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Ciné miscellanées

Couverture du livre Ciné miscellanées

Auteur : François Guérif

Date de saisie : 15/10/2007

Genre : Cinéma, Télévision

Editeur : Payot, Paris, France

Collection : Essais

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 978-2-228-90239-7

GENCOD : 9782228902397

Sorti le : 03/10/2007


  • La présentation de l'éditeur

Les interprètes de Tarzan, les plus mauvais remakes, les films classiques détournés en porno, François Truffaut et le cinéma d'auteur, Claude Chabrol et sa conception de la mise en scène, les visages de Sherlock Holmes, le rôle éternellement néfaste de la censure, la pérennité du cinéma de genre, les critiques qui perdent la tête...
Composé de citations, définitions, déclarations, listes diverses, petites histoires en marge des tournages, interviews (souvent inédites], ce livre offre, au gré des souvenirs de François Guérif, de ses lectures, de ses rencontres avec les plus grands réalisateurs, scénaristes, comédiens, techniciens français et étrangers, à la fois la savoureuse illustration d'une qualité de plus en plus rare de nos jours : la curiosité, et une promenade ludique au royaume du 7e art.

Critique de cinéma et de littérature policière, éditeur, François Guérif est l'auteur de plusieurs livres sur le cinéma, dont Le Film noir américain, Steve McOueen, Robert Mitchum, et, avec Claude Chabrol, Comment faire un film.



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  • Les premières lignes

L'invention du cinématographe

Le mot «cinématographe» a été formé de deux mots grecs : kinêma (mouvement) et graphein (écrire). Il voit le jour dans un brevet pris le 13 février 1895 au nom d'Auguste et Louis Lumière (1862-1954 et 1864-1948). Le père des deux hommes, Antoine Lumière, souhaitait qu'ils baptisent leur invention le domitor. Il s'en explique dans ses Mémoires : «Ce sont eux qui ont inventé le cinématographe et lui ont donné son nom scientifique, nom qui a permis à tous les imitateurs et contrefacteurs de l'employer impunément, les noms scientifiques appartenant à tout le monde.»
Cela dit, Louis Lumière expliqua par la suite que «cette appellation avait été, nous ne l'avons appris que plus tard, créée par Jean Bouly pour désigner un appareil qui n'a jamais vu le jour...»

Le père du cinéma

«D.W. Griffith est le père du cinéma. Il l'a créé tout seul, de façon artisanale. Faites-vous projeter les films de 1900 et regardez ce qu'ils étaient, puis regardez les siens, et vous commencerez à comprendre ce qu'il a fait avec la caméra. Et avec les acteurs. D'autres ont suivi, mais il est celui qui a donné aux films leur forme et leur grammaire. Il a tourné son premier film parlant en 1921, mais il l'a mis décote, parce qu'il pensait qu'il se suicidait professionnellement parlant. Avec les films muets, il parlait au monde entier ; avec le parlant, il ne pouvait toucher que le public parlant anglais, soit seulement six ou sept pour cent de la population mondiale.»
Lillian GISH,
Films and Filming, janvier 1970.

Naissance du cinéma

«Tant que le cinéma n'était que le moyen de reproduction de personnages en mouvement, il n'était pas plus un art que la phonographie ou la photographie de reproduction. Dans un espace, généralement une scène de théâtre véritable ou imaginaire, des acteurs évoluaient, représentaient une pièce ou une farce que l'appareil se bornait à enregistrer. La naissance du cinéma en tant que moyen d'expression (et non de reproduction) date de la destruction de cet espace circonscrit, de l'époque où le découpeur imagina la division de son récit en plans ; envisagea, au lieu de photographier une pièce de théâtre, d'enregistrer une succession d'instants ; d'approcher son appareil (donc de faire grandir les personnages dans l'écran quand c'était nécessaire) ; de le reculer ; surtout de substituer au plateau d'un théâtre le "champ", l'espace qui sera limité par l'écran - le champ où l'acteur entre, d'où il sort, et que le metteur en scène choisit, au lieu d'en être prisonnier.»

André MALRAUX,
Esquisse d'une psychologie du cinéma.
(Nouveau Monde Éditions, 2003.)

Rendons hommage à Canudo

Ricciotto Canudo (1877-1923) fut le premier critique et théoricien du cinéma, qu'il baptisa, dès 1919, le «Septième Art». Poète, romancier, philosophe, critique d'art, critique littéraire, musicologue, scénariste, Canudo créa le premier ciné-club et la prestigieuse revue La Gazette des Sept Arts. Ami de Delluc, Jean Cocteau, Picasso, Stravinsky, Delaunay, Ravel, il fit entrer le Septième Art en 1921 au Salon d'Automne. Dès 1920, dans un texte publié à Rome dans L'Epoca et intitulé «Défendons le Cinématographe», il écrivait ceci : «Qu'est-ce que l'on veut ? On veut que l'écran cinématique ne soit pas seulement riche d'émotions faciles et basses à répandre dans le coeur grand ouvert du peuple bienheureux, ou de leçons de gestes et de modèles de vêtements pour bourgeois avides d'élégances. Il doit être tout autre chose. Il est implacable comme une musique, puisqu'il remue notre sensibilité en se développant dans un temps mesuré, sans la maîtriser simultanément dans l'espace à la manière des arts plastiques. Il habitue l'esprit à saisir rapidement "l'essentiel" des tableaux, qui s'engendrent les uns des autres et composent par leur ensemble la vision d'une oeuvre. Et par sa force de synthèse, l'écran ciné­tique nous expose des situations sociales et des états de la nature et de l'âme, dans un monde rapide et violent que nous n'avons jamais connu jusqu'ici. Il apporte à la flexibilité de notre esprit nouveau, avec ses films tournés à travers le monde entier, une extraordinaire et immédiate multiplication de nos connaissances des êtres, des lieux, des paysages, des continents connus ou à peine connus. Il donne de la sorte une force nouvelle à notre fièvre des espaces et à notre esprit lancé comme un curieux passionné à travers le globe. Et il doit et se doit ainsi d'élargir les visions de l'art, les rêves de l'artiste, le baume des joies esthétiques. Comment peut-on laisser ce merveilleux instrument de culture, de plaisir, de réjouissance esthétique aux mains des féroces et souvent ignares spéculateurs ? (...)


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