Auteur : Myrielle Marc
Date de saisie : 28/06/2004
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : XO, Paris, France
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-84563-197-7
GENCOD : 9782845631977
De longs cheveux gris sagement noués, un gilet de laine brodé : Myrielle Marc a tout de la retraitée modèle ! Le vernis se craquelle quand, après une poignée de main chaleureuse, cette Nantaise de 58 ans commence à parler de son livre. Le regard pétille et les lèvres découvrent un sourire de gamine espiègle. Elle ressemble davantage à l'idée que l'on se faisait de l'auteure des deux volumes de cette saga familiale et libertine. Ce livre, elle l'a écrit en 1964, sans hésiter à mener ses personnages jusqu'en 2010 ! Elle a alors 18 ans et va laisser mariner son manuscrit quelque quarante ans avant de l'envoyer par la poste à Bernard Fixot !... Un vrai livre imaginé par une jeune fille issue d'un milieu ouvrier, qui choisit comme univers romanesque la bourgeoisie et un camp de bohémiens, deux milieux qui lui sont totalement étrangers !... Les personnages de l'écrivaine ont en commun une profonde solitude doublée d'un désir de liberté sans bornes. Chez eux, le sexe est naturel, d'une pureté déconcertante. Le regard que pose l'auteure sur le plaisir et l'amour est bien celui d'une jeune fille, mais qui aurait la prescience de ce qu'est la vie...
... A 58 ans, après vingt ans de silence littéraire, Myrielle Marc publie enfin son Orfenor, chronique familiale subtile du clan Blajan et histoire d'amour splendide entre Natalène et Tristan. «J'ai mis trente ans à considérer comme un vrai livre ce qui m'a servi de manuel, écrit pour commencer à vivre», confie l'ancienne institutrice, qui mène une existence retirée, entre ses plumes d'écolière jamais abandonnées et les roses de son jardin, dans sa maison de Saint-Jean-de-Boiseau, en Loire-Atlantique. Difficile de croire que cette femme à la voix tranquille et au regard chaleureux a failli ne jamais devenir adulte, blessée, à 15 ans, par une grave dépression qu'elle nomme «absence»... A l'entendre évoquer la genèse du roman, nul ne peut douter de sa vocation thérapeutique. «J'ai d'abord décrit une vieille maison en ruine : moi, sans doute. J'ai recommencé en y mettant dedans une créature misérable, sourde et bossue : moi encore ! Ensuite, j'ai imaginé qu'elle avait une jumelle, belle et normale...»... Fille d'employés à la SNCF, ce n'est pas dans son passé qu'elle est allée puiser ses idées. Les artistocrates ? La bourgeoisie ? Les «coucheries» adolescentes ? «Tout ce que je savais, je l'avais lu dans les livres. Depuis, je n'ai fait que réparer certaines naïvetés.» Inventé, donc, l'univers onirique des Yémaches, peuple fier venu du Nord, dont le sang de Bohême coule dans les veines de Natalène. Inventés, leur langue et leurs poèmes, telle la chanson d'Orfenor qui pousse sans cesse la jeune fille à reprendre la route. Tout semble pourtant si vrai. Peut-être grâce aux dialogues, justes et savoureux, ou à la finesse et à la sensibilité qui affleurent dans chacun des personnages.
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