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La face cachée de maître Pardès

Couverture du livre La face cachée de maître Pardès

Auteur : Alain Le Ninèze

Date de saisie : 17/10/2007

Genre : Jeunesse à partir de 13 ans

Editeur : Belin jeunesse, Paris, France

Collection : Charivari

Prix : 6.50 € / 42.64 F

ISBN : 978-2-7011-4599-0

GENCOD : 9782701145990

Sorti le : 20/10/2007

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Alex est devant son jeu vidéo. Soudain, il passe de l'autre côté de l'écran. Dans cet autre monde, il découvre des animaux étranges qui le soumettent à de redoutables épreuves. Il y rencontre aussi l'extravagant Maître Pardès. Ce magicien aux deux visages est là pour le guider vers le pays de Lostword, monde mystérieux où «les livres sont effacés à force de ne pas avoir été lus»...

Quand Maître Pardès lui aura livré son secret, il est à parier que, jamais plus, Alex n'ouvrira un livre comme avant...

ALAIN LE NlNEZE est agrégé de Lettres. Inspecteur pédagogique régional de l'Académie de Paris, il consacre une partie de son temps à l'écriture. Passionné de littérature, il a l'art de la faire vivre dans ses propres textes, remarquables par leur fantaisie et leur érudition, la vraie, celle qui ne se fait pas remarquer.





  • Les premières lignes

Paul Jacopin était un as de l'informatique. Il passait son temps sur le net où il faisait toutes sortes de trucs pas très nets. Par exemple, il entrait sur le site de la CIA pour y balancer des virus. Il envoyait à Bush des mails signés Ben Laden. Du moins c'est ce qu'il racontait. Et ça marchait. Au lycée de Pantin, on l'appelait Jacopin le Hacker. Moi, je continuais à l'appeler Paul.
Je ne l'avais cru qu'à moitié lorsqu'il m'avait présenté sa dernière trouvaille. C'était un jeu vidéo japonais qu'il avait piraté sur Internet. Ce jeu pour PC, conçu par la NTT à Tokyo, s'appelait Dôbutsu-kotoba. Paul, qui l'avait adapté en français avec des amis à lui, le vendait sous le nom d'Animots & de. Il vendait son jeu très cher et se faisait ainsi plein d'argent. Le mien m'avait coûté trois cents euros. J'avais dû économiser sou par sou pour pouvoir l'acheter.
- Alex, m'avait-il dit, ce n'est pas un simple jeu vidéo. C'est tout à fait autre chose, un système génial mis au point au Japon mais interdit en France : dès que le joueur met les écouteurs spéciaux munis de capteurs sensitifs, le champ électrique de son cerveau entre en résonance avec un flux d'ondes électromagnétiques couplées à l'image et au son. Le joueur, alors, est arraché à son univers, à sa conscience, à son corps. Il entre, véritablement, à l'intérieur du monde virtuel. Il passe de l'autre côté de l'écran.

Cette nouvelle technologie, m'avait encore expliqué Paul, avait été appelée «Vidéotacton» par ses inventeurs. Ou, simplement, VT : «Vidéotacton Technology». On vendait ainsi au Japon des jeux sur DVD-VT. En France, c'était interdit par le Ministère de la Santé. Mais Paul ne croyait pas que c'était dangereux. La seule précaution à prendre, m'avait-il dit en me livrant le disque avec les écouteurs-capteurs spéciaux, c'était d'être seul. Ne jamais jouer quand les parents étaient là, telle était la règle. Une règle absolue. Il ne m'avait pas expliqué pourquoi. Je le compris lorsque j'introduisis mon DVD-VT dans le lecteur de mon ordinateur. L'écran, aussitôt, afficha un WARNING, qui clignotait en grosses lettres rouges sur fond noir. Puis apparut le texte suivant :

Les DVD-VT sont susceptibles de provoquer un état d'ectoplase. Cet état est dépourvu de risque pour la santé. Il est impératif, toutefois, de faire une pause après une heure de jeu. L'usage des DVD-VT est formellement déconseillé aux personnes souffrant d'épilepsie, d'anxiété, de nervosité ou de tendance, même modérée, aux états schizoïdes.

Suivait une longue page d'écran expliquant ce qu'était l'«ectoplase». En gros, c'était ceci : dans un DVD-VT, le joueur était si absorbé, si possédé par le jeu qu'il avait l'impression de sortir de lui-même pour entrer dans le monde virtuel. Les gens le voyaient alors plongé dans un état second, proche de l'autisme ou de la catalepsie. Ils le voyaient, en somme, comme s'il était devenu son propre ectoplasme... D'où le conseil suivant inscrit en lettres bleues dans un carré gris :

À défaut de pouvoir jouer seul dans un local clos, toujours prévenir son entourage avant d'utiliser un DVD-VT.

Je compris, en lisant cela, pourquoi Paul m'avait dit de ne pas jouer quand mes parents étaient là. La panique qu'ils auraient eue en me voyant dans cet état, eux qui s'affolaient pour un simple rhume ! Ils auraient appelé SOS-Médecin ou même, carrément, le SAMU... Quant à les prévenir avant de me mettre à jouer, cela revenait à avouer que je possédais un de ces jeux interdits. Mieux valait ne pas y songer. Paul, de toute évidence, avait raison : j'attendrais que mes parents soient absents pour jouer avec Animots & Cie.


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