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Volcans

Couverture du livre Volcans

Auteur : Jacques-Marie Bardintzeff

Illustrateur : photographies d'Olivier Grunewald

Date de saisie : 21/10/2007

Genre : Sciences et Technologies

Editeur : Chêne, Paris, France

Prix : 39.90 € / 261.73 F

ISBN : 2-84277-707-7

GENCOD : 9782842777074

Sorti le : 10/10/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Sur les 1 500 volcans actifs dans le monde, une dizaine répand chaque jour des matières issues des entrailles de la Terre, offrant un spectacle qui ne cesse de fasciner les hommes. Cet ouvrage évoque la genèse de la Terre et le déchaînement des forces souterraines. Le volcanologue Jacques-Marie Bardintzeff et le photographe Olivier Grunewald nous font découvrir la diversité de l'activité volcanique : des feux d'artifice stromboliens aux redoutables nuées ardentes, des géants endormis creusés de cratères tourmentés aux draperies élégantes des coulées refroidies, des solfatares multicolores aux relents bouillonnants et sulfureux des geysers. Après avoir passé des années au contact de cet univers chaotique, ils nous font aujourd'hui partager leur passion et rendent un fabuleux hommage aux beautés diaboliques de la Nature.

Jacques-Marie Bardintzeff, volcanologue, est professeur à l'université Paris-Sud Orsay et à l'université de Cergy-Pontoise. Au cours des vingt dernières années, il a parcouru le globe de volcans en cratères et a expertisé de nombreuses éruptions. Ses travaux de recherche scientifique portent sur l'évolution des magmas, les dynamismes éruptifs et les risques naturels associés. Ils ont été couronnés par le prix Furon de la Société géologique de France, par l'Académie bulgare des sciences et par le A d'or de l'Aventure aux Angles. Il est le directeur de la publication de la revue Géochronique, et l'auteur d'une douzaine de livres, scientifiques ou pour le grand public, traduits en plusieurs langues, ainsi que de nombreuses vidéos et CD-rom pédagogiques.

Olivier Grunewald est photographe. Depuis plus de vingt ans, il poursuit un seul objectif : photographier la nature à l'état brut et capter le monde comme au premier jour de sa création. Avec une patience infinie, il attend les éclairages exceptionnels, magiques ou fugaces, qui magnifient les paysages. La photographie est pour lui autant un but qu'un prétexte. Elle lui permet de vivre des aventures hors du temps, comme sur les volcans en éruption qu'il arpente depuis dix ans. Avec sa compagne Bernadette Gilbertas, journaliste, il est l'auteur de plusieurs livres et de nombreux reportages publiés en France et à l'étranger, notamment dans National Géographie, Life, Géo, Grands Reportages le Figaro Magazine... Leurs reportages sur les tortues luths, les aurores boréales et les volcans du Kamtchatka ont été primés au World Press. Son travail est régulièrement distingué par le Wildlife Photographer of the Year, concours organisé par la BBC.





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

LA TERRE, PLANÈTE VIVANTE

La planète Terre nous semble immuable et immortelle ! En fait, née il y a 4,6 milliards d'années, elle vit et se modifie chaque jour... à son rythme géologique. En quelques centaines de millions d'années, des océans s'ouvrent, des montagnes s'élèvent alors que d'autres s'érodent. Parfois, la nature semble brusquement en colère, lorsque se produisent des tremblements de terre, des glissements de terrain ou des éruptions volcaniques.
Les volcans, montagnes bien particulières, dangereuses mais fascinantes, constituent les meilleurs témoins de l'activité de la Terre. Ce sont aussi autant de «lucarnes» qui permettent aux scientifiques de mieux connaître et comprendre l'intérieur de la planète. La Terre a un rayon moyen de 6 370 kilomètres. On compare souvent sa structure à celle d'un oeuf. La croûte (la «coquille»), superficielle, a une épaisseur moyenne de 30 kilomètres, qui se réduit à moins de 10 sous les océans mais s'épaissit jusqu'à 70 kilomètres sous les chaînes de montagnes. La croûte est en contact direct avec l'eau des mers et des océans (l'hydrosphère) et l'air (l'atmosphère). En dessous, le manteau (le «blanc» de l'oeuf), intermédiaire, épais d'environ 2 900 kilomètres est la partie de la planète la plus importante en volume. La croûte et le manteau sont constitués de silicates, minéraux riches en silicium. Enfin, le noyau (le «jaune»), central, a un diamètre de l'ordre de 3 500 kilomètres, et est composé d'une partie externe et d'une partie interne. Constitué de fer et de nickel, il est très chaud et très dense (densité de 12, c'est-à-dire 12 fois plus que l'eau). Les discontinuités entre croûte, manteau et noyau ont été mises en évidence par l'enregistrement d'ondes sismiques, qui se reflètent sur celles-ci. Historiquement, c'est le Croate Mohorovic qui le premier découvrit, en 1909, la limite croûte-manteau, qui depuis porte son nom ou plus simplement «Moho».
On estime la température centrale de la Terre à 5 000 degrés. Cette valeur est bien supérieure à celle de la fusion des roches en surface, de l'ordre de 1 000 degrés. Cependant, la pression y est considérable et elle s'oppose à la fusion. Si bien que le globe terrestre est essentiellement solide ! Seul le noyau externe (profondeur entre 2 900 et 5 100 kilomètres) reste liquide mais sans aucune relation avec la surface. D'où provient donc le magmatisme ?

Le feu souterrain

Une couche bien particulière, de quelques kilomètres d'épaisseur, est repérée dans le manteau, à une profondeur d'une centaine de kilomètres. Les géophysiciens l'ont baptisée «zone à moindre vitesse» (LVZ en anglais pour Low Velocity Zone) car elle ralentit les ondes sismiques. À ce niveau, les effets de la pression et de la température se compensent presque : la matière très partiellement fondue (moins de 1 % à l'état liquide) explique les anomalies sismiques observées. La zone à moindre vitesse, d'importance majeure, constitue une limite entre la lithosphère au-dessus (qui comporte la croûte et une partie du manteau) et l'asthénosphère en dessous. La lithosphère est mobile par rapport à l'asthénosphère sous-jacente, à des vitesses de quelques centimètres par an, en liaison avec l'énergie libérée par la Terre. Elle se fragmente, en gigantesques éléments, de plusieurs milliers de kilomètres de long et d'une centaine de kilomètres d'épaisseur, appelés plaques. Celles-ci se déplacent les unes par rapport aux autres, en s'éloignant ou en se rapprochant : c'est la tectonique des plaques. On distingue sept plaques majeures (Eurasie, Afrique, Amérique du Nord, Amérique du Sud, Inde-Australie, Pacifique, Antarctique) et plusieurs plus petites (par exemple Caraïbes et Scotia dans l'Atlantique, Philippines, Cocos et Nazca dans le Pacifique). Les frontières de plaques constituent des zones privilégiées pour les volcans. Les plaques entraînent les continents, d'où la notion de «dérive des continents». Cette première théorie avait été élaborée et bien développée dès 1912 par Alfred Wegener, géologue, géophysicien et météorologue. Il avait en effet remarqué des identités pétrographiques (roches identiques) et paléontologiques (mêmes fossiles) en Afrique et en Amérique du Sud, de part et d'autre de l'Atlantique, laissant supposer que ces deux continents avaient été jadis soudés, comme leurs formes complémentaires le montrent encore. Par ailleurs, des fossiles de fougères, typiques d'un climat chaud, découverts dans l'Antarctique, démontraient la migration de ce continent depuis des latitudes tropicales. Des laves anciennes, qui avaient en quelque sorte fossilisé le champ magnétique de l'époque (paléomagnétisme) lors de leurs refroidissements, permettaient de retrouver les anciens pôles magnétiques et de retracer le chemin de la dérive.


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