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Ma nouvelle voisine

Couverture du livre Ma nouvelle voisine

Auteur : Adrian Fogelin

Traducteur : Luc Rigoureau

Date de saisie : 07/10/2007

Genre : Jeunesse à partir de 9 ans

Editeur : Castor poche-Flammarion, Paris, France

Collection : Castor poche. La vie en vrai, n° 1057

Prix : 5.70 € / 37.39 F

ISBN : 978-2-08-120579-6

GENCOD : 9782081205796

Sorti le : 17/09/2007


  • La présentation de l'éditeur

C'est l'été, et Cass s'ennuie. Jusqu'au jour où elle fait la connaissance de sa nouvelle voisine, Jennnnie.
Les deux filles partagent la même passion pour la course à pied. Très vite, elles deviennent inséparables.
Mais Jemmie est noire, et le père de Cass refuse que sa fille fréquente des gens de couleur...

Les deux amies seront-elles séparées ?





  • Les premières lignes

La palissade

Papa a tendu la main.
- Passe-moi un clou, grande ficelle ! J'ai obtempéré.
- Cette barrière est drôlement haute, ai-je marmonné.
- Chacun chez soi, et les chiens seront bien gardés, a-t-il décrété en enfonçant le clou d'un seul coup de marteau bien appliqué.
- Ça, c'est sûr ! Avec ce truc au milieu, on ne verra même pas les nouveaux voisins.
J'ai tiré mes cheveux en arrière et les ai relevés pour rafraîchir ma nuque. L'été était vraiment la pire saison pour se lancer dans des travaux quand on habitait un endroit aussi étouffant que Tallahassee, en Floride.
Papa était néanmoins décidé à terminer la clôture avant que les futurs résidents n'emménagent.
- Qu'ils se mêlent de leurs affaires et nous des nôtres, et tout ira bien, avait-il expliqué.
Il y avait moins d'une semaine que le panneau À vendre était collé sur la porte d'à côté, quand maman nous avait rapporté une rumeur selon laquelle une famille noire venait d'acheter l'ancienne maison des Faircloth. Papa avait abattu son poing avec tant de force sur la table du dîner que les assiettes avaient sauté.
- Décidément, avait-il rugi, ce quartier est de pire en pire !
Réflexion qui m'avait laissée sceptique. La peinture sur la façade des Faircloth s'écaillait, les parterres du jardin étaient envahis par les mauvaises herbes. Pour moi, difficile de tomber plus bas.
- Il ne me reste plus qu'à ériger une palissade, avait-il ajouté.
- N'est-ce pas un peu hâtif ? avait suggéré maman en cessant de nous verser du lait. Si ça se trouve, ce sont des gens bien.
- Mieux vaut prévenir que guérir, avait-il assené.
Le lendemain en fin d'après-midi, il était revenu avec une énorme pile de bois entassée sur la plate-forme de la camionnette. Maman était sortie sur le seuil, bébé Missy sur la hanche.
- Combien cela a-t-il coûté, Seth ? avait-elle lancé.
- Pas un centime.
Hilare, il nous avait raconté qu'on creusait une piscine dans la résidence où il travaillait comme homme d'entretien. Une vieille barrière avait été abattue pour dégager de l'espace.
- Ils m'ont même payé pour que je les débarrasse des gravats, avait-il précisé.
Je l'avais aidé à décharger poteaux et planches, et nous avions consacré un bon nombre de soirées à bricoler tous les deux, lui maniant le marteau, moi jouant les arpettes et le ravitaillant en verres de thé glacé. Ce soir-là, nous plantions le dernier clou.
- Et voilà ! a-t-il dit en soulevant sa casquette pour s'essuyer le front avec son bandana. Je te parie que même Michael Jordan n'arriverait pas à voir par-dessus.


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