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Apprendre à aimer

Couverture du livre Apprendre à aimer

Auteur : Madeleine Chapsal | Serge Leclaire

Préface : Julia Kristeva

Date de saisie : 10/10/2007

Genre : Psychologie, Psychanalyse

Editeur : Fayard, Paris, France

Collection : Documents

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 978-2-213-63351-0

GENCOD : 9782213633510

Sorti le : 10/10/2007


  • La présentation de l'éditeur

«Quand Serge Leclaire me convoqua et me dit : " Je voudrais vous parler ! ", nous étions en 1975, je venais de terminer avec lui une analyse qui avait duré près de dix ans.
Me parler à moi, son ex-analysante, alors que pendant nos si nombreuses séances ce psychanalyste à la pratique lacanienne rigoureuse n'avait pratiquement pas ouvert la bouche à mon endroit ? Surprise, ébahissement ! Et pour quoi me dire ?
Tout de suite ou presque, nous parlâmes de l'amour.»





  • Les premières lignes

Extrait de la préface de Julia Kristeva :

L'amour en question

«Dieu est amour» : vraiment ? Et l'amour, «une increvable illusion» ? Et la maladie d'amour ? Ou «Hiroshima, mon amour» ? Mais «Il n'y a pas d'amour heureux», n'est-ce pas ? Allons ! Et vous voudriez affronter le malaise dans la civilisation en apprenant à aimer ?
Fidèle à Freud, qui coucha l'amour sur le divan, et persuadé, avec Lacan, que l'amour est «une entrée dans le langage», que l'amour est tout à la fois «meurtre et renaissance» (p. 45), Serge Leclaire ne recule devant rien. Un beau jour de 1975, il prend son téléphone et propose à son ancienne analysante, Madeleine Chapsal, femme de lettres et journaliste à L'Express de surcroît, de parler d'amour. On aura tout vu ! Le livre qui suit est le résultat de cet heureux divertis­sement du transfert et du contre-transfert. Voyons cela.
Sommes-nous dans les années fastes de l'après-mai 68 : «Faites l'amour, pas la guerre» ? Le consumérisme façon Giscard est-il en train de devenir une société du spectacle façon Guy Debord ? L'accordéon annonce-t-il déjà la toute-puissance de l'Opinion, ce pouvoir absolu et non moins manipulable, bordé de fractures sociales et autres exclusions, d'unions des gauches hallucinées par la chute du Mur de Berlin et qui se suicident les unes les autres sous l'oeil gourmand des marchés financiers à scandale et du libéralisme galopant ? La gestion des capitaux virtuels s'apprête-t-elle à passer le relais aux «humans bombs», aux néocroisades et aux frappes chirurgicales ? À moins que ce ne soit déjà le troisième millénaire, avec son «tout génétique», son agir frénétique et sans aucune satisfaction possible ? À l'horizon de l'apocalypse écologique qui se fait fortd'entraîner notre bonne vieille nation séden­taire dans un jogging de réformes chaque fois différées mais qui seront, c'est promis, des réformes libérales et sociales pour le bon peuple plein d'espoir !
C'est en voluptueux que Serge Leclaire intègre mai 68 (Baudelaire écrivait déjà que la «Révolution [de 1789] était faite par des voluptueux»), et en visant la simplicité («"Je suis tellement simple", cette phrase doit être la clef de mon langage chiffré», écrivait R. M. Rilke à Lou Andreas-Salomé). L'auteur espère surprendre les modernes, habitués à confondre la vie avec les cellules sexuelles, et le désir avec la technique érotique, en leur annonçant que la psychanalyse apprend «ce que c'est pour nous que parler» (p. 36). Et qu'il existe un conflit entre les instincts et les mots (p. 65). Et que cette tension s'appelle, précisément, l'amour. Et qu'un nouvel acteur de l'amour a été inventé par Freud, le psychanalyste précisément, qui, ni médecin ni curé, participe de la vie amoureuse de ses patients tout en se tenant hors d'elle (p. 81).
Comme si cela n'était pas déjà une ambition exorbitante, le téméraire interlocuteur de Madeleine Chapsal prétend, puisque malaise dans la civilisation il y a, que cela tient au fait que le langage ne tient plus (p. 69), et que c'est le propre de la psychanalyse de l'entendre : les analysants ne viennent-ils pas sur le divan quand ils n'en peuvent plus de ne pas savoir ce qu'ils disent, quand ils ne savent plus de quoi il s'agit au juste, quand ils se demandent ce que ça veut dire, à la fin ? Ce que l'analyste, ultime ambition, se fait fort de déchiffrer, sans craindre d'innover en entendant dans les mots prononcés des maux d'amour.


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