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Juger la guerre, juger l'histoire : du bon usage des Commissions vérité et de la justice internationale

Couverture du livre Juger la guerre, juger l'histoire : du bon usage des Commissions vérité et de la justice internationale

Auteur : Pierre Hazan

Date de saisie : 20/12/2007

Genre : Sciences humaines et sociales

Editeur : PUF, Paris, France

Prix : 23.00 € / 150.87 F

ISBN : 978-2-13-055078-5

GENCOD : 9782130550785

Sorti le : 24/09/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Comment une société se reconstruit-elle après une dictature ou des crimes de masse ? Pendant des siècles, la principale réponse fut celle de l'amnistie et du silence.
Pierre Hazan examine ici le renversement de stratégie qui s'est produit avec les tribunaux de Nuremberg et qui s'est accéléré depuis la fin de la guerre froide. Désormais, ce n'est plus le silence, mais la parole qui est censée guérir les plaies de l'histoire avec les commissions Vérité, les tribunaux pénaux et les lois mémorielles. Mais quel est l'impact de ces politiques de réconciliation ? L'auteur dresse ici un premier bilan de la justice transitionnelle.
II analyse, en particulier, la conférence diplomatique de Durban, qui entendait guérir les blessures nées de l'esclavage et de la colonisation, la commission Vérité du Maroc, la première à naître dans le monde arabo-islamique, et les poursuites engagées en Afrique par la Cour pénale internationale. Cet ouvrage montre comment cette révolution juridique, politique et culturelle mobilise les énergies et suscite l'espoir de refonder des sociétés.
Décryptant les tensions générées par ces nouvelles politiques de réconciliation (en particulier, la recherche simultanée de la paix et de la justice), les dangers qui les guettent (la sacralisation de la victime, la guerre des mémoires), et parfois leurs dérives, l'auteur met en évidence comment ces stratégies mémorielles ont intensifié le vaste chantier d'exigence de reconnaissance des victimes, réaménageant notre rapport au passé et affectant nos choix politiques présents.

Diplômé du Centre d'études stratégiques (Aberdeen) et docteur ès sciences politiques de l'université de Genève, correspondant diplomatique, spécialiste de l'humanitaire et des droits de l'homme pour Libération (Paris) et Le Temps (Genève), Pierre Hazan a été le témoin attentif de nombreux conflits (ex-Yougoslavie, Rwanda, Proche-Orient...). Récemment chercheur associé à la Harvard Law School, puis au United States Institute of Peace à Washington D. C., il a notamment publié La justice face à la guerre (Paris, Stock, 2000).





  • La revue de presse Pascal Bruckner - Le Nouvel Observateur du 20 décembre 2007

Nous promenant sur tous les fronts sanglants de la planète, Pierre Hazan tente un bilan tout en nuances de ce qu'on a appelé la justice transitionnelle : celle qui concerne les nations passant du chaos à l'Etat de droit (Argentine, Chili, Sierra Leone, Rwanda, Maroc)...
Pierre Hazan nous offre ici la synthèse la plus intelligente qu'il nous ait été donné de lire sur les politiques du repentir. Il détaille avec minutie les boîtes à outils juridiques grâce auxquelles les hommes d'aujourd'hui affrontent les pages sombres de leur histoire et tentent de convertir le fardeau du passé en allié. Du double échec de la justice pénale internationale et de la justice restauratrice, il ne tire pas une condamnation tranchée. Il en appelle au contraire à leur combinaison, à leurs effets cumulés pour sortir du double piège de la culpabilité taraudante et de la concurrence victimaire.


  • La revue de presse Alexandra Laignel-Lavastine - Le Monde du 19 octobre 2007

L'approche est ici doublement pertinente. D'abord parce que Pierre Hazan a eu la bonne idée d'historiciser cette montée en puissance de la justice internationale, dont il montre de façon très éclairante comment elle s'est constituée par strates successives...
Pierre Hazan n'a cependant rien d'un observateur naïf, et c'est aussi ce qui fait la force de sa réflexion sur les limites et les contradictions de cette nouvelle économie de la responsabilité. On y trouvera notamment une remarquable analyse de la conférence de Durban (2001), organisée sous l'égide de l'ONU, sans doute la tentative la plus ambitieuse jamais entreprise à l'échelle planétaire pour pacifier la mémoire des crimes de masse, en particulier ceux liés à l'esclavage et à la colonisation...
Fragiles, limités et en permanence exposés aux risques de la manipulation politique, les effets de la justice transitionnelle, "même amputés du rêve de démocratisation qui la portait initialement", n'en constituent pas moins, aux yeux de Pierre Hazan, "une rare source d'espoir". Peut-être même notre dernière utopie.


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