Auteur : Leïla Chellabi
Date de saisie : 16/04/2008
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : LCD Médiation, Montrichard, France
Collection : Fiction et réalité
Prix : 15.50 € / 101.67 F
ISBN : 978-2-909539-67-6
GENCOD : 9782909539676
Sorti le : 25/09/2007
Au fil du temps et de mon imagination, des personnages naissent et passent pour mieux demeurer. Impossible pour moi de séparer ces deux mondes alors que la réalité fait office de plancher où la créativité se pose.
Je vous livre d'Octave tout ce qui est venu à moi, et de mes réflexions, lecteur, ce qu'elles y ont puisé pour vous.
Leïla Chellabi
La vie d'Octave, jeune cadre dynamique, des sons plein la tête, va basculer suite à un amour adultère de sa compagne. Puis, viendra une surprise, et quelle surprise !
Mais les changements les plus spectaculaires d'une vie ne sont pas ceux que l'on pourrait imaginer ou espérer. Quand on l'épouse, la vie emmène vers des découvertes à la fois intimes et essentielles.
Et si ce cheminement d'Octave, porté par le cours de la rivière inspirée, incadrable, de l'auteur n'était que proposition à une autre respiration du coeur via un état d'abandon créatif ?
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Dans la tête d'Octave se presse une infinie variété de sons dans laquelle la mémoire perd ses repères. Le passé y vogue, un peu incertain, le présent y flotte par instants dans des tourbillons ne laissant que peu d'espace au futur qui, d'une certaine façon, s'impose sans laisser à l'imagination le loisir de l'entrevoir à sa manière. C'est une sensation si forte par moments qu'Octave en est tout chamboulé intérieurement parce que, en plus, ni l'entourage, ni ses proches ne semblent faire partie de cette vague immense le soulevant à plein temps pour le laisser, par instants, désemparé au milieu des siens sans que ceux-ci ne se rendent compte de quoi que ce soit. Et c'est là le comble. Sa concubine Hilaria - il est vrai qu'avec un nom pareil, se dit Octave... - continue de vivre comme si de rien n'était, ne voit rien, ce qui lui donne, aux yeux d'Octave, des airs de lilliputienne. Pourquoi ? Octave ne sait pas. Simplement Hilaria est sous la diversité infinie des sons qui envahissent la tête d'Octave, et de ce fait, elle lui semble appartenir à un monde en perdition, devenu quasi obsolète en regard des grands enjeux que l'infinie variété de sons se pressant dans la tête d'Octave représente maintenant pour lui. Un autre monde. Oui, c'est cela, un autre monde. Dans cette infinie variété de sons, chacun d'eux a sa propre nuance toute subtile, d'une clarté presque aveuglante parfois, et Octave voit ces nuances légères et capiteuses souvent, qui l'entraînent dans leur ballet extraordinaire fait de lignes souples s'imbriquant les unes dans les autres avec des cadences tout à fait étonnantes dans lesquelles Octave baigne avec volupté. C'est qu'Octave n'avait pas vraiment le choix : devenir dingue, se faire assister par un médecin qui l'aurait peut-être fait enfermer, qui sait ? Ou se prêter au jeu de l'infinie variété de sons et de nuances débordantes, et s'en faire des alliés en s'y abandonnant. C'est ce qu'il avait choisi après quelques semaines d'hésitation, la surprise passée, car ce passage, cette période de sa vie étaient pour lui une véritable surprise. Informaticien de son état, Octave maniait donc la virtualité avec dextérité, mais voilà que soudain c'est la virtualité ou du moins l'une de ses formes, pensait-il, qui le maniait aussi sûrement que s'il était devenu une sorte de «computer», dans lequel un logiciel inconnu des hommes faisait de lui une création modulée à un mental ou à des intelligences n'ayant aucun label connu. De tout cela Octave était conscient, et il avait du mal à continuer ses propres travaux au sein de l'entreprise, car le logiciel qu'il avait dans l'esprit n'en faisait qu'à sa tête qui prenait tout en bloc, voire le subissait. Il y avait donc là une sorte de course folle dans laquelle Octave se contentait pour l'instant de planer avec volupté, tant qu'à faire. Mais la pression de son métier, celle de l'entreprise, ajoutée à celle du marché et des commandes, étaient devenues telles qu'Octave, un beau matin, flottant sur l'infinie diversité des sons qui se pressaient dans sa tête, demanda un long congé, de fait une année sabbatique au bout de laquelle, se dit-il, ou je serai totalement dingue et bon à enfermer - et je le demanderai de moi-même - ou je serai devenu ce qui est en train de se presser à moi, avec des fonctionnements autres, des idées différentes et qui sait ? avec un peu de chance, un nouvel homme. L'entreprise étant gérée par son oncle Gérard Lefel. Octave n'eut aucun mal et ce dernier éclata de rire pour dire avec un clin d'oeil :
- Je comprends qu'avec une femme comme Hilaria, tu aies besoin d'une année sabbatique ! On va t'arranger cela, compte sur moi. Allez mon petit, va va, j'ai du boulot maintenant.
Et sur une accolade, son oncle Gérard le raccompagne à la porte en lui tapant sur l'épaule.
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