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Le vin, lumière du coeur

Couverture du livre Le vin, lumière du coeur

Auteur : René Benjamin

Date de saisie : 27/10/2007

Genre : Cuisine, Gastronomie, Vins

Editeur : J.-P. Rocher, Paris, France

Collection : Les fruits défendus

Prix : 12.00 € / 78.71 F

ISBN : 978-2-911361-95-1

GENCOD : 9782911361951

Sorti le : 12/10/2007


  • La présentation de l'éditeur

Ce qu'il y a de délicieux en Touraine, c'est que la vigne est partout, sans pour cela recouvrir tout. Quand je passe dans le Bordelais, je trouve qu'il y en a trop, comme trop de pins dans les Landes ! Je n'aime pas l'excès. J'avais une nature pour vivre en Touraine, où la vigne côtoie le champ de blé, grimpe le coteau entre le seigle et l'avoine, descend jusqu'à la Loire en bordure d'une prairie. Le vigneron en Touraine prépare son vin, tandis que sa femme veille aux fromages et à la crème. Voilà le bon sens ; il est dans la variété. Au coeur d'une province où il n'y a que des vignes, comment remarquer une vigne ? Mais comment ne pas la saluer en Touraine entre un champ et un potager ? Elle a sa place, sa forme, son rôle. Il y a des vignes que je connais et que j'aime comme des personnes.

René Benjamin

Ce petit recueil écrit pour chanter les délices du vin a été publié par Robert Cayla chez Les amis de l'originale en 1948. René Benjamin, né en 1885 à Paris - mort en 1948 à Tours - est un écrivain et un journaliste. En 1915, il reçoit le Prix Goncourt pour Gaspard et en 1938, il est le premier lauréat élu membre du jury du prix Goncourt.





  • Les premières lignes

Le vin... Ce n est pas a première vue un sujet bien original...
Je sais. L'amour non plus.
Mais c'est un sujet tentant, vous êtes de mon avis ? L'amour aussi.
À la vérité, quand on est français, on croit toujours avoir quelque chose à dire sur l'amour ou sur le vin. Et je suis français. Je ne me connais même pas de grands-parents qui aient eu d'autres horizons que la France, ni d'autre langue que la française.
Les étrangers au surplus m'ont persuadé toute ma vie que les quelques dons que je pouvais avoir, si j'en avais, je les devais sans doute aux vins de mon pays ; après quoi, pour nous fêter, eux et moi, ils montaient de leur cave, avec des précautions religieuses et des yeux extasiés, une vieille bouteille de France.
J'ai donc quelque plaisir à parler du vin. Ce que je souhaiterais seulement, c'est de ne pas en parler tout à fait comme tout le monde en parle. Non pas, grand Dieu, que je cherche à me singulariser ; mais le ton qu'on adopte pour chanter le vin... m'agace un peu.
Il me semble qu'on «se monte le bourrichon», eût dit Flaubert.
On commence par pousser des «Ah !», des «Oh !». On commence par l'état de béatitude. C'est un état final, en admettant qu'on puisse y parvenir. Au début, c'est prendre des poses. Si on essayait, une fois, de dire des choses simplement vraies, et vraiment simples ?
J'ai dit : «Le vin, sujet tentant». Comme l'amour. Ou comme l'argent. Je veux dire qu'on ne peut pas présumer où il vous entraîne - c'est cela la tentation - ni le ton qu'on prendra. Car comme l'argent ou comme l'amour, le vin crée des joies mais aussi des peines, du bonheur et des drames. On s'extasie trop vite. Le vin est une passion et un danger.


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