Auteur : André Bleikasten
Date de saisie : 28/11/2007
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Ed. Aden, Croissy-Beaubourg, Seine-et-Marne
Collection : Le cercle des poètes disparus
Prix : 38.00 € / 249.26 F
ISBN : 978-2-84840-099-0
GENCOD : 9782848400990
Sorti le : 14/09/2007
En 1948, Raymond Queneau notait que "de tous les écrivains américains, Faulkner est celui dont la vie nous paraît la plus mystérieuse".
Et Sartre concluait son essai sur Sartoris par ces mots : " Il faudrait le connaître". Le connaît-on mieux aujourd'hui ? Plus d'un demi-siècle après sa mort, on dispose déjà d'une demi-douzaine de biographies, mais nous en sommes toujours à nous demander comment un petit poète anachronique du fin fond du Mississippi a pu devenir l'un des plus grands romanciers du XXe siècle. Faulkner lui-même, à en croire une de ses lettres à Malcolm Cowley, eût aimé n'être connu que par ses livres.
Mais en 1949, quand il écrivit cette lettre, il était déjà une figure publique, et, à la fin de la même année, la majorité des membres de l'Académie suédoise s'apprêtait à lui décerner le prix Nobel de littérature. Faulkner mourut célèbre, et dès sa disparition les biographes se mirent au travail. Les misères de sa vie privée sont désormais des secrets de polichinelle. Reste l'homme dans l'oeuvre. "L'énigme Faulkner " n'a pas cessé de nous fasciner.
André Bleikasten, professeur émérite. a enseigné la littérature américaine à l'université Marc Bloch de Strasbourg. Il est l'auteur d'un Parcours de Faulkner et a été l'un des responsables de la publication des oeuvres romanesques de Faulkner dans la Pléiade. Il a également publié des essais sur Philip Roth et Flannery O'Connor et collabore régulièrement à la Quinzaine littéraire.
Le portrait qui se dégage de l'ample récit argumenté d'André Bleikasten est infiniment vivant, en mouvement, contrasté. On y voit à l'oeuvre un travailleur acharné, qui s'avère également un homme angoissé, excessif, alcoolique, infidèle. S'impose, comme un invariant, un point fixe, l'extrême détermination de l'écrivain, qui jeune homme se rêvait soldat comme son intrépide aïeul, mais qui très vite embrassa l'écriture et poursuivit sa route, certain de son génie, de l'importance de l'oeuvre en cours d'élaboration. Dépité parfois de l'insuccès de ses romans, mais jamais déstabilisé en profondeur par cette indifférence - ce n'est qu'à partir de la fin des années 40 et, surtout, de la réception du prix Nobel, en 1949, que Faulkner s'imposera sur la scène publique de son pays comme un homme de lettres d'envergure nationale et une figure morale. Au coeur du récit biographique, André Bleikasten fait la part belle à l'analyse littéraire, soulignant la puissance de travail de l'écrivain, le caractère tellurique de son imaginaire et de sa prose, la nouveauté parfois radicale de son esthétique romanesque. William Faulkner, lui, résumait ainsi sa tâche : «divertir» et «élever le coeur humain».
D'entrée de jeu, Bleikasten abat ses cartes : la vie d'un écrivain ne nous intéresse que s'il existe des «points de passage et d'échange» de l'homme à l'oeuvre. Faulkner souhaitait disparaître en tant qu'individu derrière ses livres, considérant que sa propre existence - en tant que «matériau» - avait peu d'intérêt. S'il ne s'agit que d'une posture, elle n'est pas une imposture. Bleikasten confirme ou approfondit les trucages, les tricheries d'un auteur qui, de surcroît, n'a pas «la tête politique» - rappelons-nous a contrario Chateaubriand, ou Saint-John Perse... Et les relie à ses personnages et aux préjugés de la société...
«L'ennui de n'être que soi peut devenir insupportable, note le biographe. C'est ainsi qu'on en vient à écrire des romans.»
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