Passion du livre - tout sur le livre : L'audience : rituels et cadres spatiaux dans l'Antiquité et le haut Moyen Age

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

L'audience : rituels et cadres spatiaux dans l'Antiquité et le haut Moyen Age

Couverture du livre L'audience : rituels et cadres spatiaux dans l'Antiquité et le haut Moyen Age

Auteur : Jean-Pierre Caillet | Michel Sot

Date de saisie : 10/10/2007

Genre : Anthropologie

Editeur : Picard, Paris, France

Collection : Textes, histoire et monuments de l'Antiquité au Moyen Age

Prix : 35.00 € / 229.58 F

ISBN : 978-2-7084-0796-1

GENCOD : 9782708407961

Sorti le : 20/09/2007


  • La présentation de l'éditeur

La notion d'audience, telle qu'elle est abordée dans ce volume, s'en­tend de toute tenue d'assemblée ou réception solennelle mettant en présence des personnages de statut supérieur et des subordonnés ou demandeurs; les motivations peuvent en être d'ordre politique, judiciaire ou religieux notamment. Il n'est guère besoin d'insister sur le caractère essentiel de ce processus en tant que clé d'un ample volet des rapports humains : cela pour la consolidation des hiérarchies, la définition des normes de comportement ou de pensée, et même l'instauration d'un authentique dialogue entre corps sociaux ou ressortissants de divers états ou factions. C'est donc dans une perspective d'anthropologie historique que s'inscrit ce recueil d'études qui, de manière équilibrée, s'attache à prendre en compte les aspects suivants :
- les intervenants de l'audience : leur qualité, les circonstances qui les déterminent et leurs objectifs;
- les protocoles qui régissent l'acte, et les usages qui éventuellement l'accompagnent, en particulier certaines pratiques conviviales comme le banquet ;
- le lieu de l'audience : le choix du site, de l'édifice qui l'accueille (éven­tuellement dans sa relation avec un complexe) mais aussi, à l'occasion, d'un espace à ciel ouvert. Pour les cas (qui restent évidemment majoritaires) d'un ensemble à caractère véritablement monumental, sa configuration architecturale, ses dispositifs mobiliers et son décor.
Nombre d'avancées ponctuelles avaient déjà été opérées dans l'investiga­tion du phénomène. L'ampleur de l'aire géochronologique qu'embrassent à Nanterre les activités de l'équipe Textes, histoire et monuments de l'Antiquité au Moyen Âge (composante de l'UMR 7041, Archéologies et sciences de l'Antiquité |CNRS, Universités Paris-I et Paris-X, ministère de la Culturel), ainsi que sa fondamentale vocation pluridisciplinaire, ont engagé à l'organisation d'un colloque international dont ces actes sont le fruit. Au-delà de la complémentarité des informations recueillies, cette manifestation visait à en amplifier notablement la portée; cela en dégageant clairement les permanences de certaines pratiques tout en signalant leurs infléchissements au fil du temps, ainsi qu'en précisant la nature des réactions de tel milieu à l'égard de ce qui prévalait dans tel autre.





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction de Michel Sot :

L'AUDIENCE : rituels et cadres spatiaux de l'Antiquité au haut Moyen Age
Le thème de ce colloque a été suggéré, il y a maintenant trois ans, par Jean-Pierre Caillet et repris par l'ensemble de l'UMR 7113 «Textes, images et monuments de l'Antiquité au haut Moyen Âge». Il nous est apparu que les travaux récents en archéologie et histoire de l'art sur les salles d'audience, rejoignaient les recherches des historiens frottés d'anthropologie sur les rituels politiques, perçus principalement à travers les sources littéraires et juridiques. Notre équipe, qui réunit philologues de l'Antiquité grecque et latine, historiens de l'art et historiens de l'Antiquité tardive et du haut Moyen Age, était donc bien placée pour en prendre l'initiative. Elle a pu réunir les compétences des collègues étrangers et français qui ont accepté de présenter une communication ou simplement de participer aux débats. Qu'ils en soient remerciés.
Il appartient à une introduction de préciser les termes du sujet, ainsi que les temps et les lieux envisagés. Je mesure l'ampleur de la tâche, l'énorme bibliographie savante que j'aurai dû rassembler, et mon incapacité à le faire. Mais nous avons suffisamment, les uns et les autres, pratiqué et critiqué la rhétorique de modestie chez les auteurs antiques ou médiévaux pour que je ne m'y livre pas plus longtemps. Je parlerai ici à partir de mes bases les moins mal assurées, le haut Moyen Âge occidental et la langue française contemporaine.

Le temps et l'espace envisagés

Comme les historiens médiévaux, nous prétendons d'une certaine façon à l'histoire universelle. Non pas tout à fait celle qui débute avec la création du monde, mais celle qui repose sur les premiers grands monuments de la mémoire des hommes : la Bible et Homère pour ceux que je connais un peu. Nous avons adopté un découpage académique qui nous a semblé pouvoir rendre compte, au moins de manière ponctuelle, des différentes aires culturelles qui se sont partage le monde connu jusqu'à l'an 1000 après Jésus-Christ.
Une histoire universelle achevée, dans le Moyen Age chrétien, va jusqu'à la fin des temps, sur laquelle nous sommes particulièrement bien informés par le livre de l'Apocalypse. Mais bien souvent les histoires écrites s'arrêtent avant la fin des temps, à la mort de l'historien. L'an 1000 ne marque ici que la fin de nos compétences et d'un découpage circonstanciel imposé par les institutions. Mais les deux millénaires sur lesquels nous allons travailler offrent un vaste champ pour une histoire comparative - sinon universelle - et pour une recherche de relations entre cultures et entre périodes, insuffisamment pratiquée en France, en raison d'une nécessaire mais parfois excessive spécialisation des recherches. C'est l'ambition de notre équipe que de travailler de façon comparative sur ces deux millénaires ; c'est celle de ce colloque.
C'est pourquoi nous avons proposé le découpage indiqué sur le programme : l'Egypte et l'Orient ancien ; le Monde grec : le Monde romain ; l'Antiquité tardive en Occident ; le haut Moyen Âge musulman et byzantin ; le haut Moyen Âge occidental.


L'audience

Si le concept de rituel a envahi la recherche et la bibliographie depuis trente ans, au point que le dernier livre sur la question, celui de notre collègue de Stanford, Philippe Bue, attire notre attention sur «The Dangers of Ritual» en histoire médiévale, je n'ai guère trouvé de réflexion problématique sur l'audience, ce qui renforce l'intérêt de notre colloque : nous ouvrons, ou au moins nous spécifions, un champ de recherche.
Comme nous avons énoncé le sujet en langue française contemporaine et que c'est la langue qui nous est commune, quel que soit notre champ de recherche, je partirai de la notice «audience» dans notre monument national qu'est le Petit Robert : (v. 1160) «action d'écouter» ; lat. audientia, de audire «entendre», audire ayant donné en français «ouïr». Cinq significations du mot sont retenues : 1. Vieux ou littéraire : action de bien vouloir écouter quelqu'un (Molière : «Je vous demande un moment d'audience»). 2. Courant : réception où l'on admet quelqu'un pour l'écouter (entretien, réception), «demander, solliciter, obtenir une audience» pour l'un des acteurs ; «donner, accorder une audience» pour l'autre. Ex : «l'ambassadeur a été reçu en audience particulière». 3. Droit : séance d'un tribunal, «audience publique, privée, à huis clos ; tenir audience» ; «ouvrir, suspendre, reprendre, lever l'audience». 4. Par extension, vieilli : les personnes à qui l'on donne audience ou qui assistent à l'audience (l'assistance, l'auditoire). 5. Depuis le milieu du XXe siècle : le public touché par un média, «l'audience d'une chaîne de télévision (l'audimat), la courbe d'audience, le record d'audience».
Notre colloque est donc consacré à l'action d'écouter et d'entendre. Cette action suppose au moins deux acteurs : un qui écoute (et si possible entende) et un qui parle. Ce dernier est en position de demandeur et il s'est déplacé pour se rendre à l'audience. Celui qui écoute et entend est en position d'autorité : il «accorde une audience», à une date et dans un lieu fixés par lui. Rien ne préjuge de la suite qu'il lui donnera.


Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli