Auteur : Yak Rivais
Date de saisie : 17/10/2007
Genre : Jeunesse à partir de 9 ans
Editeur : Archipoche, Paris, France
Collection : Archipoche jeunesse
Prix : 6.99 € / 45.85 F
ISBN : 978-2-35287-048-7
GENCOD : 9782352870487
Sorti le : 19/09/2007
Les enfantastiques marchent sur les murs ou les démolissent à coups de pied. Ils se démontent. Ils invitent en classe des bonhommes de neige. Ils volent l'ombre des passants. Qu'ils avalent les mots ou se baladent en fauteuil marcheur, ils mettent de l'animation dans le quartier. À déguster avant que l'enfant qui capte la lumière ne vous laisse dans le noir !
Yak Rivais est l'institAuteur qui a déclenché la vague d'ateliers d'écriture en France avec Les Sorcières sontH.R.V.e Les Contes du miroir. Ses histoires des "enfantastiques" sont fameuses...
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L'ENFANT QUI DONNAIT DES COUPS DE PIED
On parlait de la Révolution française à l'école. Arnaud leva le doigt. Il avait quelque chose d'urgent à demander. Le maître lui donna la parole.
- Pourquoi que les zens (les gens) qui étaient emprisonnés à la Bastille ne se sauvaient-ils pas ? zozota-t-il.
Eh bien, répondit M. Lebois, ils essayaient. Certains ont même réussi. Mais ce n'était guère facile.
Arnaud reprit la parole. Quand il était lancé, impossible de l'arrêter.
Ils n'avaient qu'à péter les murailles ! À leur place, moi z'aurais (j'aurais) foutu un coup de pied dans la muraille et ze (je) l'aurais crevée !
- On ne dit pas «j'aurais foutu un coup de pied», mais «j'aurais donné un coup de pied». Et de plus, fit remarquer le maître, on ne «pète» pas une muraille, on la démolit. Sans compter que je ne crois pas qu'on puisse réussir à le faire à coups de pied...
La classe s'amusait parce qu'Arnaud s'excitait. Impossible de l'empêcher de parler !
- Moi ! Moi, ma soeur, elle m'a enfermé hier dans la sombre (chambre) pendant que nos parents étaient sez (chez) des amis. Elle croyait que ze (je) ne pourrais pas sortir, mais moi z'ai (j'ai) foutu un grand coup de pied dans le mur et z'ai (j'ai) fait un trou dedans, et ze (je) suis passé à travers.
Les élèves éclatèrent de rire. Certains applaudissaient. Arnaud s'excitait, très heureux de son succès :
- Après, z'étais dans la salle de sézour et ma soeur avait aussi fermé la porte à clé. Alors z'ai foutu un autre grand coup de pied dans le mur et z'ai fait un autre trou dedans, et ze suis passé à travers !
La classe s'amusait follement, d'autant qu'Arnaud faisait semblant de donner des coups de pied en racontant son histoire. Le maître hochait la tète et souriait. Arnaud reprit en élevant la voix pour dominer les rires :
- Alors ze suis arrivé dans le couloir. Mais ma soeur avait encore fermé la porte à clé. Z^ai foutu un grand coup de pied dans le mur et & l'ai crevé comme les deux autres, et ze me suis retrouvé dans la salle de bains.
Les élèves riaient et se poussaient du coude. Le maître dit :
Tu ne crois pas que tu exagères un peu ?
- Non ! Non ! s'écria Arnaud avec fougue. Je dis la vérité !
Nouveaux éclats de rire des élèves. On entendait des réflexions :
- Quel sacré menteur ! disait Guillaume. On voyait aussi des enfants donner des coups de pied dans le vide en l'imitant :
- Alors z'ai foutu un coup de pied à la tour Eiffel et elle est tombée par terre ! ricanait Thomas.
Mais Arnaud s'était mis debout et il continuait sans se soucier du reste. Il criait plus fort que tout le monde :
- Ensuite, ma soeur avait fermé la porte de la salle de bains à clé. Alors z'ai foutu un autre grand coup de pied dans le mur et ze suis passé à travers et ze me suis retrouvé dans la sombre à cousser de mes parents.
- Ma parole ! fit entendre Christophe. Son appartement était plus percé qu'un morceau de gruyère !
- Tu vas voir qu'il va nous dire que la porte de la chambre de ses parents était fermée à clé ! ricana Guillaume en donnant un coup de coude à Victor.
- Et tu vas voir qu'il «foutra» un coup de pied dans le mur ! répliqua Victor.
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