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Une maison de rêve

Couverture du livre Une maison de rêve

Auteur : Madeleine Wickham

Traducteur : France Camus-Pichon

Date de saisie : 16/10/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Belfond, Paris, France

Collection : Mille comédies

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-7144-4416-5

GENCOD : 9782714444165

Sorti le : 04/10/2007


  • La présentation de l'éditeur

Après un week-end entre amis, la redécouverte d'une oeuvre d'une jeune romancière plus connue aujourd'hui sous le nom de Sophie Kinsella. Entre désordres professionnels et démêlés conjugaux, une comédie aussi féroce que réjouissante sur trois couples au bord de l'explosion.

Au départ, racheter cette très chic école privée semblait être une bonne idée. Mais, aujourd'hui, Liz et Jonathan se demandent dans quelle galère ils se sont fourrés. Lourdement endettés, ils ne parviennent pas à vendre leur ancienne maison et subissent les foudres de leur banquier, ainsi que celles d'Alice, leur fille ado, déprimée par la perspective du déménagement.
C'est alors que Liz fait la connaissance de Marcus, directeur de l'agence immobilière locale. En quelques coups de fil, il rassure la banque et trouve les locataires idéaux : Ginny, jeune attachée de presse, et Piers, acteur sur lequel Alice craque instantanément.
Tandis que Liz croit filer le parfait amour, le pauvre Jonathan se débat pour faire tourner l'école ; Alice trouve un peu trop souvent refuge chez les nouveaux locataires ; Marcus, quant à lui, marié et père, cède bientôt à la culpabilité.

Une situation potentiellement explosive !

Reconnue et célébrée pour sa fameuse série des aventures de L'Accro du shopping, des Petits Secrets d'Emma (2005) et de Samantha, bonne à rien faire (2007), Sophie Kinsella est aussi l'auteur de six romans signés sous le nom de Madeleine Wickham, dont Un week-end entre amis (2007).

Traduit de l'anglais par France-Camus Pichon





  • Les premières lignes

Inutile de se fâcher, se dit Liz. Il n'y est pour rien, le malheureux. Son exposé terminé, l'employé de l'agence immobilière la regardait d'un air inquiet, espérant une réponse. Afin de gagner du temps, elle jeta un coup d'oeil par la fenêtre à guillotine du bureau, dont les vitres encore ruisselantes de pluie scintillaient sous le soleil de cette journée changeante de septembre. Elle découvrit un petit jardin clos, avec un banc en fer forgé blanc et des jardinières garnies de fleurs. Sûrement très agréable à la belle saison, pensa-t-elle, oubliant d'ailleurs que l'été n'était pas fini. Elle avait toujours plus de un mois d'avance sur le calendrier.
- Madame Chambers... ?
- Excusez-moi, répondit Liz en se retournant. Je vous écoutais.
Elle lui sourit, mais il resta de marbre.
- Au moment de la mise en vente de votre maison, j'avais pourtant mis en garde votre mari contre ce genre d'éventualité. Et je vous avais suggéré de baisser votre prix.
- Je m'en souviens parfaitement.
Pourquoi croyait-il nécessaire de lui rappeler ce détail ? Se sentait-il coupable ? Eprouvait-il le besoin de justifier le fait que, depuis dix mois, son agence ne leur avait toujours pas trouvé d'acheteur ? Elle chercha une trace de triomphalisme sur les traits juvéniles de son visage rasé de près.
En vain. Il semblait grave. Préoccupé. Ce ne devait pas être le genre d'homme à vous faire la morale. Il se contentait d'énoncer des faits.
- Maintenant, poursuivait-il, vous devez prendre une décision. Selon moi, il n'y a que deux solutions réalistes.
Et aussi quelques-unes qui le sont moins ? eut envie de demander Liz. Au lieu de quoi elle le considéra avec attention, se penchant légèrement en avant sur son siège pour manifester son intérêt. Elle commençait à avoir trop chaud : derrière la vitre, le soleil lui brûlait les joues. Comme d'habitude, se fiant au temps pluvieux du début de la matinée, elle s'était vêtue chaudement en prévision d'une fraîcheur automnale. Peut-être devrait-elle se découvrir un peu ? Elle fut par avance découragée à l'idée de retirer son gros pull - ce qui l'obligerait à enlever d'abord ses lunettes et son bandeau- pour révéler une chemise en jean froissée, sans doute ornée d'une ou deux taches de café. Surtout devant cet employé tiré à quatre épingles. Elle l'observa à la dérobée. Lui, de toute évidence, ne souffrait pas de la chaleur : il n'avait pas du tout rougi sous son hâle, et ses manchettes avaient l'air fraîchement repassées. Voire amidonnées par la femme de sa vie, songea Liz. Ou sa mère, à en juger par son jeune âge. Cette idée la fit sourire.
- Deux solutions, dites-vous ? interrogea-t-elle d'une voix plus aimable qu'elle n'aurait souhaité.
Un soulagement fugitif éclaira le visage de son interlocuteur. Sans doute s'était-il attendu à une scène. Pourtant, avant que Liz ait eu le temps de réagir, il avait retrouvé son professionnalisme.
- La première serait de remettre votre maison sur le marché après en avoir fortement baissé le prix.
Évidemment, pensa Liz. Le premier imbécile venu aurait pu me suggérer la même chose.
Elle le questionna néanmoins d'un ton poli :
- De combien ?... D'un point de vue réaliste, bien sûr, ajouta-t-elle pour faire bonne mesure, réprimant une envie de rire aussi subite qu'inopportune.
Cette conversation était surréaliste. Encore quelques minutes, et elle lui lancerait : «Jouons cartes sur table» ou «Vous pouvez me répéter ça ?»... Un peu de tenue, se dit-elle. L'heure est grave.
- De cinquante mille livres. Au moins...
Choquée, Liz releva la tête. Fini de rire ; un senti­ment de honte l'envahit. Pas étonnant que ce jeune homme séduisant ait l'air si préoccupé. Il s'inquiétait davantage qu'elle de sa situation. Et il fallait recon­naître qu'il y avait de quoi.
- Mais nous l'avons déjà baissé de vingt mille livres ! protesta-t-elle, horrifiée d'entendre sa voix trembler. C'est moins que notre emprunt.
- Je sais.


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