Auteur : Nicolas Grimaldi
Date de saisie : 23/11/2007
Genre : Philosophie
Editeur : PUF, Paris, France
Collection : Perspectives critiques
Prix : 24.00 € / 157.43 F
ISBN : 978-2-13-056405-8
GENCOD : 9782130564058
Sorti le : 03/09/2007
Les propos ici rassemblés invitent le lecteur à cheminer dans sa propre pensée, comme s'il devisait avec lui-même.
Leurs thèmes sont presque toujours les mêmes. Certains sont encore pour moi des énigmes, comme le moi, ou le mal. D'autres suscitent indéfiniment ma perplexité, comme l'imaginaire et ses jeux. L'art est un de ceux-là. Les peintres s'essayaient souvent dans leurs carnets à surprendre la vérité sur le vif, à la retenir d'un trait. C'est ce trait que j'ai cherché à saisir et que je me suis parfois efforcé de fixer.
N.G.
Ayant commencé son oeuvre par une réflexion sur la vie, Nicolas Grimaldi n'a cessé d'élucider, d'un livre à l'autre, les diverses figures de l'attente, de l'imaginaire, du désir et du temps.
Professeur émérite à la Sorbonne, où il a occupé la chaire d'Histoire de la philosophie moderne puis (1987) de Métaphysique, Nicolas Grimaldi, à l'instar de Maurice Savin son maître - lui-même discipline d'Alain - ou de Vladimir Jankélévitch, auquel on le compare souvent, opte assurément pour la philosophie silencieuse, pour l'esquisse plutôt que pour le système dans lesquels on veut faire entrer tout le réel, et, à la manière d'un peintre qui parvient «à surprendre la vérité sur le vif», arrive, par petites touches, à «rendre» la joie, la solitude ou l'amour, à figurer le jeu, la passion, la trahison, l'attente, la jalousie, l'indifférence, le désenchantement... Dans Préjugés et paradoxes, il ne s'éloigne guère de ces thèmes - entre lesquels, en fin de compte, se débat la vie de chacun. Il insiste cependant davantage sur ce qui ne cesse de raviver sa perplexité - le jeu, l'imaginaire, les jeux de l'imaginaire - et sur ce qui demeure le plus trouble, à savoir la question du mal...
Qu'est-ce que le moi ?». Il n'est pas facile de répondre à la question à laquelle aboutit Préjugés et paradoxes. De cela même qu'il pense et imagine, qu'il sait qu'il est et qu'il ne sera plus, qu'il est fait de temps comme l'arbre de bois, le Moi tire tous ses heurs et ses malheurs. Ballotté entre sens et non-sens, livré à autrui et enfermé dans sa «secrète intériorité», tenant aux autres et par les autres, craignant toujours d'être celui à qui personne ne tient, capable de tout, incapable parfois du plus petit geste, constamment à la recherche du plaisir et du bonheur, maître dans l'art de les détruire l'un et l'autre, il sait qu'il doit se faire à chaque instant, tant bien que mal.
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