre et la mise en relation de ces trois concepts, à travers différents objets plastiques appartenant à l'art du dessin, au détournement d'objet, à l'art numérique ou au design.
Anne Petrequin, dans une réflexion sur son acte artistique, col­lectionneur d'étiquettes, soumet à l'analyse et démontre que le dessein, dans la manipulation de ces objets issus du design textile, se re-pose, après dessin, comme le point de départ d'un recyclage et d'un nouveau mode combinatoire. «Temps de pause», machine à réparer les liens rompus de nos rêveries, objet numériquement designé par Monique Maza, permet de s'interroger sur la survivance du dessein et du dessin dans les procédures de l'outil informatique.
Si Joël Gilles relie l'origine de l'interaction entre ces trois concepts aux principes des constructions du corps, il constate aus­si que les desseins, après l'époque industrielle, n'appartiennent plus qu'au seul ordre du profit. Éric Vandecasteele pose la question du design comme un malentendu de l'ère post-industrielle et constate que le dessin ne constitue peut-être plus le noyau dur de la pratique du design.
Enfin, Jacquie Barral et Claude Courtecuisse, analysant leurs propres travaux de dessinateurs, soulignent l'intrusion et la réap­propriation dans le domaine artistique d'un dessin «technique», à l'origine du dessin du designer et remarquent les interférences qui se produisent dans la mémoire du spectateur au vue de certains dessins contemporains qui hybrident toute une typologie de dessins et de perspectives.


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