Auteur : Marc Ferro
Date de saisie : 14/10/2007
Genre : Histoire
Editeur : Plon, Paris, France
Collection : Raconté en famille
Prix : 12.00 € / 78.71 F
ISBN : 978-2-259-20503-0
GENCOD : 9782259205030
Sorti le : 04/10/2007
Pourquoi l'Empire romain s'est-il soudain effondré sous la pression de quelques milliers de Barbares alors qu'il avait résisté depuis des siècles à des attaques du même type ? Par quels détours la fusion des traditions barbares, du christianisme et des vestiges de la culture romaine va-t-elle donner leurs premiers visages à la France et à l'Europe ? Dans cette histoire, quel a été le rôle des invasions arabes ? Comment est née, sur ces décombres, cette forme de société si originale qu'on appelle la féodalité ?
C'est à ces questions, et à bien d'autres, que Marc Ferro répond dans une langue directe, vive et concise. Des grandes invasions à la dissolution de l'Empire de Charlemagne, il replace les faits, les personnages essentiels dans une perspective qui en fait saisir le sens et la portée. Il souligne ce qui demeure aujourd'hui de leur influence. Il remet en cause nombre d'idées reçues.
Les livres qui aident les parents à aider leurs enfants
Collection dirigée par Luc Ferry
L'histoire racontée comme un roman mais expliquée dans ses significations profondes et ses grands enjeux. Les vraies clés pour comprendre ce que l'on apprend à l'école, au collège, et au lycée.
Directeur d'études à l'EHESS, Marc Ferro est l'un des plus brillants historiens de sa génération. Il est notamment l'auteur de La Révolution de 1917, Cinéma et Histoire, Comment on raconte l'histoire aux enfants, Les tabous de l'histoire ainsi que de sommes sur Pétain et L'histoire des colonisations. Il a animé pendant 12 ans l'émission Histoires parallèles sur la chaîne Arte.
Comment un petit nombre de guerriers a détruit Le puissant Empire romain
Parmi tous les événements dont notre histoire est tissée, aucun, sans doute, n'en a plus profondément changé le cours que les invasions qui ont mis fin à l'Empire romain. «Ces peuples venus d'ailleurs», comme on les appelait alors, sont à l'origine du plus grand bouleversement qu'ait connu notre civilisation.
Pour en avoir une première idée, imaginons un habitant d'une ville comme Lyon (Lugdunum) : selon qu'il y vivait avant les invasions ou quelques siècles après, le cadre de son existence s'inverse totalement.
Au temps de l'Empire romain, si c'est, par exemple, un négociant ou un magistrat, il peut aller vers le sud-est jusqu'à Constantinople ou traverser la Méditerranée pour se rendre à Carthage, en Afrique du Nord : il s'y sent chez lui et sait comment se comporter en ville comme à la campagne. En revanche, s'il franchit le Rhin ou le Danube, il se retrouve dans un monde étranger dont il ne comprend pas les moeurs.
Quatre cents ans plus tard, vers 850 après Jésus-Christ, c'est exactement le contraire ! Le négociant de Lyon n'est pas le moins du monde dépaysé à Aix-la-Chapelle, sur le Rhin, ou à Lorsch, sur le Danube. Mais il est un complet étranger à Carthage, qui est devenue une ville arabe, ou à Byzance, dont les habitants, même s'ils sont chrétiens, ne parlent que le grec et sont orthodoxes.
Qu'est-ce qui a rendu possible un tel renversement et quelles en ont été les conséquences ? Voilà la première énigme qu'il nous faut résoudre.
D'où venaient les peuples qui ont renversé Rome ?
Pendant longtemps, on a cru que les envahisseurs étaient venus de très loin, en l'occurrence d'Asie centrale. Cette affirmation m'a toujours laissé perplexe : pourquoi des peuples si éloignés de l'Empire romain et qui le connaissaient à peine auraient-ils soudain décidé de le conquérir alors que d'autres nations, plus proches d'eux, s'offraient à leur convoitise ?
Il est difficile d'imaginer qu'ils aient surgi un beau jour, ou plutôt un mauvais jour, du Tibet ou de la Mongolie, sous le coup d'une inspiration soudaine !
On apprend mieux l'histoire si on la comprend et, pour la comprendre, il n'est pas mauvais de poser des questions lorsque le récit qui nous en est fait ne nous paraît pas logique.
Les Barbares ne venaient pas d'aussi loin qu'on l'a cru et répété
J'ai interrogé sur ce point plusieurs spécialistes. Certains, un peu décontenancés, m'ont avoué n'y avoir jamais pensé, mais l'un d'entre eux m'a indiqué une piste : hormis les Huns, qui ont pourchassé les autres peuples jusqu'aux frontières de l'empire avant d'y pénétrer eux-mêmes, la plupart des envahisseurs étaient partis de régions moins éloignées de Rome. Les Wisigoths venaient probablement de Scandinavie, les Goths des plaines de Russie, les Francs du nord du Rhin, de la Poméranie.
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