Auteur : Eric Hazan
Date de saisie : 02/02/2008
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Seuil, Paris, France
Collection : Essais
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 978-2-02-096165-3
GENCOD : 9782020961653
Sorti le : 11/10/2007
Que s'est-il passé depuis que l' " entreprise France ", comme on dit maintenant à l'Elysée, a changé de propriétaire, le 6 mai au soir ? Dans cette chronique des Cent Jours du sarkozysme triomphant " sans tabou ni complexe ", on assiste à l'installation d'un nouveau système.
Derrière des mots neutres - bouclier fiscal, TVA sociale, franchise médicale -, il s'agit d'enrichir les riches en faisant payer les pauvres. Derrière l'hommage à Guy Môquet et aux martyrs du Vel d'Hiv, on rafle les sans-papiers qui n'ont pas " vocation " à rester parmi nous. L'oligarchie de la finance, de l'armement et du show-biz se resserre autour du président de tous les Français et l'asservissement des médias cimente le consensus ambiant.
Mélangeant à dessein les sources les plus variées, s'aidant d'entretiens avec Jacques Rancière (sur la notion de populisme), Alain Badiou (sur la trahison chez les anciens maoïstes), et Daniel Bensaïd (sur l'actualité du marxisme), Eric Hazan donne à voir une évidence, que chacun est plus que jamais tenu de taire : la guerre civile continue.
Éditeur et écrivain, Eric Hazan dirige les éditions La Fabrique. Il est notamment l'auteur de L'Invention de Paris (Seuil, 2002), Chronique de la guerre civile (La Fabrique, 2004), LQR, La Propagande du quotidien (Raisons d'agir, 2006).
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Attention, zone de combat. Lire un livre d'Eric Hazan, c'est se confronter à la perspective (historique), en se rappelant au moment nécessaire les symboles en jeu, sans jamais perdre de vue les effets de destruction du langage en cours chez nos politiques. C'est aussi se coltiner la possibilité d'une critique hors du présent perpétuel qui accapare et vide de toute substance la plupart des propos journalistiques et médiatiques, pris qu'ils sont dans le vortex de la machine-média. En somme, c'est avoir affaire à l'essence, à l'origine du travail véritable du journaliste dont la définition, maintenant entendue par tous, n'est que de rapporter l'information. «Changement de Propriétaire» est un bréviaire indispensable à qui souhaite prendre du recul et retrouver par l'analyse un peu de la palpation d'une société qui se déréalise au gré du canevas et de l'agenda médiatique...
«Changement de propriétaire» dessille notre regard trop habitué à une passive lecture de la presse. Reconnaissons-le, c'est déjà une bonne chose.
Mais, sous cette apparence parfois un peu foutraque (bandeau candidement alter-Net en couverture et inutile épilogue «c'est arrivé demain») et délibérément impressionniste, mais dont l'actualité dicte et vérifie impitoyablement le bien-fondé du parti pris, Hazan fait bien plus que signer des formules d'agit prop', fussent-elles enlevées. Il les étaie au fond, introduisant au coeur de son propos trois entretiens, qui sont autant de manifestes programmatiques et d'amples respirations pédagogiques, avec trois philosophes qui saisissent l'actualité au coeur et au corps. Soit Jacques Rancière, au prétexte de la fortune de «l'injurieuse épithète de populiste» ; Alain Badiou, sur l'avènement du «doriotisme farce» que révèle chez trop d'anciens maos «l'ouverture» sarkozyenne ; et Daniel Bensaïd, enfin, à propos du marxisme comme «héritage ouvert».
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