Auteur : Daniel Marcelli
Date de saisie : 26/10/2007
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Hachette Littératures, Paris, France
Collection : Ca reste à prouver
Prix : 13.00 € / 85.27 F
ISBN : 978-2-01-237255-9
GENCOD : 9782012372559
Sorti le : 17/10/2007
Daniel Marcelli
avec Pascale Leroy
C'EST EN DISANT NON QU'ON S'AFFIRME...
Dire «non» est essentiel pour se différencier et s'affirmer. Mais à trop dire non, on risque de s'enfermer dans un refus systématique et de se couper des autres, considérés comme autant d'entraves à ses désirs. Pour se construire, l'être humain a aussi besoin de s'identifier et de dire «oui».
Chef du service de psychiatrie infanto-juvénile du CHU de Poitiers, professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, Daniel Marcelli est l'auteur de plusieurs ouvrages dont L'Enfant, chef de la famille (Albin Michel).
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Introduction :
Autrefois (est-ce si lointain que cela nous semble la préhistoire ?), éducation rimait avec autorité, obéissance et soumission. Dire non était alors réservé aux parents. Ce «non» posait les limites et les interdits auxquels l'enfant avait le devoir de se soumettre en baissant les yeux et sans discuter. Lui n'avait pas voix au chapitre.
Aujourd'hui, éducation rime avec négociation. Reconnu dès son plus jeune âge comme une personne à part entière, l'enfant a des droits, notamment celui de s'opposer. Un droit que les parents respectent au point parfois d'hésiter à exprimer encore le «non» de l'interdit.
Pourquoi cette difficulté ? Parce qu'on l'a dit, répété, «c'est en disant non qu'on s'affirme» ! Dans ces conditions, nul ne songerait à brider le petit d'homme dans son affirmation de soi, gage d'épanouissement et de réussite au sein d'une société qui prône les valeurs individuelles de différenciation.
Certes, pouvoir dire non et être entendu dans cette opposition est bien une condition nécessaire à la reconnaissance de soi en tant que sujet. Mais est-ce une condition suffisante pour permettre à l'enfant de trouver les bases de son identité ?
Devenir un individu libre et autonome apparaît comme un idéal respectable ; encore faut-il que cette revendication d'individualité et de singularité n'empêche pas la reconnaissance de l'autre, aboutissant à nier l'importance des relations sans lesquelles l'être humain ne peut pas exister. Or, à force de vouloir s'affirmer et se différencier à tout prix, les individus rois risquent de finir seuls en leur royaume, privés de liens considérés comme autant d'entraves à leurs désirs.
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