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Le Portugal

Couverture du livre Le Portugal

Auteur : Pierre Léglise-Costa

Date de saisie : 08/10/2007

Genre : Sociologie, Société

Editeur : le Cavalier bleu, Paris, France

Collection : Idées reçues. Histoire & civilisations

Prix : 9.00 € / 59.04 F

ISBN : 978-2-84670-175-4

GENCOD : 9782846701754

Sorti le : 28/09/2007


  • La présentation de l'éditeur

Le Portugal
Histoire & Civilisations

«Les Portugais furent de grands navigateurs et colonisateurs» ■ «La révolution des Oeillets a mis fin pacifiquement à la dictature de Salazar» ■ «La saudade et le fado sont les marques de la mélancolie portugaise» ■ «Les Portugais sont très catholiques» ■ «Le Portugal est le pays du noir et des azulejos» ■ «Pessoa es l'écrivain portugais le plus connu»...

Issues de la tradition ou de l'air du temps, mêlant souvent vrai et faux, les idées reçues sont dan : toutes les têtes. L'auteur les prend pour point de départ et apporte ici un éclairage distancié et approfondi sur ce que l'on sait ou croit savoir.

Pierre Léglise-Costa, historien de l'art et linguiste. Professeur critique et traducteur. Spécialiste des pays de langue portugaise il dirige la collection «Bibliothèque Portugaise» aux édition Métailié. Longtemps considéré comme le «parent pauvre» de 1 péninsule ibérique, le Portugal fait preuve depuis ces dernière années d'un fort dynamisme. Pour autant, les clichés sur ce pays e ses habitants ont la vie dure !





  • Les premières lignes

Introduction :

Accepter d'écrire sur les idées reçues en France sur le Portugal, et par conséquence sur les Portugais, est à la fois délicat, car il y a toujours presque un million d'habitants d'origine portugaise en France, et nécessaire car les Français se sont créés, depuis précisément les premiers flux de l'immigration économique à la fin des années cinquante, un certain nombre d'idées reçues, dont certaines ont la vie dure malgré les évidences contraires.
Pour dire les choses avec une certaine brutalité, les Portugais, vus de la France ordinaire, sont de bons travailleurs, discrets, honnêtes, humbles. Les hommes sont employés dans les travaux publics et le bâtiment, les femmes sont concierges ou font le ménage. Les milieux cultivés ont appris à connaître les noms de Pessoa, Lobo Antunes ou Saramago, mais le prestige de ces grands écrivains ne semble pas atteindre l'image stéréotypée des Portugais en général.
Quant au Portugal, c'est un petit pays, pauvre et lointain, et par certains aspects, très retardé. Beaucoup d'émigrants, eux-mêmes, ont contribué à entretenir cette idée, soit parce que c'est celle qu'ils ont gardée de leur jeunesse dans leurs villages avant de quitter le pays, soit par absence de connaissance des réalités urbaines, économiques et culturelles actuelles.
Le tourisme de masse ou individuel découvre cependant le Portugal depuis une trentaine d'années. La révolution des Oeillets de 1974 a attiré beaucoup de monde de l'Europe démocratique. Plus tard, les Européens du Nord ont découvert les plages de 1 Algarve, les golfeurs les grands terrains soignés au bord de la mer. Les touristes français visitent Lisbonne, où ils s'intéressent principalement aux vieux quartiers, comme Alfama, et préfèrent garder l'image de cet exotisme-là plutôt que des aspects modernes du mode de vie portugais.
L'art, au Portugal, a souvent du mal à toucher le visiteur français. Les azulejos frappent l'oeil évidemment, mais on continue à dire qu'ils sont toujours bleus. Le manuélin ou les palais de Sintra proposent des syncrétismes trop différents, qui n'entrent ni dans les schémas gothiques ni dans ceux de la Renaissance si prisés. Le baroque a toujours effarouché les Français. Et si l'Exposition universelle de 1998 a beaucoup attiré, les grands architectes portugais contemporains demeurent méconnus.
La musique portugaise, c'est le Fado, et en y ajoutant des notions stéréotypées de saudade, tous les Portugais sont fatalistes et mélancoliques. Mais lorsqu'on fait une grande exposition à Paris sur la mélancolie, il n'y a pas un mot sur le Portugal ni d'oeuvre représentant cet aspect-là.
Les Portugais sont aussi nostalgiques ; notamment de leur passé. On sait que jadis, ils ont connu des jours meilleurs, avec beaucoup de colonies qu'ils ont perdues il y a longtemps. Mais on ne sait ni pourquoi ni comment. Les manuels français d'histoire n'en parlent guère, à part les voyages d'un Vasco de Gama ou d'un Cabral. Enfin, pour exprimer crûment ce qu'on entend un peu partout : les hommes portugais sont petits, les femmes ont de la moustache, et tout le monde ne mange que de la morue...
Qu'y a-t-il de vrai dans ces idées reçues et comment prétendre les détruire lorsqu'elles s'avèrent fausses au vu de la réalité historique ou contemporaine ? Peut-être en suggérant modestement quelques pistes pour une meilleure connaissance du Portugal. Essayons...


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