Auteur : Maurice Des Ombiaux
Date de saisie : 01/10/2007
Genre : Folklore Moeurs et coutumes
Editeur : J.-P. Rocher, Paris, France
Collection : Les fruits défendus
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 978-2-911361-94-4
GENCOD : 9782911361944
Sorti le : 28/09/2007
L'ouvrage réédité aujourd'hui, Eloge du tabac, Traité du Havane a été publié en 1924 à la librairie Le Divan. L'auteur y retrace d'une manière amusante et érudite l'histoire du tabac qui n'a été connu en Europe que vers le milieu du XVIe siècle. «Quelques-uns suggèrent que c'est Hernandez de Toledo qui l'importa de l'Yucatan en Espagne et en Portugal vers 1520». Dans le cours de l'ouvrage avec de nombreuses anecdotes historiques et littéraires Maurice des Ombiaux revient sur les étapes successives qui ont permis au tabac de s'imposer et de séduire toutes les sociétés... et en particulier le Havane (tabac universel), expression d'un terroir privilégié qui offre au tabac sa puissance aromatique tellement appréciée des amateurs. Enfin, il ne manque pas de souligner le caractère dangereux d'un abus excessif de cette plante envoûtante.
Maurice des Ombiaux est né en 1868 à Beauraing en Belgique. Il écrit de nombreux contes et romans. C'est en 1919, après une brillante carrière diplomatique qu'il s'installe à Paris et s'intéresse à la gastronomie. De 1924 à 1937 il publie de nombreux livres voués à l'art de la table dont L'amphitryon d'aujourd'hui, introduction a la vie gourmande (1936) réédité en 2004. !
Le tabac doit être doué de bien grandes vertus pour résister aux assauts nombreux qu'il a subis et qu'on lui livre encore tous les jours.
Considéré comme une herbe diabolique, une invention de Satan, accusé d'être nuisible à l'homme (Claude Farrère, dans ses Petites Alliées, ne le met-il pas au rang de l'opium ?), sa vogue pourtant ne cesse de croître. Si les maux dont on le rend responsable étaient réellement dus à son influence, il y a longtemps que les races qui en usent auraient sinon disparu de la surface du globe, du moins périclité de façon à n'être plus que quelques colonies d'ilotes en continuel état d'ébriété. Et cependant les peuples les plus florissants, ceux qui se disputent l'hégémonie du monde, font tous un usage abondant du tabac.
Bien que l'histoire de cette plante précieuse ne remonte pas à cinq siècles, on n'est pas fixé sur ses origines. Dans la relation historique des voyages et découvertes des Espagnols, on raconte que Christophe Colomb, Génois au service de l'Espagne, ayant débarqué sur le territoire du Nouveau-Monde et étant parti en exploration avec ses compagnons, rencontra dans l'île de Cuba, la perle des Antilles, beaucoup d'individus des deux sexes qui avaient aux lèvres un rouleau composé de feuilles dont ils aspiraient la fumée. D'autres prétendent que le tabac fut découvert dans l'île de Tabacco ou Tabago, l'une des petites Antilles, d'où il aurait tiré son nom. D'autres encore affirment qu'il fut trouvé au fond du Mexique, dans le Yucatan. D'autres enfin disent que le tabac était naturel à la Floride où il était appelé pétun ; les Espagnols, selon eux, l'auraient découvert sur les rives de la baie de Campèche (golfe du Mexique).
Mais Berthelot n'admet pas ces étymologies du mot tabac tirées de Tabacco ou Tabaqo. Se basant sur un extrait de l'Histoire des Indes, par l'évêque Barthélemy de Las Casas, contemporain de Colomb, il croit que l'appellation viendrait de ce que l'herbe est bourrée dans une feuille sèche comme dans un mousqueton, enveloppe appelée de tout temps par les indigènes : tabacos.
Le tabac ne faisait l'objet d'aucun soin particulier ; on employait les produits tels que les donnait la nature comme au paradis terrestre.
L'époque de l'arrivée du tabac en Europe et la voie qu'il a suivie ne restent pas moins voilées de fumée.
Cependant on croit généralement que le tabac n'a été connu en Europe que vers le milieu du XVIe siècle. Quelques-uns suggèrent que c'est Hernandez de Toledo qui l'importa du Yucatan en Espagne et au Portugal vers 1520.
A-t-il été amené en Angleterre d'abord, puis ensuite en Hollande et en France ? Nouvelle source d'incertitude. L'amour-propre britannique veut que l'amiral anglais Francis Drake en eût apporté de Virginie en Angleterre, mais aucun document digne de foi n'appuie cette prétention.
Les annales historiques fixent son introduction en France à l'année 1560, sous les auspices de Jean Nicot, seigneur de Villemain, ambassadeur du roi François II, qui en tenait les semences d'un marchand Flamand.
Ce n'est qu'en 1593 que Sir Walter Raleigh introduisit la culture du tabac en Irlande, d'où elle se répandit en Ecosse et en Angleterre.
Ce serait donc par les Pays-Bas que le tabac eût pénétré en Europe malgré les prétentions anglaises à revendiquer la priorité pour leur pays.
À côté de ces renseignements basés sur certaines précisions, viennent se ranger d'autres assertions dignes d'intérêt. Plus d'un siècle avant, un ermite espagnol, Loman Pane, avait révélé le tabac. D'autre part, le médecin Murray rapporte qu'il était connu en Europe au XVe siècle, par la voie de l'Orient : il s'appuyait sur les récits de voyage du marchand Chardin qui séjourna en Perse et dans l'Inde, d'après lesquels le tabac était naturalisé en Perse depuis le XIIIe siècle.
Nicot, après avoir ressenti, comme tous les débutants, les inconvénients du tabac et les ayant surmontés, prit goût à cette fumée aromatique. Il initia à ses charmes le grand prieur de Lisbonne qui l'accueillit comme une précieuse découverte, si bien que le tabac s'appela : l'herbe du Grand Prieur.
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