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Charlemagne

Couverture du livre Charlemagne

Auteur : Philippe Depreux

Date de saisie : 03/10/2007

Genre : Histoire

Editeur : Tallandier, Paris, France

Collection : La France au fil de ses rois

Prix : 13.00 € / 85.27 F

ISBN : 978-2-84734-460-8

GENCOD : 9782847344608

Sorti le : 20/09/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Charlemagne et la dynastie carolingienne

Il y a 1200 ans, Charlemagne unifia sous sa seule autorité la majeure partie de l'Europe occidentale, de l'Ebre jusqu'à l'Elbe. «Phare de l'Europe», comme le nomme un poète contemporain, il a posé les principes de gouvernement dont ont hérité les grands États européens.
Tout commence au VU'' siècle, lorsque ses ancêtres, les Pippinides, deviennent maîtres du royaume d'Austrasie, puis de l'ensemble du monde franc, en exerçant les fonctions de maire du palais. Charlemagne poursuit alors l'ascension politique de sa famille en accédant à l'Empire. Le couronnement de l'an 800 est le résultat d'une politique territoriale, militaire, religieuse et culturelle sans égale. L'extension du royaume grâce à de multiples campagnes militaires, la conversion au christianisme des populations nouvellement soumises, la réforme de la société ou la réalisation de manuscrits somptueusement enluminés font du règne de Charlemagne le point d'orgue de la «renaissance» carolingienne. Ce mouvement dure un siècle, du règne de Charlemagne à celui de Charles le Chauve, qui ouvre la lignée des Carolingiens de Francie occidentale. Leur histoire est ici présentée jusqu'à celle de Louis V, à qui aurait dû succéder Hugues Capet, fondateur d'une dynastie qui construira la France pendant huit siècles.

Philippe Depreux, professeur d histoire médiévale à l'université de Limoges, est spécialiste du haut Moyen Age occidental.





  • Les premières lignes

LES PIPPINIDES AU POUVOIR
687-768

LES PIPPINIDES, UNE FAMILLE AUSTRASIENNE

Les Mérovingiens régnaient depuis plus de cent ans sur la Gaule et ses marges lorsque les Pippinides firent leur apparition sur la scène politique. Leur fortune connut des intermittences entre le début du vif siècle et 751, lorsque Pépin le Bref déposa Childéric III, se fit sacrer roi et fonda une nouvelle dynastie. Cette promotion n'était toutefois pas due au hasard : elle reposait sur la richesse d'une famille qui sut se placer à la tête de l'aristocratie austrasienne.

La mairie du palais d'Austrasie

L'Austrasie était, avec la Neustrie et la Burgondie, l'un des trois royaumes mérovingiens. Ce «royaume de l'Est», qui s'est formé vers la fin du VIe siècle, s'étendait du Jura à la «forêt charbonnière» (du Brabant septentrional à la région de Cambrai), et de la Marne au Rhin et au Main, jusqu'à la Thuringe. Ses contours varièrent au cours des siècles, mais la Meuse et la Moselle constituèrent toujours son centre de gravité. En 613, le roi mérovingien Clotaire II réunit sous son autorité l'ensemble des royaumes francs, dont l'Austrasie, où il s'imposa grâce au soutien de certains membres de l'aristocratie locale ; Pépin Ier, dit «de Landen» († 640), fut l'un des artisans de son succès. Il en fut récompensé dix ans plus tard lorsque Clotaire associa au pouvoir son fils, Dagobert Ier (le «bon roi Dagobert»), en le faisant roi d'Austrasie. Dagobert Ier fut doté d'un palais autonome, c'est-à-dire d'un personnel qui le conseillait en matière de gouvernement et gérait ses domaines. Le responsable de la cour, appelé «maire du palais», fut Pépin Ier. Son influence déclina toutefois lorsque Dagobert Ier régna sur l'ensemble du territoire franc (629-639), car le souverain s'entoura de conseillers neustriens et confia la mairie du palais d'Austrasie à un autre membre de l'aristocratie de ce royaume vers 633, lorsqu'il y établit comme roi son tout jeune fils, Sigebert ni. Pépin ne recouvra la mairie du palais qu'à la mort de Dagobert Ier, et pour quelques mois seulement : il décéda peu après.

Saint Arnoul de Metz

L'autre agent principal du succès de Clotaire II en Austrasie fut Arnoul. Il avait fait carrière à la cour du roi d'Austrasie, Théodebert II. Lorsque ce dernier fut assassiné sur l'ordre du roi Thierry II de Burgondie, Arnoul et Pépin de Landen, redoutant l'influence de Brunehaut, favorisèrent la prise du pouvoir par Clotaire II, alors roi de Neustrie. Arnoul et Pépin Ier n'étaient pas parents, mais tous deux se trouvent à l'origine de la dynastie des Pippinides, par le mariage de leurs enfants. Comme c'était couramment le cas, la carrière d'Arnoul fut couronnée par l'accession à l'épiscopat : il devint évêque de Metz en 614. Il conseilla Dagobert Ier. En 629, il se retira dans les Vosges, à Remiremont, où un monastère avait été fondé par un moine de Luxeuil. Arnoul vécut ses dernières années en ermite, au service des malades. Il mourut à Remiremont, mais sa dépouille fut transportée à Metz quelques années plus tard. Vers la fin du VIIIe siècle, les Carolingiens favorisèrent son culte. Des reliques furent déposées en divers endroits, par exemple à Gorze ou au Mans ; on célébrait un office en son honneur à Fulda et à Saint-Gall. Quant à Metz, elle devint pour la famille régnante une sorte de ville sainte.


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