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New York city blues

Couverture du livre New York city blues

Auteur : Jeffery Deaver

Date de saisie : 17/10/2007

Genre : Policiers

Editeur : Archipoche, Paris, France

Collection : Archipoche

Prix : 7.50 € / 49.20 F

ISBN : 978-2-35287-019-7

GENCOD : 9782352870197

Sorti le : 16/10/2007


  • La présentation de l'éditeur

Tracy Lockwood mène une double vie.

La nuit, elle se produit dans les clubs de New York. Pianiste, elle écume les cabarets où elle espère se faire remarquer, et, qui sait, signer un contrat avec une maison de disques.

Le jour, elle est assistante juridique chez Hubbard, White et Willis, l'un des cabinets d'avocats les plus en vue de Wall Street.

Au moment où des projets de fusion divisent les associés de la «firme», Mitchell Reece confie à la jeune femme une mission aussi délicate que secrète : retrouver un document qui pourrait couler le cabinet et coûter à Reece sa carrière. Début des ennuis pour Tracy, qui, elle, risque sa vie...

Tout comme l'Alice de Lewis Carroll, Tracy traverse le miroir, et découvre un univers dont elle ne soupçonnait pas la noirceur. Un thriller qui n'est pas sans rappeler l'atmosphère de La Firme (de Sydney Pollack, avec Tom Cruise et Gene Hackman).

Jeffery Deaver est né dans la banlieue de Chicago en 1950. Diplômé en droit de l'Université de Fordham, il a intégré un cabinet d'avocats de Wall Street avant de se consacrer à l'écriture. Ce maître du suspense a obtenu de nombreuses récompenses, dont un Edgar Award et le prix Ellery Queen. Douze de ses romans ont déjà été publiés en France, dont Le Désosseur (Calmann-Lévy, 1998), adapté au cinéma sous le titre de Bone Collector, avec Denzel Washington et Angelina Jolie, et, récemment, Sangs innocents (L'Archipel, 2007).





  • Les premières lignes

On l'avait prévenu que, bien qu'il fût minuit passé en cette nuit de samedi à dimanche du week-end de Thanksgiving, il était très probable qu'il y eût encore des gens dans le cabinet, avocats ou simples assistants.
Il s'était pour cette raison muni d'une arme, une sorte de couteau, plutôt un pic à glace allongé en métal sombre. Il le tenait comme quelqu'un d'habitué à ce type d'instrument, quelqu'un qui s'en était déjà servi.
Il était vêtu d'une combinaison grise imprimée du logo d'une entreprise de nettoyage fictive et portait une casquette. Soudain, l'homme massif aux tempes grison­nantes se figea. Il venait d'entendre des bruits de pas remonter le couloir. Il se faufila dans un bureau vide. Un long silence s'écoula. L'homme resta immobile, tel un renard prêt à bondir sur un nid d'oisillons dont la mère menace de revenir d'un instant à l'autre.
Il consulta le plan du bâtiment et s'avança dans un couloir, cramponné à son arme comme s'il s'agissait d'une extension de son bras.
Alors qu'il s'approchait du bureau, il fixa un masque en papier sur sa bouche. Il craignait moins d'être vu que de laisser échapper une goutte de salive dont l'ADN ne manquerait pas de le trahir.
Le bureau en question - celui de Mitchell Reece -était au bout du couloir, non loin de l'entrée principale du cabinet. Les lumières y étaient encore allumées, comme dans toutes les autres pièces. Aussi passa-t-il subrepticement la tête par la porte pour s'assurer qu'il était inoccupé.
L'endroit était encombré de livres, de dossiers, de gra­phiques et de milliers de feuilles empilées. Et pourtant, l'homme avança droit vers le coffre naïvement protégé par deux petits verrous. Il enfila ses gants, se saisit des outils répartis dans les nombreuses poches de sa combi­naison et se mit au travail.

Mon écharpe !
Mitchell Reece s'en souvint pendant qu'il se lavait les mains dans les toilettes tout en marbre et en chêne de la firme. Il avait oublié son écharpe en laine.
D'habitude, il se serait maudit de devoir retourner sur ses pas, mais ce jour-là il ne put qu'être surpris de n'avoir rien oublié de plus important. À trente-trois ans, ce jeune avocat avait dormi quatre heures à peine la nuit précé­dente. Il était arrivé au cabinet à huit heures - un samedi -, et s'était épuisé à la tâche au point de s'écrouler de fatigue sur son bureau il y avait une heure de cela.
Quelques instants auparavant, quelque chose l'avait réveillé. Il s'était alors décidé à rentrer chez lui pour se reposer selon la bonne vieille méthode : à l'horizontale. Il avait décroché son pardessus et son attaché-case, et fait un détour par les toilettes où il s'était passé de l'eau sur le visage.
Mais il n'allait pas sortir sans son écharpe. Le matin même, il avait entendu à la radio que la température avait chuté en dessous de zéro.
Il s'engouffra dans le couloir désert.
Il se surprit à réfléchir à l'étrange atmosphère qui régnait la nuit dans les cabinets d'avocats. À la différence des banques, des grandes sociétés ou des musées, où s'installent silence et ténèbres une fois leurs occupants partis, de telles sociétés semblent vibrer encore de l'effer­vescence diurne, comme en état d'alerte. Le silence n'y est jamais complet. L'expression de bruit blanc vint à l'es­prit de Reece. Là, sur le mur recouvert de papier peint, était accroché le portrait d'un homme à larges roufla­quettes qui avait troqué son costume d'associé pour les habits plus larges de gouverneur de l'État de New York.
Plus loin, dans un vestibule égayé de fleurs fraîches, pendait une peinture à l'huile de Fragonard dépourvue de système d'alarme. Dans le hall, c'étaient deux Keith Haring et un Chagall qui s'offraient, presque nus, aux cambrioleurs.
Dans la salle de conférence, des dossiers bedonnants contenaient les mots magiques qui allaient permettre à une société de briser un contrat de 300 millions de dollars. Dans la salle voisine, un nombre similaire de dossiers, cette fois enfermés dans des chemises blanches, établissaient les conditions légales de création d'un fonds privé de recherche contre le sida.
C'est encore ici que, dans un petit coffre, reposait le testament du troisième homme le plus riche au monde, dont seule une toute petite poignée de gens connaissait le nom.
Mitchell en était là dans ses pensées quand il s'en­gouffra dans le couloir qui conduisait à son bureau.


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