Auteur : Benjamin R. Barber
Date de saisie : 02/11/2007
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Fayard, Paris, France
Collection : Documents
Prix : 23.00 € / 150.87 F
ISBN : 978-2-213-63248-3
GENCOD : 9782213632483
Sorti le : 17/10/2007
Consommateurs ou citoyens ? D'ordinaire, les deux termes ne sont pas jugés antagoniques.
Benjamin Barber démontre qu'ils le sont. Car le capitalisme a radicalement changé. S'il a pu être historiquement associé à des vertus qui ont aussi contribué à fonder la démocratie, il est aujourd'hui lié à des vices qui la détruisent. L'" éthique protestante" de Max Weber, qui privilégiait le travail, l'épargne, la vie simple, la probité, la responsabilité et une économie oeuvrant à la satisfaction de vrais besoins, s'est muée en son contraire : un "éthos infantiliste" qui glorifie la consommation, la superficialité et la dépense inutile pour assouvir de faux besoins.
Les ex-citoyens sont transformés en grands enfants, tandis que les vrais enfants et les adolescents deviennent l'épicentre et la cible privilégiée du marketing. Benjamin Barber étudie sous divers angles cette régression culturelle, insistant notamment sur les progrès extravagants d'une privatisation qui dynamite le contrat social et n'épargne même plus les fonctions régaliennes de l'État, comme la police et l'armée, ou encore sur la création d'identités factices autour des marques.
Comment en finir avec cette éclipse de la démocratie, avec cette vie publique "schizophrénique" ? Pour l'auteur, ce n'est pas en essayant de miner le capitalisme consumériste de l'intérieur, en tant que consommateurs, ni en tentant de le brider, comme autrefois, dans le cadre devenu étriqué d'un État national. Le remède aux maux qui accablent la démocratie au sein des nations, c'est plus de démocratie entre les nations, et une action citoyenne mondiale.
Benjamin Barber est professeur de sciences politiques à l'université du Maryland, spécialiste de la société civile (chaire Gershon et Carol Kekst), et "Distinguished Senior Fellow" à l'institut de recherche Demos, de New York, où il réside. Parmi ses publications traduites en français : Djihad versus McWorld (Desclée de Brouwer, 1996), best-seller traduit dans une dizaine de langues, et L'Empire de la peur (Fayard, 2003), qui dénonce les deux phénomènes modernes menaçant la démocratie : l'intégrisme et la mondialisation.
Dans son dernier ouvrage, cet universitaire américain - célèbre pour avoir écrit dès 1995 un livre au titre prémonitoire Djihad versus McWorld (éd. Desclée de Brouwer) - décrit cette fois Comment le capitalisme nous infantilise. La charge est violente. Selon lui, à "l'éthique protestante" du capitalisme pensée par Max Weber a succédé un véritable "ethos infantiliste". Pour survivre et vendre toujours plus, le capitalisme n'a aujourd'hui plus que deux solutions : infantiliser les adultes et transformer les enfants en consommateurs...
Disciple de Rousseau, l'auteur n'est pas très optimiste. Néanmoins, "si la dialectique a un sens, elle signifie que les consommateurs ont en eux les secrets qui peuvent les libérer du consumérisme". Entre la "créolisation" des produits mondiaux, le militantisme anticonsumériste, le microcrédit et le développement de l'entreprise citoyenne, le livre passe au crible les diverses formes de résistance possible au capitalisme dominant.
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