Auteur : Jérémy Gabriel | Alain Noël
Date de saisie : 04/10/2007
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Presses de la Renaissance, Paris, France
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-7509-0347-3
GENCOD : 9782750903473
Sorti le : 04/10/2007
Ce livre nous entraîne à la découverte d'un enfant extraordinaire.
Dès le début, tout était fait pour que la vie de Jérémy Gabriel soit un calvaire, qu'il capitule devant les coups du sort. Or ce petit homme, soutenu par des parents exceptionnels, affronte avec courage la maladie et, surtout, réalise ses rêves : rencontrer Céline Dion, chanter pour le pape, et plus encore...
C'est cette vie, sa foi, sa volonté, qu'il partage ici afin de donner espérance à tous les enfants qui souffrent et force à leurs proches.
Dans ce coeur à coeur avec Alain Noël, c'est une histoire merveilleuse qui se dessine, celle d'un petit garçon surdoué pour la vie.
Jérémy Gabriel aura 11 ans le 10 décembre 2007. Il vit dans la banlieue de Québec avec ses parents et ses deux petites soeurs.
Rome, comme dans un rêve
«Ils ont échoué parce qu'ils n'ont pas commencé par le rêve...»
Shakespeare
Rome. 2 avril 2005. Il est 21 h 53 lorsque retentit le bourdon funèbre des cloches du Vatican. «... choc septique et chute irréversible de la circulation cardio-vasculaire...», annonce un communiqué officiel. Il y a seize minutes exactement, Jean-Paul II, à 86 ans et après plus de vingt-six ans de pontificat, a rendu son âme à Dieu. Ce soir, l'espérance peine à emplir les coeurs malgré la foi. La chrétienté est en deuil, et peut-être au-delà. Une foule compacte de veilleurs se masse sur la place Saint-Pierre. C'est déjà un souvenir que l'on retient. A l'instar de millions d'autres dans le monde, on se sent orphelin. Ce soir, à chacun d'eux et quoi qu'il advienne, il manquera désormais quelqu'un.
«Je suis venu vous chercher. Vous êtes venus. Je vous remercie.»
Tels sont les derniers mots de Jean-Paul II à destination de ceux auxquels il a consacré tant d'efforts durant sa vie de pasteur. Innombrables, ceux qui sont «nés» à la foi sous son pontificat, les jeunes...
Même jour, même heure de l'autre côté de l'Atlantique, à près de sept mille kilomètres. Il est 15 heures, heure locale au Québec. Alors que le minuscule État du Vatican est plongé dans la nuit, les enfants vont bientôt sortir de l'école et regagner leurs foyers.
À l'heure du repas, qu'on prend tôt ici, les télévisions retransmettent les images du pape sur sa couche mortuaire, auquel on rend des hommages posthumes. Un enfant de 8 ans les regarde en famille. «C'est trop triste. Ça ne se peut pas», pense-t-il.
Et pourtant...
L'enfant, par le réseau satellite, fait l'expérience de la mort. Celle du Saint-Père le plonge dans la stupeur et l'étonnement. Quelque chose en lui est bouleversé. «Ça ne se peut pas, se dit-il, j'en avais rêvé...»
Mais de quoi ?
Comme s'il voulait confirmer ce que ses yeux voient mais que ses oreilles n'entendent pas, Jérémy monte au maximum le volume de la prothèse fixée à son crâne, derrière l'oreille. Avant elle et sans elle, il était et serait resté sourd. «... Saint-Père, après une longue agonie, est décédé...» Les commentaires fusent, s'étirent en longueur. On se répète et, bien qu'on le fasse avec d'autres mots, il a compris : le pape est mort, il n'y a plus de doute.
«Décédé...»
L'enfant se lève du canapé, embrasse furtivement ses parents et ses deux petites soeurs, lovées contre eux. Rivés au poste, choqués par la nouvelle qu'ils savaient proche, ils ne prêtent pas attention à leur aîné qui n'a pas mangé. Jérémy va se coucher, comme s'il voulait rester seul, comme s'il avait besoin de méditer.
Dans sa chambre d'enfant, le soleil du printemps rase au loin les collines de la banlieue de Québec. Il frappe sur la chaîne de métal qui sépare les perles d'un chapelet cloué au mur et sur l'espèce de bouton-pression qu'il a sur la tête. Il vient de retirer sa prothèse. Il est, comme tous les soirs, replongé dans le monde du silence, là où surgissent les créatures fantasques, où se montent les scénarios les plus invraisemblables et s'élaborent les rêves, par définition, les plus fous.
Jérémy est choqué. Il donne quelques coups de pied dans le mur qui retentit faiblement de chocs assourdis. Puis il se glisse sous sa couette, son chapelet en main. Sourd au monde, il ferme les yeux et s'en trouve maintenant coupé. Quand sa mère entrouvre la porte, elle la referme presque aussitôt. L'enfant semble dormir paisiblement...
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