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Saha, voyage d'un chef à travers 150 recettes du Liban et de la Syrie

Couverture du livre Saha, voyage d'un chef à travers 150 recettes du Liban et de la Syrie

Auteur : Greg Malouf | Lucy Malouf

Illustrateur : photographies de Matt Harvey

Traducteur : Jean-René Dastugue

Date de saisie : 20/10/2007

Genre : Cuisine, Gastronomie, Vins

Editeur : Ed. du Rouergue, Rodez, France

Prix : 39.00 € / 255.82 F

ISBN : 978-2-84156-879-6

GENCOD : 9782841568796

Sorti le : 24/10/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Saha : une bénédiction, un voeu, un souhait, mais aussi un toast de bonne santé.

Cuisinier de renommée internationale, Greg Malouf, a grandi en Australie, dans une famille d'origine libanaise où, comme souvent dans les communautés expatriées, la nostalgie de la terre natale s'exprime à travers la nourriture que l'on y cuisine. Son enfance a été bercée par les conversations de plusieurs générations de femmes affairées autour des plats traditionnels, tels qu'on les confectionne au pays depuis des siècles.

Dans Saha, Greg, accompagné de Lucy, voyage sur la terre de ses ancêtres, dans la richesse des paysages du Liban et de la Syrie, récoltant des recettes traditionnelles dont les origines remontent à des cultures vieilles de plusieurs milliers d'années, et mettant au jour de nouveaux délices culinaires. Saha, c'est aussi le récit d'un voyage à travers deux pays étonnants de beauté, dont l'un, le Liban, reste durablement blessé par les guerres et les divisions et l'autre, la Syrie, désespérément replié sur lui-même. Pourtant, Greg et Lucy explorent les villes et les villages. Ils y font des rencontres magnifiques et sont accueillis dans des maisons où les pêcheurs, les apiculteurs, les boulangers, les distillateurs d'arak, les vignerons et les femmes gardiennes des traditions les invitent à partager des histoires passionnantes, l'amour de leur pays, leur foi en l'avenir et, bien sûr, une nourriture généreuse.

Dans Saha, les recettes sont aussi riches et diverses que les régions parcourues : comme le poulet cuit à la braise à la manière d'Alep, l'agneau préparé en cuisson lente accompagné d'une pâte aux poivrons rouges et à la grenade, la simple soupe de bédouin au citron, aux lentilles et aux épinards ou la tarte au sésame avec une mousse aux baies et à la rose...

150 recettes toutes plus savoureuses les unes que les autres. Un voyage humain et gastronomique au sein de populations qui, malgré un contexte difficile, cultivent l'art de vivre et de partager.

Greg Malouf est né en Australie, de parents libanais. Il a fait son apprentissage dans les plus grands restaurants australiens et son travail l'a mené tout autour du globe : France, Italie, Autriche, Angleterre et Hong-Kong. Il s'est ainsi forgé un style de cuisine unique qui marie la tradition du Moyen-Orient avec l'inspiration contemporaine. Il est le chef du restaurant M0M0 à Sydney. Sous sa direction, cet établissement a acquis une réputation incontestée auprès des gastronomes et des critiques nationaux et internationaux.

Lucy Malouf, écrivain et éditeur, vit à Melbourne où elle a travaillé comme éditeur indépendant et comme consultant littéraire pour plusieurs grandes maisons australiennes. Elle a également publié de nombreux articles et critiques dans les principaux Journaux, guides gastronomiques et magazines australiens.





  • Les premières lignes

«Bienvenue à Beyrouth», nous dit l'employé de l'immigration, tout sourire, «Bienvenue au Liban».
C'est un accueil bien différent de celui qui nous fut fait lors de notre première visite. Il y a onze ans, la première vision que nous avions eue au moment de l'atterrissage était celle de soldats patibulaires entourant l'avion, AK-47 à la main et prêts à faire feu. Nous avions été mis sur le gril par les fonctionnaires de l'aéroport sur la raison de notre visite, et Greg s'était fait passer un sérieux savon en raison de ses lacunes en arabe.
À cette époque, nos impressions dominantes au sujet de Beyrouth furent celles d'une cité plongée dans un chaos complet, et la dévastation causée par quinze ans de guerre civile était étrangement fascinante et grotesque. Nous avions circulé dans le centre de Beyrouth en ruine dans un état d'hébétude, consternés par la vision d'hôtels, autrefois élégants, criblés d'énormes impacts de mortier, d'immeubles de bureaux aux niveaux effondrés les uns sur les autres, du haut jusqu'en i bas, comme un château de cartes, d'immeubles d'habitations aux murs soufflés par les explosions, mettant au jour les pitoyables campements improvisés des sans-abri les squattant. Aujourd'hui, notre première impression est bien différente. Oublié l'aéroport miteux et mal fichu ; à la place se trouve un complexe imposant et reluisant. Les soldats et leurs mitraillettes semblent avoir disparu, remplacés par des hommes nous faisant signe de passer avec des mots de f bienvenue et un salut de la tête. Nous sommes rejoints par Amal et son cousin Sami puis conduits vers le centre-ville en empruntant la vaste autoroute récemment construite. Il n'y a aucun nid de poule, aucun tas d'ordures le long de la route, pas de barrages tenus par un duo de soldats libanais et syrien de mauvaise humeur. En dix minutes nous parvenons à destination.

Beyrouth est perchée sur un promontoire rocheux surplombant la côte est de la Méditerranée, et adossée aux sommets déchiquetés des montagnes libanaises. C'est une cité antique - elle fut fondée par les Phéniciens vers 3000 av. J.-C. - et sa situation favorable, au point de rencontre de trois continents, l'a marquée de l'empreinte de nombreuses civilisations. Au long des millénaires, les Grecs, les Romains, les Byzantins, les Arabes, les croisés, les Mamelouks et les Ottomans ont tous fait valoir leurs droits sur la cité.
Au XIXe siècle, Beyrouth était un centre majeur de la culture et de l'enseignement arabes et, au début du siècle dernier, elle était devenue le centre commercial et financier du monde arabe. Dans les années 1950, elle était réputée pour être la ville la plus européenne du Moyen-Orient, un terrain de jeu brillant de mille feux destiné aux privilégiés de la planète qui affluaient ici pour bronzer la journée dans des stations balnéaires à la mode et passer la nuit dans les casinos et les boîtes de nuit. Bien sûr, tout cela se déroulait au bon vieux temps, avant que le pays ne se déchire dans une guerre civile qui durera quinze longues années, pour se terminer en 1991.


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