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Autour de l'oeuvre de J.M. Benet i Jornet La chambre de l'enfant : quatre études et un entretien

Couverture du livre Autour de l'oeuvre de J.M. Benet i Jornet La chambre de l'enfant : quatre études et un entretien

Auteur : Seine-Saint-Denis) Equipe internationale de recherche sur les interférences des codes de création-TRAVERSES (Saint-Denis

Date de saisie : 24/10/2007

Genre : Sciences humaines et sociales

Editeur : Ed. de l'Amandier, Paris, France

Collection : Etude

Prix : 12.00 € / 78.71 F

ISBN : 978-2-35516-026-4

GENCOD : 9782355160264

Sorti le : 09/10/2007


  • La présentation de l'éditeur

Cet ouvrage rend compte de la réflexion conduite au cours d'une Journée d'Études organisée en janvier dernier par l'équipe de recherche Traverses (Université Paris 8), et consacrée à La Chambre de l'enfant, la pièce de Benet i Jornet programmée à l'Agrégation d'espagnol (option catalan).
Au cours de cette journée sont intervenus différents spécialistes de la question concernés par la préparation à cette épreuve.
Au-delà de cette finalité première, le livre constitue surtout le premier volet d'un travail sur le théâtre catalan contemporain, qui s'est poursuivi par une étude de l'oeuvre de Jordi Galceran qui sera publiée ultérieurement.

La Chambre de l'enfant (Éditions de l'Amandier).

Un couple jeune sympathique et amoureux se prépare à célébrer l'anniversaire de leur fils. Alors qu'ils font des conjectures sur son futur immédiat, pendant qu'ils s'embrassent, se produit un incident fortuit avec l'enfant. À partir de ce moment, rien apparemment ne sera plus comme avant. La matinée lumineuse de la première partie cédera le pas à la soirée et à la nuit de la seconde partie. Rapidement, cette atmosphère de bonheur que l'on ressentait se délite, s'évanouit, devient sombre, irrespirable, pour laisser la place à une histoire de plus en plus inquiétante...





  • Les premières lignes

Parler de théâtre pose d'entrée de jeu le problème de la transmission et convoque les différents codes de la création, à commencer par le truchement linguistique. C'est dire que la démarche traversière ne pouvait esquiver cette confluence; c'est comprendre aussi et justifier notre propos. Pluriel, l'art dramatique, certes, dans la mesure où, au départ, il est toujours question de texte même s'il n'est pas écrit, du moins en lettres, mais aussi que ce qu'il prétend dire se donne, dans le même temps, à entendre et à voir. Ce qui suppose de faire appel à différents langages.
L'intérêt de l'équipe Traverses pour les arts performatifs et leur médium est constant. Plusieurs séminaires, différentes publications ont abordé ce thème. Ont été ainsi observés le fonctionnement du texte théâtral, sa mise en oeuvre, l'intervention de la voix, du geste, la gestion de l'espace. Dans le cadre des «études catalanes» une Journée de réflexion a été organisée en janvier 2006, consacrée au théâtre catalan contemporain, thème qui conjuguait plusieurs intérêts : poursuivre la réflexion sur les différentes modalités de l'écriture, retrouver le domaine catalan, toujours au coeur de la problématique traversière, et rejoindre des propositions programmatiques actuelles. Il ne pouvait être question, en quelques heures pour denses qu'elles fussent, de dresser un panorama complet de la création théâtrale de langue catalane. Le propos était plutôt d'observer, par une approche affinée, ce que l'on peut appeler la spécificité du théâtre catalan contemporain, sa poétique propre, d'abord parce qu'elle implique une conception du langage, une réflexion sur la possible communication, mais aussi parce qu'il se dégage de l'extrême variété des oeuvres de création de ce domaine, des structures et des thématiques récurrentes. Sans oublier la nécessaire et exigeante réponse imposée par des circonstances historiques et sociales précises, ce qui débouche sur la prise en compte d'oeuvres particulièrement pertinentes. L'oeuvre dramatique et son discours, pratique sociale par les énoncés d'une langue et l'exposition de thèmes en partage, cimente le corps social qui le produit. L'oeuvre qui échappe ainsi à la solitude de la seule lecture est donnée à voir, à entendre, même si elle parle de non-communication. Est-elle, cette oeuvre dramatique, ouverture sur le monde, re-présentation du réel, fenêtre ouverte et/ou miroir ? On reprendrait volontiers ici, pour l'appliquer à notre sujet, le commentaire de Pascal Quignard retrouvant, par l'étymologie des termes du théâtre, le sens de ce qui est, de nos jours resté cérémonie et, toujours, relève d'un «culte» partagé :

Alors théatron voulait dire «lieu d'où on regarde». Alors orchestra voulait dire «lieu où on danse». Alors skéné désignait la cabane de bois où on change de masque ou de costume. C'est le lieu de la mue... Les Grecs appelaient cela «théâtre», «lieu du regard», parce que lors de cette cérémonie du chant de bouc toute la population du village se dédoublait entre le choeur et elle-même et elle se parlait à elle-même, elle se contemplait».

Formulation applicable, plus qu'à une autre peut-être, à la société catalane, privée en quelque sotte de tradition en la matière.


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