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Sang d'encre : journal d'une année scolaire au lycée

Couverture du livre Sang d'encre : journal d'une année scolaire au lycée

Date de saisie : 10/10/2007

Genre : Sociologie, Société

Editeur : Indigène, Montpellier, France

Collection : Indigène esprit

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-911939-63-1

GENCOD : 9782911939631

Sorti le : 28/09/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Sept filles et un garçon, entre seize et dix-huit ans, du lycée d'Alès, l'un des plus grands de France, avec ses 3500 élèves. Sur la suggestion de leur prof, Gérard, ils ont tenu leur journal durant toute l'année scolaire 2006-2007. Une écriture à mille lieux des phrases plates et fabriquées qui sont pourtant celles des romans qu'on propose aux «ados» d'aujourd'hui. Rien de ça ! Jamais ça ! Le portrait d'une génération qui fonctionne comme une tribu : engagée, courageuse, amoureuse, désespérée quand la violence menace l'un des leurs : «sans papiers», sida, viol, suicide... La vérité, la leur, sans consigne ni censure, avec le talent fou de la jeunesse !

Les auteurs : Aurélie, Gwendoline, Khadîdja, Kim, Lucie F., Lucie S. et Zelda sont lycéennes de 1ère au lycée Jean-Baptiste Dumas d'Alès, dans le Gard. Léo,-leur camarade et co-auteur, fréquente le même lycée tout comme Gérard Génarez, leur professeur d'histoire-géographie, qui a coordonné le projet et émaille le journal de ses propres contributions.





  • Les premières lignes

Lundi 4 septembre 2006. Gérard

Honnêtement, je ne sais pas pourquoi j'ai proposé aux élèves ce projet, vraiment, rien n'était pensé, écrit. Pourquoi en ce début d'année, pourquoi ces classes ? Pourquoi ces élèves ? Peut-être le besoin d'aller plus loin, partager des écritures, de la complicité. Depuis des années, cette envie de construire quelque chose de différent avec les élèves me titille. Et puis voilà, en ces jours de rentrée, quelque chose s'est passé, dans les premiers moments, les premières heures. Tous les profs connaissent : il se passe ou se passe pas, feeling, affect, je t'aime, tu m'aimes ou pas ! Vraiment je ne sais pas. Pourquoi, pourquoi, plus d'écoute, plus d'attention et puis quelque chose dans les regards. Comment dire le plaisir d'un parfum, allez comprendre !

Je sens les classes, comment dire, vous dire ? Je sens si le courant passe ou pas. Suis tout de même prudent, les premières impressions, parfois donc : gaffe à droite, à gauche. Au départ, une idée simple. Je propose aux élèves de participer à la rédaction d'un journal, journal d'une année scolaire. Peu de volontaires se manifestent, un seul garçon, Léo, et cinq filles, Lucie, Aurélie, Gwendoline, élèves de 1ère littéraire, puis une autre Lucie, (lulu) ES, et Khadîdja en 1ère S. Léo n'écrira pas, il propose d'illustrer nos textes.

Une seule règle : écrire sur le quotidien en se faisant plaisir. Cadre assez souple avec pour consigne de rester dans les clous d'une narration, relative à l'environnement du lycée et à leur quotidien de lycéens. Ça laisse de l'espace, de la liberté ! Quotidien d'élèves adolescents !

Et moi, là-dedans, «adulescent» quinquagénaire, narration illisible d'un quotidien enseignant ? Comment me situer sans paraître trop décalé, comment dire de mon quotidien sans mettre en avant un «ego» de prof que l'on dit surdimensionné ? On verra.

Pour l'heure, je devine que ce qu'ils écriront présentera un intérêt majeur. Que disent, en 2007, de jeunes lycéens ? Adolescents loin des quartiers, loin des banlieues et pourtant si près de toutes les réalités !

Quelles sont leurs problématiques, que pensent-ils de nous, de notre monde, quels sont leurs rêves, leurs angoisses ? Paroles de quartiers en Cévennes, Cévennes en banlieue, Aies à mille lieux. Quelles images, quelles jeunesses ? Et puis, que diront nos écritures croisées sur tous les grands et petits événements du quotidien, de ce monde ici, et du vaste monde ? Que le rideau se lève !

Lundi 4 septembre. Gwendoline

Aujourd'hui, c'est la rentrée. Je me suis retrouvée avec les mêmes personnes que l'année passée. Je suis contente parce que je les adore tous. Mais il y a aussi d'autres personnes qui sont avec nous et que j'ai hâte de connaître. En plus d'avoir des camarades sympas, j'ai des professeurs extras. Mon prof d'histoire-géographie nous a proposé d'écrire avec lui une sorte de carnet de bord et nous sommes quatre à avoir accepté.


Mardi 5 septembre. Gwendoline

Plus jamais une journée comme celle-là ! J'ai fini les cours à 18h, quelle poisse ! Du coup je suis rentrée chez moi à 19h30. En plus, à part le français et les deux heures d'histoire et d'éducation civique juridique et sociale, le reste ce n'était pas terrible. Notre prof d'anglais met une heure à faire l'appel, je m'ennuie avec lui. Bon, après c'était au tour de l'espagnol. Avant j'aimais bien aller à ce cours. Mais là, je trouve que la prof va trop vite, j'ai l'impression qu'elle a un train à prendre et elle est tout le temps pressée. Bref, la super journée, avec, à l'arrivée, un mal de crâne pas possible, et une fatigue épouvantable.

Semaine de rentrée. Gérard

Quatre cent trente enseignants et trois mille cinq cents élèves. Oui, oui, trois mille cinq cents élèves !
J'ai un trac monstre. C'est ma seizième rentrée et tous les ans c'est pareil. Ces premiers instants sont déterminants. Faut pas que je me «loupe». Tout va bien se passer, j'ai des ressources, c'est ma seizième rentrée !
Au programme, une 1ère STG, une 1ère E.S., une L., et une 2nde. Au total vingt heures, c'est déjà beaucoup, mais c'est pas tout, j'enseigne également en DNL, donc rajouter deux heures d'histoire géo, en espagnol. Une en 2nde, l'autre en 1ère Total : vingt-deux heures. Du calme, tout se passera bien.


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