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Chroniques littéraires du Journal des débats : avril 1941-août 1944

Couverture du livre Chroniques littéraires du Journal des débats : avril 1941-août 1944

Auteur : Maurice Blanchot

Date de saisie : 07/01/2008

Genre : Essais littéraires

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Les cahiers de la NRF

Prix : 30.00 € / 196.79 F

ISBN : 978-2-07-078346-5

GENCOD : 9782070783465

Sorti le : 11/10/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Jamais Maurice Blanchot n'aura écrit autant de chroniques littéraires que pendant ces années de guerre.
Entre avril 1941 et août 1944, chaque semaine, un article recense un ou plusieurs livres récemment parus : romans, poèmes, essais donnent lieu à une réflexion singulière, toujours plus sûre de sa propre rhétorique, livrée davantage à l'écho de l'impossible ou aux sirènes de la disparition. Une critique de jugement ouvre la voie à une critique d'interprétation. Entre les circonstances de la guerre, ce qu'elles rendent possible ou impénétrable, et les fondements de l'acte littéraire, variables au gré des références classiques ou modernes qu'il emprunte, ce sont aussi les théories que Blanchot développera parfois bien plus tard, de La Part du feu à L'Entretien infini et même à L'Ecriture du désastre, qui se trouvent ici esquissées.
Non sans contradictions ni pas de côté, et dans la certitude fiévreuse d'une oeuvre qui commence. Environ un tiers de ces chroniques avait déjà été repris dans Faux Pas, en 1943. C'est tout le reste que nous éditons ici. On y lira des textes sur Dante, Rabelais, Descartes, Montesquieu, Blake, Hoffmann, Jarry ou encore Joyce... On y verra revenir Giraudoux, Mallarmé, Valéry, les surréalistes français et les romantiques allemands.
Ces articles révèlent la généalogie d'un critique qui a transformé l'occasion de la chronique en nécessité de la pensée.

Christophe Bident est maître de conférences à l'université Paris 7-Denis Diderot. Il est l'auteur de Maurice Blanchot, partenaire invisible (Champ Vallon, 1998), Bernard-Marie Koltès, Généalogies (Farrago, 2000), Reconnaissances - Antelme, Blanchot, Deleuze (Calmann-Lévy. 2003). Il a édité, avec Pierre Vilar, les actes du colloque Maurice Blanchot, récits critiques (Farrago, 2003).





  • La revue de presse Patrick Kéchichian - Le Monde du 30 novembre 2007

La publication des articles de critique littéraire que Blanchot a donnés au Journal des débats durant la guerre est un véritable événement...
Mais, précisément, ce sont les circonstances qui font, comme en creux, l'intérêt et le prix de ces textes. Dans un pays occupé, divisé, humilié, tellement incertain de son destin, parler de littérature ne peut être innocent. Ces chroniques en apparence "inactuelles" l'attestent. Et, d'ailleurs, elles n'auraient pas ce ton d'urgence et de nécessité si, à l'arrière-fond, de tels événements n'avaient pas lieu. Blanchot ne se dérobe pas. Il réfléchit en écrivant, évolue, se conteste implicitement lui-même. Parfois un trait du passé transparaît, mais la plupart du temps, c'est le risque de penser qui s'exprime. Il ne déserte son époque, même si la tentation du désespoir existe. Cette époque, il la pense avec une autonomie farouche, affirmant la dignité et la liberté de la littérature. Même si, en même temps, il juge cette dignité dérisoire, impuissante. Ainsi, semaine après semaine, à propos d'auteurs anciens - de Dante et Rabelais à Montesquieu, de Sainte-Beuve à Huysmans et Bloy - ou des nombreux livres formant l'actualité éditoriale, Blanchot accomplit superbement sa tâche critique. Il n'est pas de plus belle leçon de littérature que celle qui consone avec un tel "temps de détresse".


  • La revue de presse Fabrice Hadjadj - Le Figaro du 25 octobre 2007

Michel Foucault avouait dans un entretien : «Je rêvais d'être Blanchot.» Richard Millet le représente comme un «veilleur définitif, exemplaire». Il ne s'agit donc pas ici d'exhumer un texte à scandale pour remettre en cause une vénération légitime. Il s'agit plutôt de se laisser interroger plus avant par le parcours d'un homme que ses épigones ont trop vite fait de ramener à quelque grand prêtre du livre à venir...
Les admirables chroniques des années 1941-1944 témoignent de son premier retournement. Elles parurent dans Le Journal des débats, alors maréchaliste et de plus en plus hitlérien. Blanchot y dépose chaque semaine des recensions d'une grande acuité littéraire sur Michaux, Jarry, Bloy, Dhôtel...
Si la littérature offre une résistance, ce n'est jamais directement dans le champ politique, mais indirectement, en s'élevant au-dessus de lui. Les errances de Blanchot nous en avertissent et lui confèrent une nouvelle grandeur, celle de rassembler en lui toutes les contradictions des lettres françaises au XXe siècle, d'un extrême à l'autre, et de l'engagement le plus féroce au plus extrême détachement.


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