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Revue d'études palestiniennes, n° 105. Le Hamas à Gaza

Couverture du livre Revue d'études palestiniennes, n° 105. Le Hamas à Gaza

Date de saisie : 27/10/2007

Genre : Politique

Editeur : Minuit, Paris, France

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 978-2-7073-2015-5

GENCOD : 9782707320155

Sorti le : 11/10/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Le Hamas à Gaza

Les affrontements dans le camp palestinien de Nahr al-Bared au Liban

Les problématiques légitimations de l'Etat d'Israël
Par Louis-Jean Duclos

Camp David II, version Dennis Ross
Par Norman G. Finkelstein

Petit guide du vieil Hébron, chapitre 3
Par René Gaudy

L'oeuvre de Hilma Granqvist
Par Falestin Naïli





  • Les premières lignes

Le Hamas maître de Gaza : et après ?

Q. : Comment en sommes-nous arrivés à nous déchirer à ce point : le Hamas à Gaza, le Fath en Cisjordanie, et une haine sans précédent entre les deux mouvements ? Quelles sont les raisons profondes de la crise actuelle ?

Abdul Sattar Qassim : La scène palestinienne est mobilisée depuis longtemps sur le mode clanique. Ce n'est pas la première fois que nous nous entretuons : rappelez-vous ce qui s'est passé en Jordanie, puis au Liban, et déjà dans ce qu'on appelle les territoires de l'Autorité palestinienne, quand différents services de sécurité se sont affrontés militairement. C'est une dérive qui nous renvoie aux structures profondes des sociétés arabes, mais elle a été accentuée par la situation politique née des accords d'Oslo. La guerre civile est inscrite dans ces accords, dans la coordination sécuritaire et «la lutte contre le terrorisme» qu'ils impliquent. Quand il est question de «pourchasser les terroristes», cela veut dire que des Palestiniens doivent combattre d'autres Palestiniens. Les accords d'Oslo nous incitaient à nous battre les uns contre les autres. En les signant, on préparait le terrain aux affrontements actuels.
J'ajoute que ces accords et ceux qui les ont suivis sont bien plus petits que la question palestinienne. C'est un costume trop étroit pour nous. Je veux dire qu'ils ne pouvaient satisfaire nos droits, justifier nos sacrifices, qu'ils réduisaient à peu de choses l'histoire de la Palestine. Il y a des Palestiniens qui acceptent une telle injustice, mais il y en a d'autres qui la refusent, et les deux camps ne peuvent s'entendre.
Les organisations palestiniennes ont incontestablement une structure et une mentalité tribales. Nous avons tous constaté que les militants de chacune d'elles la défendent aveuglément, sans même connaître ses positions et son programme. Ils sont intolérants, on les forme à ne pas respecter les autres quels qu'ils soient, et cela est vrai pour toutes les organisations sans exception, y compris les plus petites. Avec un tel esprit de corps qui les anime, il était tout à fait prévisible à ce qu'elles tirent les unes sur les autres.
Enfin, il me paraît évident que depuis la constitution de l'Autorité palestinienne, le tissu social palestinien a été terriblement affecté sur le plan moral. Nous n'étions pas sans défauts, c'est certain, mais on a assisté depuis lors à une grave détérioration de la moralité publique. Des agressions contre les personnes et les biens sont commises impunément en plein jour, les voyous en armes sont devenus les maîtres, on les sollicite pour intimider les gens avec lesquels on a quelque différend. L'exemple de Naplouse est le plus probant à cet égard. La force brute prime sur la compétence et le savoir.
C'est tout cela qui nous a conduits là où nous sommes.

Raef Zureik : Tout en étant d'accord avec les propos d'Abdul Sattar Qassim, je voudrais pour ma part insister sur un autre point : c'est l'absence d'un centre de décision, c'est-à-dire qu'il n'y a plus de stratégie ni de politique. Ces derniers temps, le travail politique consistait soit en négociations à huis-clos, soit en opérations-suicides. Dans les deux cas, le peuple est tenu à l'écart. On imagine qu'agir en secret, en un moment donné, en mobilisant son intelligence ou en se sacrifiant en héros, suffit pour régler la question palestinienne. Et cette absence de centre, de stratégie, d'une boussole, a abouti à la polarisation que nous connaissons. Il ne s'agit pas d'une différence de points de vue entre des gens qui se situent sur le même terrain, et qui peut par conséquent être régulée. C'est que les accords d'Oslo ont engendré plusieurs dualités, et d'abord le couple Etat et révolution. L'Autorité, qui n'est pas un Etat, doit exercer son pouvoir dans un territoire encore occupé, donc où la révolution n'a pas encore accompli ses tâches. Dans ces conditions, que faut-il penser des opérations militaires ? Font-elles avancer le projet national palestinien ou bien, au contraire, le desservent-elles ? Ceux qui les commandent ou les exécutent peuvent être considérés, selon les points de vue, comme des héros ou comme des traîtres.


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