Auteur : Marie-Aude Murail
Date de saisie : 10/10/2007
Genre : Jeunesse à partir de 9 ans
Editeur : Ecole des loisirs, Paris, France
Collection : Neuf
Prix : 8.50 € / 55.76 F
ISBN : 978-2-211-08620-2
GENCOD : 9782211086202
Sorti le : 20/09/2007
Nonpareil
Titania, la reine des fées, fait un caprice. Elle veut élever un enfant, un vrai, un humain. Elle le cherche sur toute la surface de la Terre, le trouve, le rétrécit et le fait enlever par ses troupes d'elfes guerriers. Cet enfant, c'est Arn, un campagnard de dix ans, paresseux, désobéissant, mais qui a des pouvoirs que les fées n'ont pas : il peut pleurer, saigner et même mourir !
Après l'avoir rebaptisé Nonpareil, et s'être amusée quelques jours avec lui, la reine capricieuse l'a oublié. Haut de seize centimètres, sans ailes pour échapper à l'ennemi, moqué par des fées sans coeur et sans cervelle, Arn peut-il encore fuir ou va-t-il se laisser mourir ?
Qui n'a pas entendu parler de Nils Hazard, l'étruscologue-détective ? Ou d'Emilien, héros du quotidien dont on sait à peu près tout depuis "Baby-Sitter Blues" ? Ainsi, Marie-Aude Murail explore différentes veines, qu'elles soient politiques, réalistes ou fantastiques, avec pour devise : ne jamais se répéter, ne jamais être là où on l'attend. Elle nous a étonnés avec un roman qui a enthousiasmé adolescents et adultes et remporté plusieurs prix : "Oh, boy !", publié en 2000, inclassable et déjà classique. Marie-Aude Murail est née au Havre (Seine-Maritime) en 1954. Elle vit aujourd'hui à Orléans avec son mari et ses trois enfants. Après de longues études de Lettres à la Sorbonne, elle se consacre désormais à ses livres... et à sa famille ! Elle a reçu en 2004, l'insigne de chevalier de la Légion d'Honneur pour services rendus à la littérature.
Elle s'est, dernièrement, farouchement mobilisée pour la défense des enfants de réfugiés sans papiers, avec succès dans le cas de sa protégée Astrid-Mira.
En ce temps-là, où les hommes et les fées ne vivaient pas dans des mondes très éloignés, la fantaisie vint à Titania, la reine des fées, d'enlever un jeune garçon pour qu'il devienne le sien. Mais cela posait un problème de taille. Fées, fayous, fadettes et leurs compagnons, elfes et féetauds, ne font pas plus de vingt centimètres de haut. Il fallait donc avant toute chose rétrécir l'enfant, ce qui n'était pas impossible à la science féerique.
- Choisissons un garçon de petite taille, se dit à elle-même Titania, tout en cherchant parmi ses poudres laquelle ferait le meilleur effet.
Elle trouva bientôt dans un coffre deux sacs en peau de mandragore où il était écrit : ALENVER et ALENDROI, car, s'il est une science dans laquelle les fées n'excellent pas, c'est bien la science orthographique.
Au sortir de la forêt vivaient un laboureur, sa femme et leurs deux fils. Hans, l'aîné de douze ans, travaillait dur, parlait peu, mangeait beaucoup. Il était si lent que sa mère avait coutume de dire qu'il était né avec les deux pieds dans le même sabot.
Arn, le cadet, qui avait dix ans, n'en paraissait pas plus de huit. Son frère l'appelait «le petiot». Arn enrageait de ne pas grandir plus vite, et, pour s'en venger, il faisait enrager tout le monde. Il était si vif qu'on ne le voyait jamais les deux pieds posés sur le sol en même temps, toujours courant et fuyant les corvées. Il s'envolait chaque matin avec l'alouette et ne revenait que le soir, quand les poules étaient rentrées au poulailler. Il s'abattait alors sur le banc à la table familiale et poussait son assiette vers la marmite. Il se prenait deux taloches de son père et un coup de louche de sa mère pour n'avoir rien fait de sa journée. Quant à Hans, il cherchait à lui dire quelque moquerie bien piquante, mais il était si lent que, quand il avait trouvé, Arn était déjà parti se coucher.
De l'avis général, Arn finirait ivrogne ou bien pendu.
Pendant ce temps, Titania cherchait son enfant et avait fait plusieurs ceintures autour de la Terre, ce qui ne lui prenait jamais plus de quarante minutes à chaque fois. Pourquoi ne choisit-elle pas Arn au premier coup d'oeil ? Parce que le garçon était si barbouillé qu'on ne pouvait deviner les traits de son visage. Or, un matin d'été, pour varier un peu ses plaisirs, Arn piqua une tête dans la rivière et en ressortit tout nu, sa peau de soie et de satin scintillant au soleil, ses cheveux ondulant au coup de peigne du vent.
- C'est lui, c'est MON enfant, se dit Titania sans se soucier de savoir s'il avait père ni mère.
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