Rebelles, une histoire de rock alternatif / Passion du livre

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.. Rebelles, une histoire de rock alternatif

Couverture du livre Rebelles, une histoire de rock alternatif

Auteur : Rémi Pépin

Date de saisie : 20/09/2007

Genre : Musique, Chansons

Editeur : Hugo Doc, Paris, France

Prix : 25.00 €

ISBN : 978-2-7556-0177-0

GENCOD : 9782755601770

Sorti le : 20/09/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Rémi Pépin
Une histoire de rock alternatif

Paris, 1979. En cette fin de décennie, la France semble somnoler mollement Giscard achève son septennat sur fond d'affaire des diamants et se prend malgré tout à rêver d'un deuxième tour de manège. Tapi dans l'ombre, Chirac, l'éternel second couteau, lui savonne déjà la planche... De l'autre côté, Mitterrand se prépare à prendre le pouvoir et à dévorer tout crus les restes du Parti communiste.

En dix ans ou presque, le vent de rébellion de Mai 68 semble s'être mué en légère brise et une bonne partie des gauchos ont mis au rancart manches de pioches et cocktails molotovs. Et si, côté musique, le cyclone punk a bien traversé le pays en faisant trembler les fondations de la variétoche gauloise, la météo culturelle du pays ne s'en est guère trouvée bouleversée.

Reste que les rejetons des années contestataires entendent bien faire valoir leur droit d'inventaire tant en matière de décibels que de révolution. Punks en galères ou zonards de l'ex-planète rouge, fugueurs de la place Saint-Michel ou maos sur le déclin, ils sont une minorité d'éternels déclassés, de margeos en vadrouille bien décidés à ne pas déposer les armes ni les guitares électriques.

Ce livre est l'histoire de leur rencontre improbable dans les quartiers de l'est de Paris au début des années 80. L'histoire des squats, des concerts clandestins montés à l'arrache, des radios libres et des labels autogérés. Ce que l'on peut considérer aujourd'hui comme l'une des dernières avant-gardes du XXe siècle finissant, mêlant musique populaire, graphisme, vidéo, cinéma, arts de la rue et politique : l'aventure du rock alternatif.

De ces années d'électricité et d'engagement sont nés la plupart des groupes français les plus connus tant dans l'hexagone que sur la scène internationale. De Bérurier Noir à la Mano Negra en passant par les Négresses Vertes, Kid Loco, Pigalle, Les Garçons Bouchers, les Wampas, et même les Rita Mitsouko, ils ont tous fait leurs classes dans les squats de Belleville durant ces années de bruit et de fureur.





  • Les premières lignes

Extrait du prologue :

De la dynamite

Un soir d'été 1998. Un dîner chez un ami, à Belleville. Il fait chaud, je me mets à la fenêtre pour fumer une cigarette. En face de moi s'étalent les immeubles carrelés de blanc, typiques des constructions de l'OPAC à Paris dans les années 90. Du logement social. Sans âme, sans caractère, vite fait mal fait. Histoire de faire propre. De planquer la misère qui, sinon, traîne dans la rue. Rien qui n'accroche l'oeil en tout cas.
Et puis mon attention est attirée par la plaque de rue un peu plus loin. Rue de Pali-Kao. Et là, tout se bouscule, des souvenirs pourtant peu éloignés, un Belleville crade, pauvre, des rues bordées de terrains vagues. Mais aussi, des bars kabyles, des restes de campagne à Paris, d'anciens entrepôts abandonnés, des usines même... Je n'avais pas reconnu la rue de Pali-Kao. Elle avait été refaite à neuf, assainie, curetée. Vidée de son histoire. Même son tracé avait été changé. Comme si on avait voulu effacer la mémoire d'un quartier. Et pourtant, il s'en était passé des choses dans cette rue quelque quinze années auparavant... Elle avait été, parmi d'autres du quartier, le théâtre des opérations d'une belle bande d'agités, le lieu de naissance d'une des dernières aventures musicales et contestataires du siècle. Nous y avions traîné nos guêtres (voire nos rangers) un sacré paquet de fois. Je me souviens que, ce soir-là, j'avais été choqué par l'idée qu'on puisse ainsi du passé faire «table rase». Et puis j'avais classé cette impression aux profits et pertes. J'avais, moi aussi, oublié la rue de Pali-Kao.

Novembre 2003. Le festival des Transmusicales de Rennes fête ses vingt ans. Et la rumeur court : les Béruriers Noirs se reforment. Les Béruriers Noirs, les Bérus, LE groupe alternatif français. Sabordé en 1989 après presque sept ans de concerts, de squats en squats, de manifs en manifs.

Le groupe auquel on a demandé s'il acceptait de rentrer au Top 50... Et qui a refusé. Le groupe qui a fait reprendre à pleine gorge à un Olympia ras-la-gueule le slogan-phare des manifs étudiantes de 1986 : «la jeunesse emmerde le Front national» avant de disparaître, comme tant d'autres, au cimetière des héros oubliés du rock'n'roll. J'ai tout d'abord eu du mal à y croire. Et puis la rumeur s'est vérifiée. Ils se sont reformés. Pour l'occasion ? Pour faire la promo de leur DVD sorti simultanément dans les bacs ? Peu importe. On s'en fout. Le résultat a été le même : la salle du Liberté, à Rennes, remplie à ras-bord de gens de tous âges. Punks à chiens ayant traversé la France en truandant le train, quadras venus lever, encore une fois, le poing sur Salut à toi, et puis aussi les gamins anonymes de 2003, les fameux «kids», éternels héros, véritables acteurs du rock, pogotant au son d'une musique «vieille» de vingt ans et jouée par des types qui auraient pu être leurs parents... Pour fêter l'événement, on a explosé quelques vitres. Certains sont même entrés en force avec leur place achetée à la FNAC planquée au fond de la poche, juste pour le sport. La beauté du geste. Il y a eu quelques lacrymos, une bonne marave à la sortie avec les CRS qui s'étaient déplacés pour l'occasion, quelques interpellations. La routine, quoi... À l'ancienne.

À l'ancienne ? À l'ancienne de quoi ? A l'ancienne quand ? À l'ancienne où ? Il y a eu quelque chose avant MTV ? Il y a une vie avant la Star Ac' ? Un tatouage, ça voulait VRAIMENT dire quelque chose ? Le rock a-t-il été un jour dangereux en France ?
Peut-être.
Ou peut-être pas.

En tout cas, il a une histoire. Brève, intense, brûlante, qui a commencé dans un tout petit triangle de rue, à l'est de Paris, pour se propager peu à peu et embraser le reste de la France. Cette histoire, c'est celle des Bérus, des Lucrates, des Wampas, de ceux qui allaient devenir La Mano Negra, Les Négresses Vertes, Pigalle, Noir-Désir... L'histoire de ce qu'on a appelé le «rock alternatif». De petits keupons, qui en ont eu assez qu'on pense pour eux, qu'on décide à leur place. Des rockers sans salles pour jouer leur musique qui décident


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