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Mille soleils splendides

Couverture du livre Mille soleils splendides

Auteur : Khaled Hosseini

Traducteur : Valérie Bourgeois

Date de saisie : 21/02/2008

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Belfond, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 21.00 € / 137.75 F

ISBN : 978-2-7144-4327-4

GENCOD : 9782714443274

Sorti le : 18/10/2007


  • La présentation de l'éditeur

Après l'immense succès des Cerfs-volants de Kaboul : le nouveau roman de Khaled Hosseini. Sur fond de chaos et de violence dans un Afghanistan déchiré par cinquante ans de conflits, l'histoire bouleversante de deux femmes dont les destins s'entremêlent, un chant d'amour poignant à une terre sacrifiée et à une ville : Kaboul.

Forcée d'épouser un homme de trente ans son aîné, Mariam ne parvient pas à lui donner un fils. Après dix-huit années de soumission à cet homme brutal, elle doit endurer une nouvelle épreuve : l'arrivée sous son propre toit de Laila, une petite voisine de quatorze ans. Enceinte, Laila met au monde une fille. D'abord rongée par la jalousie, Mariam va finir par trouver une alliée en sa rivale. Toutes deux victimes de la violence et de la misogynie de leur mari, elles vont unir leur courage pour tenter de fuir l'Afghanistan.

Mais parviendront-elles jamais à s'arracher à cette terre afghane sacrifiée, et à leur ville, Kaboul, celle qui dissimulait autrefois derrière ses murs «mille soleils splendides» ?

Traduit de l'américain par Valérie Bourgeois.

«Comme Les Cerfs-volants de Kaboul, Mille Soleils splendides tente de montrer les répercussions que l'histoire violente de l'Afghanistan a pu avoir sur une poignée d'individus - répercussions qui s'achèvent par la mort d'un des personnages sous l'enfer des talibans, et la promesse d'une nouvelle vie pour l'autre. Et comme dans Les Cerfs-volants de Kaboul, on trouve dans le nouveau roman de Khaled Hosseini des scènes bouleversantes à vous fendre le coeur. [...] Khaled Hosseini a créé des personnages qui ont la simplicité et le caractère entier des figures de contes de fées. La sympathie qu'il fait naître à leur égard provient moins de leurs personnalités que des épreuves qu'ils doivent traverser : familles malheureuses, mariages forcés, gouvernements oppressifs et répression culturelle et morale. [...] Les talents de conteur de Khaled Hosseini emportent à nouveau le lecteur. L'auteur réussit à rendre palpable la réalité émotionnelle des existences de Mariam et de Laïla. En faisant surgir comme par magie la routine de leur survie au jour le jour, Khaled Hosseini parvient à nous faire saisir ce qu'était de la vie quotidienne à Kaboul - avant et pendant le règne écrasant des talibans.»

Michiko Kakutani, New York Times



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  • La revue de presse Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 21 février 2008

Mille Soleils splendides surfe sur la réussite des Cerfs-Volants, qui se vend toujours bien, d'autant que la sortie du film l'a relancé. Mais pourquoi ce récit séduit-il, alors qu'il existe de nombreux ouvrages traitant de l'Afghanistan ? Parce que Khaled Hosseini use du registre romanesque, qui rend plus vivante toute histoire; ici, les dialogues apportent beaucoup. Cela permet aux lecteurs d'entrer en empathie avec les héroïnes, ce que n'autorise pas un essai, si bon soit-il. L'éditeur estime également que la plume joue un rôle : «C'est écrit simplement, mais avec un vrai talent de conteur.»


  • La revue de presse Jean-Sébastien Stehli - L'Express du 1er novembre 2007

Le livre - qui doit son titre à un poète persan du xviie siècle - est sorti au printemps dernier aux Etats-Unis. Ce récit, qui couvre quarante-cinq ans de l'histoire de l'Afghanistan, réussit à faire tenir en équilibre ce qui relève de l'intime - la vie de Laila et de Mariam - et de l'Histoire. Mille Soleils splendides est immédiatement devenu un best-seller.



  • Les premières lignes

MARIAM AVAIT CINQ ANS LORSQU'ELLE ENTENDIT LE MOT harami pour la première fois.
Cela se passa un jeudi. Il n'y avait presque aucun doute là-dessus, parce qu'elle se souvenait qu'elle avait été agitée et préoccupée juste avant - comme tous les jeudis, jour où Jalil lui rendait visite à la kolba. Afin de s'occuper en attendant le moment où elle le verrait enfin s'avancer dans les herbes hautes de la clairière, une main levée en guise de salut, Mariam avait grimpé sur une chaise pour attraper sur une étagère le service à thé chinois en porcelaine bleue et blanche. C'était tout ce que ta grand-mère avait laissé à sa mère Nana avant de mourir quand celle-ci avait deux ans. Nana en chérissait toutes les pièces et s'extasiait aussi bien devant la courbe gracieuse du bec de la théière que devant les pinsons et les chrysanthèmes peints à la main, ou encore le dragon sur le sucrier, destiné à écarter le mauvais oeil.
Ce fut ce dernier que Mariam laissa échapper, et qui se brisa sur le plancher de la kolba.
Nana devint toute rouge. Sa lèvre supérieure tremblota et ses yeux - le bon comme celui qui voyait mal - fixèrent sa fille sans ciller. Elle avait l'air si folle de rage que Mariam craignit que le djinn ne s'empare de nouveau d'elle. Mais il ne vint pas. Pas cette fois en tout cas. À la place, Nana l'attrapa par les poignets pour l'attirer vers elle.
- Espèce d'empotée ! C'est ça, ma récompense pour tout ce que j'ai enduré ? Une sale petite harami qui me casse tout ce que j'ai de précieux ?
Sur le coup, Mariam ne comprit pas. Elle ignorait alors que harami signifiait bâtarde. De même, elle était encore trop petite pour éprouver l'injustice d'une telle injure et pour objecter que ce sont les parents d'un enfant illégitime qui sont à blâmer, et non l'enfant lui-même - lui dont le seul tort est d'être né. Pour autant, elle devina sans peine qu'une harami était quelque chose de répugnant, de laid. Un peu à l'image des cafards que sa mère jetait sans cesse hors de la kolba en pestant.
Ce n'est que plus tard, lorsqu'elle fut devenue grande, que Mariam comprit. La manière dont Nana lui crachait parfois cette insulte à la figure lui en faisait ressentir toute la cruauté, et elle finit par saisir qu'une harami était quelqu'un de non désiré, qui n'aurait jamais droit comme les autres à une famille, une maison, et à l'amour et à l'approbation des gens.
Jalil, lui, ne la traitait jamais ainsi. Il la surnommait sa petite fleur et aimait l'asseoir sur ses genoux pour lui raconter des histoires, par exemple celle d'Herat, la ville où elle était née en 1959, et qui avait été le berceau de la culture persane, abritant nombre d'écrivains, de peintres et de maîtres soufis.
- Là-bas, on ne pouvait pas étendre une jambe sans risquer de botter les fesses à un poète, plaisantait-il.
Il lui parla aussi de la reine Gauhar Shad, celle qui avait fait construire les célèbres minarets d'Herat au XVe siècle. Il lui décrivit les champs de blé vert qui entouraient la ville, les vergers, les vignes lourdes de grappes juteuses, les bazars bondés de monde.
- Il y a aussi un pistachier, lui dit-il un jour, au pied duquel est enterré le grand poète Jami. (Puis, se penchant vers elle, il poursuivit à voix basse :) Jami a vécu là il y a plus de cinq cents ans, Mariam jo. Je t'assure. Je t'ai emmenée voir cet arbre une fois. Mais tu étais toute petite, tu ne t'en souviens pas.
C'était vrai. Elle ne s'en souvenait pas du tout. Et alors même qu'elle devait passer ses quinze premières années juste à côté d'Herat, Mariam ne vit jamais ce fameux pistachier - pas plus qu'elle ne vit de près les célèbres minarets, qu'elle ne cueillit de fruits dans les vergers ou qu'elle ne se promena dans les champs de blé. Mais chaque fois que Jalil s'adressait à elle sur ce ton, elle buvait ses paroles avec émerveillement, admirative devant l'étendue de ses connaissances. Elle éprouvait alors un frisson de fierté à l'idée d'avoir un père qui savait autant de choses.


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