Baffer n'est pas juger / Passion du livre
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.. Baffer n'est pas juger

Couverture du livre Baffer n'est pas juger

Auteur : Olivier Mazerolle | Jean-Pierre Rosenczveig

Date de saisie : 18/10/2007

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Plon, Paris, France

Collection : Tribune libre

Prix : 19.00 €

ISBN : 978-2-259-20730-0

GENCOD : 9782259207300

Sorti le : 18/10/2007

en vente sur logo Amazon.fr Librairie Dialogues


  • La présentation de l'éditeur

On les dit de plus en plus jeunes, de plus en plus violents, de plus en plus dangereux. La délinquance des mineurs fait peur. Attaquant les magistrats qui ne mettent pas en prison, ou pas assez longtemps, ou pas suffisamment, la vox populi accuse : que fait la Justice ?

Désigné comme le partisan de la prévention contre le dogme de la répression, Jean-Pierre Rosenczveig, président du tribunal pour enfants de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, se retrouve ici face aux questions sans concession d'Olivier Mazerolle.
En nous entraînant à ses côtés dans le quotidien difficile de son métier, il apporte les vraies réponses, et clame haut et fort la fonction essentielle de la justice des mineurs : transformer le jeune pour l'amener à quitter la délinquance. Pour ce faire, celui qui a été taxé de laxisme par Nicolas Sarkozy lors de la crise des banlieues de 2005, n'hésite pourtant pas à donner la claque au bon moment, ni à mettre en prison... quand c'est nécessaire.
Véritable profession de foi d'un magistrat pour enfants, ce livre explique pourquoi la «baffe» de la prison ne peut en aucun cas constituer la réponse ultime.
Au terme de la réflexion, cependant, la question reste ouverte : prévenir vaut mieux que baffer, mais à quel prix ?

Vice-président du tribunal de grande instance de Bobigny et président du tribunal pour enfants, Jean-Pierre Rosenczveig est également à la tête de l'association Défense des Enfants International-France et du Bureau international des droits de l'enfant. Il a créé et dirigé l'Institut de l'enfance et de la famille.

Olivier Mazerolle a dirigé les rédactions de RTL et de France 2. Après avoir présenté «Le Grand Jury» et «Cent minutes pour convaincre», il est aujourd'hui éditorialiste à BFM TV.





  • Les premières lignes

Pour contribuer sans polémique au débat politique sur la justice des mineurs
Les flonflons de la campagne électorale - et de la pré-campagne - sont désormais bien éteints. Il faut s'attaquer sérieusement aux questions sérieuses de ce pays, notamment répondre aux nouvelles formes de délinquance. Les moins de dix-huit ans - mais il n'y a pas qu'eux - y prenant une part importante, les tribunaux pour enfants vont tout logiquement, de nouveau, être sur la sellette.
On ne part pas de rien. L'observateur objectif sait que les efforts déjà déployés sont importants et bien plus positifs qu'on ne le pense communément. Mais les Fran­çais et leurs élus le savent-ils ?
Qu'il faille adapter et adapter encore notre dispositif, personne ne le contestera, mais pour autant, encore faut-il le faire en ayant bien cerné les termes et les limites de ce que l'on veut et de ce que l'on peut faire. Les tribunaux pour enfants du XXIe siècle ne sont déjà plus ceux d'il y a vingt ou trente ans. Les magistrats taxés de conservatisme ont su innover sans même attendre qu'on change la loi. Et avec succès. Là encore, qui le sait ? Le procureur nouveau est arrivé, des mécanismes originaux ont été adoptés, de nouvelles stratégies éducatives se sont développées. On devrait les en louer ainsi que tous les personnels de justice. Au lieu de cela on les rhabille pour l'hiver et... le printemps !
Le réflexe premier est de «muscler» les réponses apportées en jouant sur la peur. La peur pour dissuader celui qui est passé à l'acte de recommencer ; la peur pour celui qui pourrait être tenté d'en arriver là. Des siècles et des siècles démontrent les limites de cette stratégie de la peur et de la seule répression. «Baffer» n'est pas juger : on peut être ferme, on doit l'être, on l'est, mais la société n'en est pas mieux protégée. Tout au plus, souvent, on pratique l'exorcisme !
Il faut dans le même temps aller plus en profondeur pour préparer l'avenir. L'ordre public doit se protéger à court, à moyen, et à long terme. La justice est en charge du court et du moyen terme, le long terme relève du politique.
Il faut donc dans le même temps engager des démar­ches de fond pour créer des conditions qui détournent tel ou tel de la violation de la loi. Ces enfants délinquants sont aussi des enfants extrêmement carences. La meil­leure des stratégies est bien que la loi leur apparaisse juste et bénéfique et leur ouvre l'avenir. Tel n'est pas le cas aujourd'hui. Et enseigner des valeurs sans se les appliquer à soi-même est un vrai problème !
Dépassant les polémiques de campagne, où les magis­trats ont été sévèrement pris à partie, il n'est pas inutile de vérifier ce que renvoient ces interpellations : pour être excessives, elles n'en sont pas moins révélatrices de fausses représentations et de méconnaissance. Certes, il convient de balayer devant la porte de la justice - comme de la police, de l'action sociale et de l'école -, de rendre compte de la réalité du fonctionnement des institutions, de leurs limites, et de cerner les marges de progression qui existent pour mieux protéger les enfants et la société. Mais il faut aussi saluer le travail de tous ceux qui veillent à nos libertés et à notre sécurité.
A chaud, mis en cause personnellement, j'ai refusé de répondre directement. C'eût été donner le sentiment de polémiquer. S'il a le droit, comme tout citoyen, a fortiori comme militant associatif, d'être partie prenante du débat public, un magistrat ne polémique pas. L'institution judiciaire mise en cause a su réagir, premier président de la Cour de Cassation en tête, et marquer des limites à la critique. On peut donc aujourd'hui plus sereinement remettre les pendules à l'heure et se projeter vers l'avenir.
Une loi a été votée cet été 2007 par la majorité issue des élections du printemps qui durcit encore davantage la répression pénale contre les délinquants, notamment les moins de dix-huit ans. Cette loi ne résoudra pas le pro­blème. Chacun le sait, y compris ceux qui l'ont votée.
Il est urgent d'aller au-delà et de mettre en place, pour la première fois dans ce pays, une politique de prévention de la délinquance et de la violence. Encore faut-il en dégager les termes.
La justice est ainsi faite qu'elle est un observatoire extraordinaire. On y repère aisément les manques et les défaillances de cette société.
Les termes de la politique de prévention qui s'impose apparaissent nettement si on veut bien décrypter ce qu'on relève au quotidien.
L'institution elle-même peut s'améliorer, notamment pour mieux prendre en compte les victimes. Encore faut-il que les politiques, qui attendent beaucoup d'elle, lui en donnent les moyens; moyens matériels mais pas seulement : il faut aussi qu'on lui fasse confiance.


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